L’influence d’un livre – roman

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Date: 14 avril 2016
Auteur: Daniel Nadeau

 

Saviez-vous que le premier roman canadien-français portait le titre L’influence d’un livre. Ce roman a été écrit par Philippe-Ignace-François Aubert de Gaspé en 1837. C’était l’époque où le lieu de diffusion des romans était dans les journaux en feuilleton. Ce premier roman de la littérature québécoise fut publié dans le journal Le Populaire dirigé par Napoléon Aubin. Il a été aussi publié dans une version abrégée sous le titre Le chercheur de trésors.L'influence d'un livre

Ce fut le tout premier roman de la littérature québécoise. Quelle histoire nous racontait ce roman? Lisons-en ce que nous en dit Wikipédia :

« Le roman se situe dans les années 1820 près de Saint-Jean-Port-Joli, mais comporte quelques scènes à Québec. Il met en scène les mésaventures d’un paysan dénommé Charles Amand, qui, aidé par son ami Dupont veut percer le secret de l’alchimie. Le lecteur assiste à une tentative d’invoquer les esprits qui ne fonctionne pas; convaincu que c’est à cause d’une erreur de Dupont, Amand se résout à travailler seul à l’avenir.

Parallèlement, un jeune voyageur passe la nuit chez un habitant du nom de Lepage qui l’assassine pendant la nuit. Le lendemain, le cadavre est rapidement découvert et les gens du village arrêtent le meurtrier. Parmi la foule se trouve St-Céran, amant d’Amélie, la fille de Charles Amand. Ce dernier ne veut pas que sa fille épouse St-Céran. Après un long entretien qui dure une nuit entière, St-Céran se résout de partir pour Québec afin d’étudier la médecine et de mériter la main d’Amélie.

Charles Amand voyage à Québec pour récupérer, à la Faculté de médecine, des restes de criminels exécutés, pensant qu’ils allaient l’aider à trouver les trésors tant recherchés. Après une expédition sur le Cap-aux-Corbeaux, près de la Baie-Saint-Paul, Amand fait naufrage et est récupéré par un navire qui le mène à l’Île d’Anticosti. Il y restera cinq ans, continuera ses recherches, et trouvera finalement un petit coffre contenant cinq cents piastres. À son retour, et à la surprise de St-Céran, il n’oppose aucune difficulté au mariage entre ce dernier et sa fille. Amand se consacre dès lors à ses études d’alchimie. Le narrateur conclut sur son sort :

“Ne l’accusez pas de folie, au moins dans cela, car le foyer, c’est le royaume des illusions, c’est la source des rêves de bonheur. Vous tous, nés au sein de l’aisance, ne faites-vous pas consister une partie des délices de la vie à être couchés près d’un feu pétillant, en vous reposant de ce que vous appelez les fatigues de la journée. N’est-ce pas parmi ces brasiers, aux images fantastiques, que votre imagination cherche une autre existence qui puisse vous dédommager d’un monde où vous ne trouvez que des intérêts plus vils les uns que les autres, et qui s’entrechoquent sans cesse? N’est-ce pas près du foyer que la jeune Canadienne, que l’éducation n’a pas encore perfectionnée, se demande si parmi cette foule d’hommes élégants qui l’entourent, elle ne trouvera pas une âme poétique, dont les cordes vibrent à l’unisson de la sienne? Enfin, n’est-ce pas le temple du souvenir? Eh bien, lui, s’il n’a pas une de ces magnifiques grilles qui décorent nos salons ennuyeux, il peut néanmoins savourer la même jouissance; car c’est en contemplant un métal brillant qui reluit au fond d’un creuset, entouré de quelques petits charbons ardents, qu’il cherche à jeter dans l’oubli toute l’amertume de l’existence; pour me servir de l’idée du poète anglais, c’est ce qui le fait ramper entre le ciel et la terre.”

— Philippe Aubert de Gaspé fils, chapitre quatorzième de L’influence d’un livre

Il passe le reste de ses jours heureux, seul dans la maison familiale, captivé par ses études. »

Ce roman fut mal reçu par la presse de l’époque. L’Influence d’un livre est riche en récits de l’histoire nationale ainsi qu’en histoires folkloriques et légendaires. Cependant, le style sera mal reçu en ces temps et les thèmes, souvent morbides, seront mal acceptés. D’ailleurs, le « héros » du roman est loin du héros traditionnel et est très antipathique aux lecteurs de l’époque. Le roman subit des attaques féroces dans certains journaux.

L’influence d’un livre est le tout premier roman de la littérature québécoise.

 

 

 

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