TVA coupe dans les nouvelles régionales

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Date: 6 juin 2016
Auteur: Daniel Nadeau

Les nouvelles ne sont pas bonnes pour Sherbrooke et pour ceux qui croient à l’importance de l’information régionale. La semaine dernière, le Groupe TVA a annoncé la suppression de 15 postes à temps plein au Québec.Groupe TVA_nouvelles C’est donc, aux dires du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) 113 heures par semaine de production locale qui sont perdues avec la réorganisation annoncée par TVA.

À Sherbrooke, cette réorganisation de la production de la salle de rédaction se traduira par l’abolition ou la réduction d’heures de production qui équivaut à cinq postes. Les bulletins de nouvelles régionales de TVA seront désormais réalisés à partir d’une régie située à Montréal, et ce, dès le premier août. Une régie a été construite à Montréal permettant de contrôler à distance des caméras robotisées.

Cela constitue une très mauvaise nouvelle pour la qualité et la diversité de l’information offerte aux citoyennes et citoyens de Sherbrooke et de la région.

En fait, le mouvement de la « montréalisation des ondes » ne fait que s’accentuer et constitue des dommages irréparables au tissu démocratique de notre région. Déjà que TVA avait ces dernières années réduit la production régionale à sa plus simple expression.

Cette décision du Groupe TVA est une décision d’affaires qui vise à terme à rendre les opérations financières du groupe plus rentable. Nous savons tous que les revenus publicitaires ne sont plus au rendez-vous au même niveau qu’avant. Les nouveaux changements technologiques induisent non seulement un nouveau modèle d’affaires, mais ils permettent aussi de faire à distance ce qui se faisait localement auparavant.

Comme j’ai eu l’occasion de le faire par le passé à propos de la fermeture de TQS, des coupes à Radio-Canada, il faut dénoncer ces réductions dans l’information régionale chez nous. Cela ne peut qu’appauvrir notre vie collective. Celle des « gens d’ici » pour qui TVA disait faire de l’information il n’y a pas si longtemps. Il faut se lever et défendre non seulement l’information régionale, mais la production en région. Il faut que cesse cette « montréalisation des ondes » tant à TVA qu’à Radio-Canada d’ailleurs.

2 réponses à TVA coupe dans les nouvelles régionales

  1. Heureux de voir que certains se soucient de la production et la diffusion en région. Pour ma part, je suis un technicien qui a peut-être fait le choix de l’argent quand j’ai décidé de venir travailler à Montréal. Pas parce que Montréal me tentait, mais bien parce que, quand j’ai eu le choix entre Radio-Canada Montréal et Radio-Canada Estrie, ont m’a conseillé de venir à Montréal.

    J’ai toujours cru en l’information/production régionale. Cependant ou malheureusement, ça ne « rapporte » pas. Je sais que le hockey de la LNH a coûté très cher à TVA. On a donc coupé « La vie à/en… » dans toutes les régions du Québec… et voilà que c’est la même chose pour les bulletins de nouvelles.

    Je ne suis cependant pas surpris… quand je vois les efforts que Radio-Canada fait pour produire localement et certains commentaires que je vois passer sur les réseaux sociaux à savoir que les animateurs « locaux » sont moins bons que ceux de Montréal… Pour une certaine classe, c’est bien mieux de dire que tu es abonné à La Presse ou au Devoir en région qu’à La Tribune par exemple ou autre journal du Groupe Capital Media.

    Ce qui est malheureux, c’est que peut importe qui fera ou produira l’information, tant que les gens ont le service, on s’en fou. Est-ce mon voisin qui perd son travail au profit d’une personne de Montréal? Qui s’en souci?

    C’est dommage, mais lorsque nous avons un « service gratuit » comme celui-là ou par exemple, la radio, on a souvent tendance à penser que si on ne paye pas, on n’a pas un mot à dire. Que les entreprises privées font ce qu’elles veulent de leur argent et que nous sommes condamnés à accepter leurs décisions… Je ne sais pas pourquoi, mais je pense ici à Uber… ce n’est pas la même chose? Une industrie du taxi privée qui est régie par le gouvernement et qui se fait ignorer par une compagnie internationale? Que font les gens? Étant donné que c’est moins cher, on se lance là-dessus parce que c’est « moins cher » et que c’est nouveau. C’est un nouveau modèle. On doit avoir une ouverture d’esprit… l’économie de partage? Je suis ici un peu sarcastique.

    La télévision et le système télévisuel me donnent parfois une vision ou une analyse du monde que je n’aurais pas si je ne travaillais pas dans ce milieu-là. J’ai toujours cru à la télévision locale ou communautaire snobée par certains, mais aussi à la production et diffusion en régions (dois-je rappeler que Montréal est aussi une région?) pour ceux qui sont domiciliés dans ces régions. Même si nous n’allons pas chercher le million de cotes d’écoute avec TVA Nouvelles Sherbrooke ou Rimouski, n’en demeure pas moins qu’il se passe des évènements dans ces régions (et pas juste des chiens écrasés).

  2. Larry O'Malley dit :

    L’information régionale fait partie de l’identité d’une région. Tout comme les choix musicaux de nos stations de radio. C’est pas vrais que les préférences des auditeurs de Sherbrooke, Val d’Or, Lac St-Jean, Québec oû Montreal sont les mêmes. J’ai commencé ma carrière en 1973 dans une station de radio, (non je ne suis pas vieux, j’ai juste commencé tôt), à cette époque tu pouvais devenir une vedette dans ton patelin, y faire tes classes et devenir une vedette sur le grand marché. Depuis que les puissants achètent tout, ils décident ce qui est bon pour nous, ce que nous devons aimer. C’est décidé depuis un bureau Montréalais ce que le Québec entier devrait aimer. C’est faux, et c’est vrai pour l’information régionale. La meilleure façon de perdre notre identité c’est d’homogénéiser notre identité régionale à celle des grands centres. Nous ne sommes pas très loin du monde de Biff (Référence à Back To The Future) ou un seul puissant contrôle tout, et c’est pas dans l’intérêt du bien commun. Ceci dit, nous devons collectivement encourager nos médias en les achetant car s’ils ne sont pas rentables, ils devront abdiquer et ce sera de notre faute!

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