Mentir comme stratégie politique…

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Date: 9 juin 2016
Auteur: Daniel Nadeau

La coupe est pleine. Le ministre Jacques Daoust doit partir ou confondre ceux qui l’accusent de mentir. André Pratte, aujourd’hui sénateur à Ottawa, a jadis écrit un essai intitulé Le Syndrome de Pinocchio dans lequel il défendait l’idée que le mensonge est ce qui détruit la politique. Il semble que le premier ministre Philippe Couillard aurait intérêt à relire cet essai d’André Pratte et du même coup de l’annoter pour son ministre du transport Jacques Daoust.Jacques Daoust

Il y a peu de temps, j’écrivais sur ce blogue un billet dans lequel j’opinais que le gouvernement de Philippe Couillard était un piètre gestionnaire de crise. La saga actuelle entourant le ministre Jacques Daoust avec ses déclarations douteuses sur son approbation ou non de la vente des actions de Rona par Investissement Québec en fournit une autre illustration éloquente.

Pourtant, la question est simple. Le ministre Daoust alors responsable d’Investissement Québec était-il ou non au courant de la vente des actifs de Rona par Investissement Québec et a-t-il oui ou non donné son approbation à cette vente?

Il semble à la lumière du rapport de la vérificatrice générale et des documents publiés hier par Le Journal de Montréal que le ministre Daoust savait et qu’il a donné son approbation à la vente des actifs de Rona par Investissement Québec. 

Alors, pourquoi s’obstiner à nier?

La réponse est simple. Lorsque la vente de Rona a été annoncée et que le gouvernement a vu le tollé que cela provoquait dans la population qui considérait Rona comme un élément important de son patrimoine collectif, le gouvernement a voulu prendre des distances avec cette décision impopulaire. Inconscient que de nos jours tout se sait, on a choisi comme ligne de presse de nier la connaissance du fait. C’est Jacques Daoust qui a été envoyé au front pour défendre la position gouvernementale puisqu’il était le ministre responsable d’investissement Québec à l’époque. De l’enfantillage et une maladresse sans nom de la part du gouvernement.

Quelqu’un pourrait-il rappeler à ce gouvernement qu’une des premières règles en matière de relations publiques gouvernementales c’est de ne jamais mentir à la presse, à la population et aux membres de l’Assemblée nationale. Certes, en politique, comme ailleurs, ce n’est pas mentir que de ne pas tout dire. Il faut seulement dire ce qui est nécessaire et utile dans des circonstances données. À l’évidence, ce n’est pas de cela qu’il est question ici. Il s’agit plutôt d’un événement où le gouvernement se fait complice de quelqu’un qui dit le contraire de la vérité. Cela est inacceptable.

Encore plus inacceptable est la parade du premier ministre Couillard qui pour défendre l’inacceptable se réfugie derrière le témoignage des responsables d’Investissement Québec à une éventuelle commission parlementaire. En politique ce qui est pire que le mensonge c’est le manque de respect envers la fonction publique que l’on met en position intenable pour couvrir les maladresses d’un ministre. Je crois que le gouvernement Couillard apprendra à la dure que mentir n’est pas une stratégie politique…

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