La crise du financement des médias communautaires

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Date: 29 juin 2016
Auteur: Daniel Nadeau

Une nouvelle qui risque de passer inaperçue. La crise du financement des médias communautaires. Il ne faut pas s’étonner puisque tous les médias traversent des problèmes sérieux en matière de financement en cette époque du triomphe de l’ère numérique. J’ai d’ailleurs abondamment documenté cette question sur ce blogue en écrivant plusieurs billets à ce sujet. Pas plus tard que le 15 juin dernier, j’évoquais ici la demande de grands magnats de la presse écrite qui réclamaient un financement gouvernemental pour s’acquitter de leur mission d’informer localement et régionalement. Plus encore, j’ai aussi fait écho de la décision du CRTC qui a accepté dans l’une de ses dernières décisions de détourner les fonds des médias communautaires comme MAtv au profit des grands réseaux.

Dans son édition du lundi 27 juin, le journal Le Devoir nous apprend que le gouvernement du Québec a failli à sa parole quant au financement des médias communautaires. « Depuis 1995, nous dit Le Devoir, les ministères et organismes gouvernementaux ont l’instruction d’investir un minimum de 4 % de leur budget en placements publicitaires dans les médias communautaires. »

 Placement publicitaireSource : Le Devoir

On apprend dans cet article que le gouvernement du Québec a consenti à peine 2,5 % de ses budgets aux médias communautaires en 2016. Depuis 2010, le gouvernement a systématiquement raté sa cible de 4 %. Celle-ci est à peine de 2,5 % en 2016 et cette part baisse constamment depuis 2011. Concrètement, certains médias communautaires ont vu fondre la part de la publicité gouvernementale de 90 % depuis 2010.

Le ministre Luc Fortin, député libéral de Sherbrooke, affirme agir pour renverser la tendance, mais les faits prouvent que son action ne donne pas les résultats escomptés. Cela est dommage surtout pour le député d’un comté où il existe une radio communautaire, CFLX, qui réussit malgré tout à survivre, mais sans grand appui de son député, ni de son ministre.

Certes, on ne peut rendre responsable le gouvernement de tout et ce n’est pas son mandat premier de financer les médias privés en tous les cas, mais les médias communautaires méritent d’être mieux financés et cela ce n’est pas une question d’argent, mais de volonté politique. Surtout qu’une étude commandée par la Fédération nationale des communications de la CSN montre que le « Québec est l’un des endroits en Occident où l’aide publique aux médias est la moins élevée. L’État verse ici environ 3 $ par an par habitant alors qu’aux États-Unis c’est 5 $ par habitant, 18 $ au Royaume-Uni et 92 $ en Finlande. » Le Québec pourrait faire mieux pour aider à vaincre la crise de financement des médias communautaires…

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