Le Devoir aussi plaide pour de l’argent public

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Date: 31 août 2016
Auteur: Daniel Nadeau

Ces derniers mois, j’ai eu l’occasion sur ce blogue d’écrire des billets concernant les difficultés auxquelles font face les quotidiens au Canada. Le modèle prévalant depuis la fin du 19e siècle s’appuyant sur la publicité et la création d’une classe moyenne n’est plus viable aujourd’hui. Pire encore, la venue des médias sociaux et la diffusion de technologies d’écran viennent amplifier le phénomène de la fragmentation des auditoires et cela entraîne la chute des revenus publicitaires.

Samedi dernierLe Devoir, le journal Le Devoir a reproduit l’intervention de leur directeur, Brian Myles, dans le cadre des audiences publiques sur le renouvellement de la politique culturelle du Québec. Dans le mémoire présenté par Le Devoir, Brian Myles, au nom du journal, Le Devoir « a revendiqué un soutien ciblé de l’État, n’excédant pas cinq ans, pour aider les médias imprimés à développer de nouvelles stratégies d’affaires et de nouvelles plateformes numériques. Il y a urgence d’agir pour soutenir ces médias, dont la contribution au rayonnement de la culture québécoise est indéniable. »

Myles a suggéré neuf avenues de solutions sous forme de recommandations. Les voici :

  1. « La politique culturelle doit accorder une attention particulière aux médias et reconnaître leur rôle distinctif et essentiel dans la chaîne de diffusion de la culture québécoise. En conséquence, les médias qui investissent dans la couverture de la culture doivent bénéficier de programmes de subventions de la part des institutions étatiques pour développer des contenus.
  2. Création d’un programme de subvention et/ou crédit d’impôt sur la masse salariale des entreprises de presse écrite déjà établies couvrant 50 % des coûts de production de l’information (salaires des journalistes, masse salariale liée à la mise en page du journal et frais de reportage).
  3. Création d’un programme de subvention et/ou crédit d’impôt couvrant 50 % des investissements numériques (acquisition de logiciels spécialisés, création d’application).
  4. Exemption de la taxe de recyclage pour les médias écrits québécois.
  5. Abolition de la TVQ sur les journaux.
  6. Création d’un crédit d’impôt à la distribution rurale et aux frais d’envoi postaux.
  7. Augmentation significative du placement publicitaire de l’État dans les journaux québécois.
  8. Le Centre des services partagés du Québec (CSPQ) doit créer et mettre à jour un registre public des dépenses publicitaires globales des ministères, organismes et sociétés d’État, dans la mesure du possible. Ce registre doit minimalement permettre de distinguer la proportion des dépenses publicitaires faites dans les médias québécois et dans les médias étrangers, et de suivre leur évolution dans le temps.
  9. Instauration d’un crédit d’impôt aux particuliers pour les dons aux entreprises de presse indépendantes, sous l’égide du ministère de la Culture et des Communications et le Secrétariat du Conseil du trésor. »

Si Le Devoir n’est pas le premier porte-parole de l’industrie des médias à réclamer l’aide gouvernementale pour aider les quotidiens à passer au travers la profonde crise actuelle des médias imprimés et électroniques, il est probablement le plus crédible des porte-parole de cette idée puisque Le Devoir occupe chez nous une place importante parmi nos institutions. Aujourd’hui, plus que jamais, il peut paraître vraisemblable que le gouvernement bougera sur ce dossier. Le Devoir aussi plaide pour de l’argent public…

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