Rogers met en vente ses revues québécoises

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Date: 3 octobre 2016
Auteur: Daniel Nadeau

Il faut en prendre acte. Le modèle d’affaires de tous les médias d’information est en crise et le monde auquel nous étions habitués depuis va lentement, mais inexorablement disparaître. Vendredi, j’ai écrit un billet sur ce blogue concernant les demandes de la Coalition de la pérennité de l’information écrite au Québec qui réclame une aide temporaire au gouvernement de cinq ans pour prendre le virage numérique et pour se réinventer avec cette aide un modèle d’affaires adapté à notre époque.

Le même jour où cette demande était formulée en commission parlementaire à Ottawa, le groupe Rogersrodgers annonçait la mise en vente de trois de ses revues de langue française Loulou, Châtelaine et L’Actualité.magazines En soi, c’est une mauvaise nouvelle, mais cela ne signifie pas pour autant la mort de ces magazines qui ont une excellente audience auprès du public québécois et qui réussissent tant bien que mal à tirer leur épingle du jeu devant la révolution numérique. D’ailleurs, tant Châtelaine que L’Actualité ont déjà commencé leur virage numérique et pour ma part même si je suis toujours abonné aux versions papier de ces deux magazines, je les parcours souvent dans leur version électronique.

Une chose est cependant certaine, c’est que la révolution numérique ou si vous préférez l’âge digital va poursuivre son incursion dans nos vies et les anciens modèles d’affaires devront être revus non seulement pour les médias, mais pour l’ensemble des activités économiques. C’est le cas avec UBER pour l’industrie du taxi, pour Airbnb pour les auberges et les hôtels, avec le streaming pour l’industrie du cinéma et de la musique, pour l’enseignement universitaire avec les universités en ligne et pour le commerce de détail avec les gens comme Amazon ou Alibaba en Asie.

Nous sommes condamnés à changer. Rien n’est plus permanent que le changement. Le plus grand défi qui se pose à nous est de trouver le bon chemin pour assumer ces changements inéluctables tout en protégeant ce que nous sommes nous au Québec, une société distincte, de culture francophone dans un océan anglophone et hispanique. assemblee-nationalePour réussir, le Québec devrait compter plus que jamais sur une classe politique crédible et aux idées claires capables de faire avancer nos réflexions. Nous sommes loin de là. Nous n’avons jamais eu une classe politique aussi faible et aussi peu crédible de toute notre histoire.

Je crois que l’on peut être raisonnablement optimiste quant à l’avenir des magazines que veut vendre le groupe Rogers, mais que nous devrions être pris d’angoisse quant à la capacité de notre classe politique de mener le Québec sur le chemin du succès au 21e siècle…

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