Well inc. et le centre-ville de Sherbrooke

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Date: 6 octobre 2016
Auteur: Daniel Nadeau

Il y a tout lieu de se réjouir de l’annonce faite par le maire de Sherbrooke, monsieur Bernard Sévigny, de la création d’un quartier de l’entrepreneuriat sur la rue Wellington Sud au centre-ville de Sherbrooke.well-inc C’est un projet stimulant et surtout un défi pour notre ville et pour nos entreprises dignes du 21e siècle.

J’ai lu et entendu diverses critiques s’élever concernant ce projet. Il y a d’abord les critiques de nature partisane comme celles formulées par la conseillère Annie Godbout qui dit ne pas faire confiance au maire actuel pour mener à bien ce projet. C’est une question d’opinion et je respecte la sienne, mais vous me permettrez de classer ce type de critique dans la filière critique partisane. Il y en a eu d’autres, comme celle de la conseillère Hélène Dauphinais, qui s’inquiète des coûts d’un tel projet, de l’absence de données tangibles sur les retombées concrètes de ces investissements et du manque d’implication de fonds privés. Des questionnements légitimes qui demandent à celles et à ceux qui défendent ce projet de fournir des réponses.

Un troisième type de critiques ou plutôt d’inquiétudes c’est celles qui s’interrogent sur l’aspect concret de ce projet. Les impacts sur les commerces existants, les raisons pour lesquelles on construit un nouveau stationnement et plusieurs questions pratico-pratiques. Ces critiques ou ces inquiétudes pourraient disparaître si le maire se donnait la peine de tenir des séances d’information sur le projet. Présenter un projet d’une si grande envergure en 1 h 30 au conseil municipal et le lancer dans le cadre d’un discours dans une chambre de commerce n’est pas le moyen privilégié de communication pour construire un appui solide à ce projet d’envergure.

Enfin, un autre type de critique c’est celle qui déplore que l’on favorise le centre-ville par rapport à d’autres secteurs de la ville. Cet argument me renverse. De toutes les villes du monde, il n’y a qu’à Sherbrooke où les gens opposent le centre-ville à d’autres parties de la ville. Lorsque vous voyagez et que vous arrivez dans une nouvelle ville, que faites-vous? Je ne sais pas pour vous, mais pour plusieurs le centre-ville c’est la direction choisie, « le downtown » pour connaître l’identité d’une ville.

Au-delà des critiques, il faut saluer l’initiative du maire Bernard Sévigny. C’est un projet qui s’inscrit pleinement dans les orientations de développement économique poursuivies par Sherbrooke Innopole avec ses filières-clés et qui épouse le concept très actuel des grandes villes nord-américaines innovantes  du « Work, live and Play »,  si cela est bon pour Anchorage en Alaska, pourquoi ne le serait-ce pas pour une ville comme Sherbrooke?

De surcroît, ce projet est issu du plan directeur du centre-ville de Sherbrooke, le projet 20/20  qui a fait l’objet de vastes consultations auprès de la population et des parties prenantes en amont et dont le dépôt final a été acclamé presque à l’unanimité (à l’exception du citoyen Pellerin) lors de son dévoilement au théâtre Granada. Par la suite, il a été adopté au conseil municipal.

On ne dira jamais assez que cette vision d’une rue Wellington Sud, lieu d’un quartier entrepreneurial, a été pensée et voulue par bien des gens et adopter dans son ensemble par l’actuel conseil municipal.

Je veux bien que les gens fassent de la politique, mais pas au prix de jeter le bébé avec l’eau du bain. Le projet présenté par le maire Bernard Sévigny doit devenir rapidement le projet de toutes les Sherbrookoises et de tous les Sherbrookois et c’est à lui et à ceux qui comme moi croient à cette vision innovante pour notre avenir comme ville de le dire et de le défendre auprès de la population. Sherbrooke doit se donner une personnalité du 21e siècle et ce n’est pas avec des critiques partisanes justifiées ou injustifiées que l’on va réussir à mettre notre ville sur la voie du succès…

4 réponses à Well inc. et le centre-ville de Sherbrooke

  1. Hubert Richard dit :

    Il faut réduire les stationnements et non les multiplier…

    • Pas du tout Hubert, il faut plus d’espace de stationnement parce que sinon on ne peut pas arrêter et il faut toujours circuler. On devrait être capable de s’arrêter quand bon nous semble. Sinon ça n’a aucun sens de circuler circuler circuler sans jamais s’arrêter!

      • Hubert Richard dit :

        Est-ce ironique? Bien-sûr, laissons les bonnes logiques aux bonnes villes, laissons l’Europe s’inventer des villes sans voiture et continuons notre héroïsme par notre fidélité à la poutine et notre modernité écrasante et suffocante de bitume et de béton!

  2. Jerry Espada dit :

    Il y a tout de même quelque chose que je ne comprends pas. Puisque tout le monde semble avoir approuvé ce projet (multiples consultations, etc.), pourquoi faudrait-il tant le défendre ? Est-ce que les consultations et les approbations ont porté sur des IDÉES de développement entrepreneurial pour la Well ? Si oui, est-ce qu’on s’entend pour dire qu’entre des idées de développement approuvées et un projet bien ciblé, il y a une grande différence ? Avec mon épouse, nous étions bien d’accord pour refaire notre aménagement paysager. Quand nous avons consulté les différents professionnels, que nous avons eu DES PROPOSITIONS de projets concrets et chiffrés, nous avons commencé à nous obstiner. Pourtant, nous étions de bonne foi au départ, mais nos points de vue ont divergé sur la façon de faire et sur les coûts par rapport à notre futur bonheur visuel. Vous dites qu’il va falloir à présent que ceux qui y croient le défendent. C’est dans le ”LE” que je m’interroge. Pourquoi ce projet tel qu’il est présenté plutôt qu’un autre ? Vous parlez d’Anchorage en Alaska, on peux-tu voir des projets de ce genre plus proches de chez nous et qui tiennent compte des forces et faiblesses de Sherbrooke. Comparons ce qui est comparable. Je ne suis partisan de rien, ni de personne et je suis prêt à payer plus de taxes si notre communauté est l’fun à vivre, mais j’ n’aime pas signer des chèques en blanc. Je sais très bien comment les décisions se prennent, sans vouloir offenser personne, c’est juste que le système dans lequel nous vivons conduit à prendre certaines décisions souvent très bancales. Prenons l’histoire de la Well. Quelle belle idée d’avoir permis de développer le Carrefour de l’Estrie qui a creusé la tombe de la Well ? Combien on dépense pour essayer de redonner vie à cette rue (c’est encore le sujet du jour!) ? Quelle belle idée d’avoir installer des marquises pour les mettre à terre quelques années plus tard parce qu’on n’avait pas envisagé que ça pouvait être la mauvaise solution ? Bref, juste dans ce quartier, des décisions bancales, il y en a eu et on fait du rattrapage depuis tout en additionnant les coûts. Alors, oui, ça prend de l’information et de la vraie, pour mieux comprendre et mieux connaître, et pas seulement d’avoir des arguments de défense de ce projet.

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