Opération de relations publiques au Parti québécois

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Date: 7 octobre 2016
Auteur: Daniel Nadeau

C’est ce soir que nous connaîtrons l’identité du nouveau chef du Parti québécois. Après une très longue campagne où il y a eu beaucoup d’idées et de débats, les membres de ce parti vont enfin faire connaître leur choix. Il faut noter que cette campagne au leadership du PQ a donné lieu à des débats costauds entre les candidats en présence, mais qu’elle a suscité très peu d’intérêt dans la population. Disons en toute honnêteté que cela aurait été probablement pareil s’il y avait eu une campagne au leadership au Parti libéral du Québec. bourassa-levesqueIl y a un profond désintéressement de la population envers la politique et la classe politique. Ce n’est pas un changement de chef au PQ qui viendra changer cela d’un coup de baguette magique.

Ce que j’ai hâte de voir, c’est le type de spectacle que le Parti québécois va nous offrir ce soir à la télé et sur le Web pour nous dévoiler le gagnant. La mécanique du vote fait en sorte que les gens votent une seule fois et qu’ils font trois choix. Après c’est une simple formule mathématique qui permet de faire le décompte. Ainsi, si Paul St-Pierre Plamondon est mon premier choix et Lisée mon second, voici ce que cela donne si Plamondon est éliminé à l’issue du premier tour. Le candidat ayant obtenu le moins de votes après le premier tour est éliminé, mon vote est attribué à Lisée au deuxième tour, etc. Cela semble simple, mais je ne suis pas sûr que cela fera de la bonne télévision.

Quoi qu’il en soit, nous verrons comment le Parti québécois innovera pour maintenir un semblant de suspense, mais ce soir il y aura un nouveau ou une nouvelle chef. Selon toute vraisemblance, ce nouveau chef sera soit Jean-François Lisée soit Alexandre Cloutier. Madame Ouellet devrait terminer troisième et Paul St-Pierre Plamondon terminera la marche de ce peloton.

Pour le Parti québécois et ses militants, le problème reste entier. La population du Québec avec une majorité solide d’au moins 60 % souhaite que le Québec reste dans le Canada. Pour plusieurs, le débat sur la souveraineté est celui d’une autre époque. Les électeurs sont même de plus en plus nombreux à se satisfaire du statu quo sur le plan constitutionnel. Le fait français et la culture francophone ne cessent de reculer au Québec. Le problème du Parti québécois est aussi le problème du Québec.

Tout fédéraliste que je sois, je suis triste de constater que le Parti québécois n’est plus la force d’antan qui obligeait le Parti libéral du Québec à défendre les intérêts de la nation québécoise dans la compétition électorale. Aujourd’hui, le Canada du rapatriement constitutionnel forcé de 1982 a la partie belle. Il peut ignorer les droits de la nation québécoise dans l’indifférence totale d’une majorité de la population du Québec. Ce qui n’est pas une situation propice à ce que les libéraux du Québec renouent avec leur tradition de défenseur des intérêts du Québec. Paradoxalement, un PQ fort est bon pour le Québec. La conclusion ce soir de la course au leadership du PQ a de fortes chances de marquer le début de la fin d’une grande époque et sonner le glas à une idée du Québec héritée de la Révolution tranquille, de René Lévesque et de Robert Bourassa : celui d’une société distincte, différente en Amérique du Nord. Au fond, lorsque l’on y pense bien, la désaffection de l’électorat auprès du PQ et aussi la désaffection des Québécoises et des Québécois pour un avenir distinct en Amérique du Nord. C’est triste et désolant…

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