La crise de Val-d’Or

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Date: 17 novembre 2016
Auteur: Daniel Nadeau

J’ai souvent écrit des exemples de dossier mal géré par le gouvernement libéral de Philippe Couillard. Vous me saurez gré de souligner aussi ses bonnes trouvailles. Dans le dossier des femmes autochtones de Val-d’Or et des accusations portées par celles-ci à l’endroit des policiers de la SQ, le gouvernement vient de trouver une façon de gérer la crise en amont par une stratégie de fuite allongée dans les médias.

On se rappellera qu’à la suite d’un reportage d’Enquête, autochtones-agresseesencore cette émission diront les partisans de ce gouvernement au sens de pas encore eux les fatigants, il avait été allégué des comportements de violence de policiers à l’endroit de jeunes femmes autochtones. La diffusion de l’émission avait fait éclater une crise majeure à Val-d’Or, la ministre Lise Thériault avait éclaté en larmes en conférence de presse et elle a pris par la suite un long congé de maladie. C’est dire que cela allait mal pour le gouvernement Couillard.

Après une enquête du SPVM, son rapport a été déposé à la Couronne qui aurait décidé que le dossier ne permettait pas de porter des accusations criminelles contre les six policiers alors identifiés. Nous avons appris cette nouvelle grâce à une fuite que personne n’a encore confirmée, mais que tous les acteurs commentent. La ministre Lise Thériault a même été vue à l’Assemblée nationale donnant de longues explications à sa critique officielle du PQ, la députée Poirier. Les autorités, le DPCP donnera une conférence de presse demain. Pour leur part, les porte-paroles autochtones réclament déjà une enquête indépendante sur ce dossier, soit une commission d’enquête.

On n’en sortira pas, nous sommes au pays des enquêtes et des allégations, mais au moins pour une fois le gouvernement Couillard semble mieux gérer en amont une crise prévisible. Ça risque d’être utile de développer de telles habiletés à deux ans de l’élection générale. Néanmoins, de bonnes relations de presse ne pourront pas faire oublier l’incurie du gouvernement dans plusieurs secteurs. Les relations publiques sont essentielles à tout bon gouvernement, mais elles ne sont pas suffisantes pour faire d’un mauvais gouvernement, un bon gouvernement. Heureusement pour monsieur Couillard, l’opposition, tant la première que la seconde sont ses meilleurs alliés. Il n’en demeure pas moins que la crise de Val-d’Or restera entière tant et aussi longtemps que nous n’aurons pas été au fond des choses et le fond des choses est la pauvreté et le dénuement des communautés amérindiennes ainsi que le mépris que nous avons pour elles…

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