Crise au SPVM

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Date: 27 février 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Il n’y a pas à dire. Montréal, la métropole du Québec éprouve de nombreux problèmes d’image depuis plusieurs années. Que ce soit ses infrastructures en décrépitude, ses problèmes récurrents de circulation ou encore la corruption de ses élus ou de ses fonctionnaires. Aujourd’hui, la confiance du public tant à Montréal, qu’ailleurs au Québec, est fortement préoccupé par son service policier. Le SPVM traverse une crise de confiance sans égal. Un corps policier aux multiples tentacules qui a été accusé par le passé de racisme, d’utilisation abusive de sa force, de profilage racial et d’espionnage des journalistes. En ce moment, on soupçonne la présence d’une guerre de clans et les enquêtes internes sont sur la sellette pour avoir, selon des allégations non prouvées encore, mené soit des enquêtes abusives ou également fabriqué des preuves.

Le SPVM est sous la loupe. Cette police est tout sauf au-dessus de tout soupçon. Son directeur, le pauvre monsieur Pichet, hérite d’une organisation gravement malade et plusieurs dont le parti de la deuxième opposition officielle, La Coalition avenir Québec, demandent son retrait de ses fonctions. Monsieur Pichet a manifestement perdu la confiance d’un large public. La question qui se pose est la suivante : est-ce vraiment de sa faute? Certes, c’est sa responsabilité, mais le directeur actuel du SPVM, monsieur Pichet, est-il responsable de la situation actuelle? Sans vouloir minimiser le rôle du directeur du SPVM, je crois que la responsabilité première de cette situation de crise est celle des élus municipaux de Montréal et de son maire qui a laissé une telle culture s’installer.

Pour le moment, les décisions prises semblent être les meilleures, à quelques bémols près :

  1. Déclenchement d’une enquête sur les révélations de l’émission JE du réseau TVA;
  2. Déclaration du maire de la ville de Montréal, Denis Codère, concernant son appui à l’enquête et sa réitération de la confiance qu’il a envers monsieur Pichet;
  3. Élargissement de l’enquête par le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux par la nomination de la représentante du BEI, madame Glauque et par la nomination d’un commissaire-enquêteur spécial pour faire toute la lumière;
  4. Demande d’un plan d’action à la direction du SPVM pour s’assurer d’enrayer immédiatement les mauvaises pratiques;
  5. Déclarations senties du maire, du ministre, de la direction du SPVM sur la volonté de faire toute la lumière;
  6. Séries d’entrevues ciblées du directeur du SPVM, monsieur Pichet, à Deux hommes en or, avec Patrick Lagacé, le journaliste enquêté mis sous écoute électronique et à Radio-Canada;
  7. Choix du bon message : La très grande majorité des employés du SPVM sont des professionnels intègres et consciencieux. Toute la lumière sera faite et les décisions seront prises.

Malgré ces bons gestes et ces bons mots de la part des autorités, ce qui est en jeu soit la confiance du public en ses institutions est atteint. Cela dans un contexte d’une époque où circule à profusion des théories du complot et où toutes nos institutions sont mises à mal que ce soit les médias, la classe politique, les tribunaux et la police. Cela prouve aussi que la réalité dépasse souvent la fiction. Le feuilleton d’Ici Radio Canada District 31 est à nous dévoiler une grave guerre de clans au sein de la police de Montréal. À croire que l’auteur, Luc Dionne, savait ce qui se passait au SPVM…

Nous sommes vraiment dans le pétrin, car les gens ont de moins en moins confiance à tous les repères institutionnels qui nous permettent de vivre ensemble. Le service de police du SPVM en crise n’est qu’une manifestation supplémentaire de cette crise généralisée de confiance envers nos institutions.

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