Donald Trump et la Chine

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Date: 6 avril 2017
Auteur: Daniel Nadeau

C’est aujourd’hui que le président américain rencontre le président de la Chine, Xi Jinping à sa résidence de Mar-a-Lago en Floride. Durant la dernière campagne électorale, le candidat Trump n’a jamais cessé de critiquer violemment la Chine. À l’aube de cette rencontre cruciale pour la politique étrangère américaine, le président Trump semble, selon des sources journalistiques, être revenu à de meilleurs sentiments à l’égard de la Chine.

Il faut comprendre que les enjeux sont importants pour les États-Unis en marge de sa relation avec la Chine. D’abord, il faut rappeler que la Chine est le principal créancier de la dette américaine. Puis, la Corée du Nord est une menace importante au maintien de la paix mondiale et dans ce dossier particulier la Chine est plus une solution pour le président Donald Trump qu’un problème.

Il n’en demeure pas moins qu’il faudra attendre les résultats de la rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump avant d’en tirer des conclusions. Le caractère très imprévisible du président américain peut laisser place à toutes les spéculations et à tous les scénarios.

À preuve, si l’on rappelle la rencontre du président Trump avec la chancelière allemande Angela Merkel, tout est possible. Les États-Unis, particulièrement l’état de l’Alabama ont consenti une aide financière de 300 millions de dollars à Mercedez-Benz pour établir une usine à Tuscaloosa. Ce qui a, par la suite, généré des investissements estimés à 624 millions de dollars. « En 2010, Mercedez-Benz employait directement 3000 personnes, produisait 125 000 véhicules et exportait 52 % de ses produits, principalement au Canada et au Mexique. » (Ginette Chénard, Le Sud des États-Unis, Québec, les Éditions Septentrion, 2016, p. 497)

Ce qui n’a pas empêché Trump de dénoncer ce constructeur automobile et de l’accuser de ne pas investir suffisamment aux États-Unis. Cela a refroidi le climat de sa première rencontre avec la chancelière allemande Merkel. Il faut dire que la visite d’Angela Merkel coïncidait également avec la crise du décret présidentiel sur l’immigration. Bref, tous les éléments étaient réunis pour une rencontre tendue. Ce qui fut le cas.

Dans le cas de la Chine, la Maison-Blanche a déjà déclaré que la rencontre serait difficile. Néanmoins, les ennuis actuels du président avec le cheminement du juge Gorsuch à la Cour Suprême, l’échec du rappel de l’Obamacare et le malaise persistant autour de son nouveau décret sur l’immigration devraient l’inciter à la prudence et à ne pas ouvrir un nouveau front de controverse avec la Chine. D’autant plus que les relations de son entourage avec la Russie continuent à faire les manchettes.

Le paradoxe, c’est que la cote du président Trump est au plus bas auprès du public américain alors que celle de la Chine a effectué une remontée de 7 % depuis l’an dernier passant de 37 % d’opinion favorable à 44 %, la veille de la visite de Xi Jinping. Attendons pour voir si le président Trump fera la preuve qu’il comprend mieux sa fonction et les tenants et aboutissants de la « realpolitik » en matière de politique étrangère. Comme on le sait, en politique étrangère les pays n’ont pas de sentiments, mais que des intérêts…

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