Les mots, les relations publiques et la manipulation

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Date: 19 avril 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Jadis, le journaliste et rédacteur en chef, puis éditorialiste du quotidien La Presse, André Pratte avait écrit un essai brûlot sur le mensonge en politique intitulé Le Syndrome de Pinocchio. Dans cet essai sur le mensonge en politique, monsieur Pratte, aujourd’hui devenu sénateur, donnait de nombreux exemples du mensonge en politique qui tenait en fait à l’utilisation habile des mots par les politiciens. Dire une chose et la vider de son sens est la plupart du temps la technique utilisée par les politiciens et leurs communicateurs pour mentir.

La semaine dernière, nous avons eu un bel exemple de cette technique par le gouvernement libéral de Philippe Couillard. Au nom de son gouvernement, le leader Jean-Marc Fournier a refusé de voter une motion présentée par l’opposition officielle, le Parti québécois de Jean-François Lisée, visant à renouveler le refus de l’Assemblée nationale d’appuyer le rapatriement de la constitution canadienne de 1982, laquelle constitution n’a jamais été signée par nos représentants à l’Assemblée nationale du Québec. Sous le prétexte de réitérer que le Québec a prospéré au sein du Canada, le gouvernement de Philippe Couillard s’est une fois de plus distancié des positions historiques du Québec en matière d’affirmation nationale et de reconnaissance de la nation québécoise au sein du Canada.

Ce refus du gouvernement Couillard de réaffirmer des positions historiques du Parti libéral du Québec de Robert Bourassa à Jean Charest vient rappeler combien les positions des libéraux québécois sont en rupture avec son glorieux passé de défenseur des intérêts des Québécois au sein de la fédération canadienne. Si l’on ajoute à ce refus de dénoncer une fois de plus le rapatriement de la constitution canadienne contre la volonté de notre assemblée nationale, les hésitations de Philippe Couillard à recourir à la disposition de dérogation de la constitution en regard de l’arrêt Jordan, on comprend aisément que Philippe Couillard est le plus « Canadian » de tous les premiers ministres de l’histoire du Québec. Il n’est pas le Capitaine Canada, mais bien l’amiral en chef du vaisseau canadien. Par ses actions et ses paroles, le gouvernement libéral de Philippe Couillard recule plus loin que les positions de Maurice Duplessis. Il se fait le fossoyeur de nos droits nationaux.

Philippe Couillard n’a aucune sensibilité pour le fait français en Amérique. Il n’est pas plus soucieux que cela de nos droits historiques et il n’a que faire des croyances surannées des deux peuples fondateurs. Pour lui, le Québec est une province comme les autres. Point final. Il trahit non seulement le Québec, mais aussi, et c’est ce qui est le plus triste, la riche tradition réformiste du Parti libéral du Québec. J’ai déjà écrit un jour que je ne reconnaissais plus le Parti libéral du Québec. Aujourd’hui, je dois conclure que le Parti libéral du Québec qui a été lié à tant de progrès économique, social et culturel du Québec n’est plus…

 

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