Solitude sans Gabriel García Márquez

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Date: 28 avril 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Un grand romancier, Prix Nobel de littérature, nous a quittés le 17 avril dernier. Gabriel José de la Concordia García Márquez était un écrivain colombien.

Romancier, nouvelliste, mais également journaliste et activiste politique, affectueusement connu sous le surnom de « Gabo » en Amérique latine, il est l’un des auteurs les plus significatifs du XXe siècle. Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1982, en l’honneur de « ses romans et ses nouvelles où s’allient le fantastique et le réel dans la riche complexité d’un univers poétique reflétant la vie et les conflits d’un continent. »

Le plus remarquable de ses romans, celui qui me l’a fait découvrir est Cent ans de Solitude paru en 1968 aux éditions du Seuil à Paris en langue française. Il fut publié originalement en mai 1967 à Buenos Aires, en Argentine. Ce roman décrit unanimement par la critique comme un chef-d’œuvre et il est classé parmi les cent meilleurs romans écrits au XXe siècle. Rappelons la première phrase de ce roman qui est l’un des plus célèbres incipits de toute l’histoire littéraire : « Bien des années plus tard, face au peloton d’exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l’emmena faire connaissance avec la glace. »

Selon la page de Wikipédia consacré à Cent ans de solitude, ce roman est « considéré comme une pièce maîtresse de la littérature ibéro-américaine en particulier et de la littérature universelle en général. Il est l’une des œuvres hispanophones les plus lues et les plus traduites actuellement. Nombre de lecteurs, critiques et écrivains comme Pablo Neruda estiment qu’il s’agit du roman de langue espagnole le plus important depuis Don Quichotte. Cent ans de solitude est cité comme le texte le plus représentatif du réalisme magique, courant esthétique d’origine européenne et picturale, définitivement associé au boom de la littérature latino-américaine à partir des années 1960. Le réalisme magique qu’expérimente García Márquez fait coexister divers genres littéraires et juxtapose, de manière ludique, cadre historique et géographique avéré, références socio-culturelles vraisemblables et motifs surnaturels. Cent ans de solitude ouvre une nouvelle voie dans la littérature mondiale par son souhait de transfigurer la réalité par l’allégorie et l’imaginaire. Comme l’explique l’auteur à son biographe Gerald Martin, il s’agit de faire en sorte que “les choses les plus effrayantes, les plus inhabituelles soient dites avec la plus grande impassibilité.” »

Le roman raconte l’histoire et la destinée de la famille Buendia sur sept générations et du village imaginaire de Macondo qu’elle habite. Victimes de la prophétie du gitan Melquiades, les Buendia vont traverser les guerres, les massacres et les conflits propres à l’histoire colombienne et connaître à la fois la grandeur et la décadence. Un roman unique et qui se lit comme on écoute de la musique. La sonorité particulière de la langue de Gabriel García Márquez, même traduite en français de l’espagnol, est un plaisir pour les yeux. Un grand roman.

Gabriel García Márquez a beaucoup écrit et il a bien écrit. Sa consécration à venir sera de voir son œuvre édité dans la Bibliothèque de la Pléiade. Il se retrouvera ainsi dans le trésor discursif de l’humanité. Il reste à voir quand Gallimard publiera García Márquez. Pour le moment, il semble que ce n’est qu’un vague projet.

Quoi qu’il en soit, Gabriel García Márquez m’a marqué profondément avec son roman Cent ans de solitude que j’ai lu durant mes premières années universitaires à la fin des années 1970.

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