La représentation de l’autorité

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Date: 17 mai 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Un moment de désœuvrement passager. Je m’intéresse à la diffusion sur TV5 de la passation des pouvoirs entre François Hollande et Emmanuel Macron. La télévision française ne laisse rien au hasard. Le reportage ne laisse rien au passage. La foule en attente, les dignitaires dans la cour du Palais de l’Élysée, l’arrivée d’Emmanuel Macron, le départ de François Hollande vers la rue Solferino au siège social du Parti socialiste, le mot de bienvenue du président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, le mot du président plein de gravité. Vraiment, tout y est. Moment solennel. Cela fait réfléchir au sens que donnent à la vie des gens ordinaires, les institutions.

Cela rappelle que la démocratie représentative est aussi un dialogue. Ce dialogue génère une forme discursive et des modèles de prise de parole politique. Le peuple est à la fois le destinateur et le destinataire. C’est en ce sens qu’il faut comprendre le sens du symbolique en politique. Dans la passation des pouvoirs entre Hollande et Macron, l’armée y occupe une place de choix. L’État est, il faut le rappeler, le détenteur de la force physique de contrainte pour se faire obéir. Les discours aussi où la France devient en quelque sorte le personnage de référence auquel tous les auditeurs sont appelés à se reconnaître. La France doit se relever, consentir à des sacrifices qu’exige l’époque et surtout se rassembler derrière son nouveau président.

Ce nouveau président à la fois jeune et iconoclaste doit faire face à de nombreux défis. Pour cela, il sera en mesure de compter sur l’armée et les institutions. Il sera aussi apte à faire appel à ses amis et à celles et ceux qui ont cru en lui depuis le début, d’où la présence de ses premiers appuis qui ont tous un rôle à jouer dans la nouvelle présidence qui s’installe.

Emmanuel Macron est aujourd’hui président de la République française. Une république divisée et fracturée. Un pays qui a mal à composer avec les exigences contemporaines et qui doute non seulement en elle-même, mais aussi en la capacité de l’Europe d’être une solution. Pourtant, la France est aujourd’hui un laboratoire où se joue l’avenir de la démocratie libérale de représentation et Emmanuel Macron en est le principal chercheur. Je développerai cette idée plus avant dans ma chronique de mercredi prochain à paraître dans le journal EstriePlus. Je vous invite à venir me lire.

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