La vérité québécoise et les nouveaux mythes

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Date: 7 juillet 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Le chroniqueur et ancien ministre du Parti québécois du Journal de Montréal, Joseph Facal, s’efforce dans chacune de ses chroniques d’être lui-même et de nous faire part, d’une façon ou d’une autre, que le Québec sera beaucoup mieux servi s’il était un pays. Dans plusieurs de ses chroniques que j’aime bien lire dois-je avouer, il désespère du piétinement de son option et nous informe de ses inquiétudes quant à l’avenir de notre langue dans un Canada de plus en plus unitaire selon lui.

Ce que j’estime le plus de ce chroniqueur c’est qu’il entretient généralement un rapport avec la vérité qui est tout à fait correct. Il arrive cependant que nous puissions en échapper sans le vouloir et affirmer au grand jour des contre-vérités en voulant défendre notre point de vue. C’est ce qu’a malheureusement fait Joseph Facal dans sa chronique d’hier dans le Journal de Montréal intitulé « Petit traité d’anti-histoire canadienne ».

Dans ce texte où l’auteur avoue vouloir « déconstruite des mythes fondateurs de ce pays », Joseph Facal affirme que l’idée des peuples fondateurs est saugrenue, car il n’y a jamais eu de consultation de la population. Ce qui est rigoureusement exact, mais qui s’inscrivait bien dans l’esprit du temps de l’époque. La consultation citoyenne telle que nous la connaissons aujourd’hui n’était pas encore née.

Là où je vois un plus grand problème c’est ce que nous dit monsieur Facal juste un peu plus loin dans sa chronique et je le cite : « … il n’y a même pas eu de campagne électorale autour des avantages et des inconvénients de créer ce régime » cela est inexact. En 1867, la campagne électorale d’Antoine-Aimé Dorion, le chef des rouges, les libéraux de l’époque, a porté exclusivement sur la dénonciation de ce nouveau pacte constitutionnel du Québec avec le Canada.

Ce fut d’ailleurs l’une des campagnes électorales les plus violentes de l’histoire du Québec. On a même eu droit à la mort d’un homme à Lévis durant la campagne. Voici ce que l’on peut retrouver comme information sur Wikipédia à ce sujet; « Les conservateurs, partisans de la Confédération, l’emportèrent facilement devant les libéraux qui y étaient opposés. Le clergé usa largement de son influence sur les électeurs pour les inciter à voter “bleu”; la plupart des évêques publièrent mandements et lettres pastorales pour demander aux catholiques d’appuyer les partisans de la Confédération. La campagne électorale est marquée par des émeutes et de la violence à certains endroits, et au moins un mort à Lévis. »

On constate donc que la vérité des faits historiques donne tort à monsieur Facal sur ce point. Ce n’est pas en inventant de nouveaux mythes que l’on déconstruira les mythes fondateurs.

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