Mort plus vivant que jamais

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Date: 13 juillet 2017
Auteur: Daniel Nadeau

L’esprit humain est ainsi fait que les morts sont parfois de plus puissants symboles que les vivants. Que d’anecdotes pouvons-nous avoir en tête concernant des connaissances disparues qui, une fois mortes sont plus grandes que nature. Les éloges funèbres sont toujours plus élogieux que les compliments à nos proches. Ne trouvez-vous pas?

Ce qui est vrai dans nos vies personnelles est a fortiori plus vrai encore dans le monde de la symbolique politique. Hier, on a annoncé que le chef de l’État islamique ou de l’armée terroriste sanguinaire de DAESCH était vraisemblablement mort. Ainsi, le chef proclamé du groupe des « fous d’Allah », Abou Bakr al-Baghdadi serait mort. Celui qui s’était fait connaître après sa libération de la prison de Bucca en 2004, ce militant terroriste a prêté allégeance à Abou Moussab al-Zarqaoui, qui dirige un groupe de guérillas sunnite sous tutelle d’Al-Qaïda.

En 2010, il prend la relève d’Abou Omar al-Baghdadi, un des successeurs de Zarqaoui. Au profit de la guerre civile qui sévit en Syrie, il s’installe en 2013 en menant une offensive en IRAK avant de s’emparer de Moussoul en 2014. Il a baptisé son groupe du nom d’Al-Quaïda. Puis, « Le groupe, rebaptisé État islamique, supplante Al-Qaïda, et ses succès militaires et sa propagande soigneusement réalisée attirent des milliers de partisans du monde entier. Dans un enregistrement de mai 2015, Abou Bakr al-Baghdadi exhortait les musulmans soit à rejoindre le “califat”, soit à mener la guerre sainte dans leur pays. “L’islam n’a jamais été la religion de la paix”, martelait-il. “L’islam est la religion de la guerre”. »

Maintenant qu’on le croit mort, il est probable qu’Abou Bakr al-Baghdadi devienne un symbole puissant des « fous d’Allah » qui vont continuer à chercher à déstabiliser l’Occident par des attaques aussi vicieuses que sournoises auprès de populations innocentes. Cela continuera de mettre en péril nos libertés et nos droits au nom de la lutte au terrorisme et de la sécurité nationale.

On peut se réjouir de la disparition de cet odieux individu, mais ce qu’il faut surtout c’est de trouver des voies de passage politiques avec les peuples du Moyen-Orient afin de tuer à la racine ces gestes de désespoir et de violence qui tiennent plus du ressentiment que de la révolte. La fin du terrorisme ne peut se penser que par la voie politique même si en attendant nous devons mener une guerre sans merci à ces terroristes partout dans toutes les démocraties.

Ceux d’entre nous qui sont de culture catholique peuvent aisément comprendre la force des symboles. Ne célébrons-nous pas un certain Jésus qui a plus d’influence sur le monde depuis qu’il est mort et supposément ressuscité pour nous? Moi je crois que les religions sont le carburant des guerres et l’opium du peuple. Quand la raison triomphera-t-elle ?

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