Le dialogue dans l’espace public

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Date: 8 août 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Dans son livre, « L’Espace public : archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise » le philosophe Jürgen Habermas fait une large place au concept d’espace public et propose une éthique de discussion qui se déroule entre un public rationnel. C’est la définition habermassienne de l’opinion publique. Concept central que j’ai longuement expliqué dans une série de billet sur ce blogue du 17 au 27 juillet dernier.

DialogueEn février dernier, à l’émission Tout le monde en parle avec l’animateur Guy A. Lepage, nous avons eu droit à la poursuite de la discussion sur les conséquences pour le Québec de l’attentat terroriste à la mosquée de Sainte-Foy à Québec avec trois femmes musulmanes qui, cette fois, ne représentaient pas le religieux. Nous avons eu droit à un échange sur le vivre-ensemble avec Rachida Azdouz, Nadia El-Mabrouk et Dalila Awada. Nous avons pu prendre la mesure d’une grande diversité de points de vue chez ces femmes qui partagent pourtant le même rêve : celui d’un Québec plus inclusif. Les échanges ont mis en évidence la stigmatisation de la communauté musulmane, dont on définit souvent les membres par leur pratique religieuse plutôt que comme travailleurs, Québécois et citoyens à part entière. Ils ont aussi permis de constater que la question du port du voile chez la femme musulmane faisait l’objet de vives controverses entre deux participantes.

Le temps de cet échange, nous avons pu voir dans un microcosme le débat qui divise la société québécoise sur la présence des signes religieux dans l’espace public. Un dossier très épineux. Cela explique pourquoi nos gouvernements ne sont pas encore passés à l’action pour régler la question. Ce n’est pas facile le dialogue interculturel. Les Québécois plus récemment arrivés prennent-ils la mesure pleinement de la volonté du Québec de la Révolution tranquille de rompre avec la religion après des centaines d’années sous l’emprise de l’Église catholique romaine? Pour notre part, nous les immigrants de plusieurs générations, les Québécois de souche, prenons-nous la mesure de l’impact de nos traumatismes anciens dans la vie de celles et ceux que nous accueillons?

Ce qui s’impose au Québec, c’est que le dialogue est important dans l’espace public pour mieux se connaître et mieux se comprendre. C’est pourquoi j’ai été particulièrement heureux le vendredi 10 février dernier d’aller à la rencontre d’une dizaine de jeunes leaders pour leur parler de l’importance de l’opinion publique dans l’émergence d’un dialogue fructueux sur le plan culturel. J’ai alors tenté de donner à ces jeunes leaders les clés essentielles pour comprendre la nature de l’opinion publique, les façons de l’influencer et les méthodes pour être efficace dans le choix des thèmes et des messages que l’on voudra partager dans l’espace public. Merci à Mohamed Soulami et à la chargée de projet Martine L’Heureux de m’avoir invité. Cela s’inscrit dans le cadre du projet Dialogue +. Une initiative menée conjointement par la Ville de Sherbrooke et l’Université de Sherbrooke et qui vise notamment à mener des actions basées sur le dialogue pour le bien-vivre ensemble auprès des jeunes et de la population. Ce projet est mené à bien par les bons soins d’Actions interculturelles.

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