Jean-François Rouleau tire sa révérence

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Date: 6 septembre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

C’est un homme un peu amer qui a annoncé lundi dernier son retrait de la vie politique municipale. Jean-François Rouleau a déclaré aux médias que la passion était toujours là, mais qu’il en avait assez du climat à l’hôtel de ville qui n’est que mesquinerie et partisanerie. Monsieur Rouleau en attribue la cause à la présence des partis politiques et à la mauvaise foi du maire actuel, monsieur Bernard Sévigny.

Il est paradoxal qu’un homme avec autant d’expérience politique se sente obligé d’abandonner sa passion parce qu’il se dit incapable de vivre dans un climat politique partisan. Pourtant, monsieur Rouleau est un politicien expérimenté qui n’a jamais fait preuve de timidité lorsqu’il devait être partisan. Si monsieur Rouleau était si convaincu que l’actuel maire de Sherbrooke et les membres de son équipe du Renouveau sherbrookois sont une tare pour l’avenir de notre ville, pourquoi alors n’a-t-il pas présenté sa candidature à la mairie? De toutes les personnalités sherbrookoises, il compte parmi celles qui seraient en mesure de faire une lutte sérieuse au maire actuel.

Quoi qu’il en soit, Jean-François Rouleau a siégé pendant 27 ans à titre de conseiller à la Ville de Sherbrooke. Il a été un joueur de premier plan dans plusieurs dossiers importants de notre ville au cours de ces années. Les Jeux du Canada, le bicentenaire de la Ville de Sherbrooke et surtout il a été un représentant actif dans la défense des intérêts des gens de son quartier. Il faut souligner tout le travail réalisé par Jean-François Rouleau dans le dossier concernant les problèmes liés à la présence d’étudiantes et d’étudiants de l’Université de Sherbrooke dans son quartier. Que ce soit les questions de transport en commun ou de la tranquillité dans son quartier, monsieur Rouleau a toujours été à la recherche de solutions gagnantes pour toutes les parties impliquées.

Par ailleurs, Jean-François Rouleau était une des voix les plus critiques et les plus articulées du présent conseil municipal. Ses interventions souvent habiles ont eu le don de mettre ses adversaires du moment dans leurs petits souliers. Le conseiller du quartier université avait aussi le don de faire des critiques incisives qui étaient entendues par les citoyennes et les citoyens de notre ville.

Monsieur Rouleau part cependant avec une certaine amertume et en cherchant à faire un coup d’éclat pour promouvoir la thèse que les partis politiques sont une forme de cancer de la démocratie municipale. Nombreux seront celles et ceux qui donneront écho à cette idée, mais ce qui demeure une énigme pour moi c’est que cette idée de parti si mauvaise pour nous semble par ailleurs bien fonctionné ailleurs comme à Montréal et à Québec. Devrait-il y avoir deux vitesses de démocratie au Québec sur la scène municipale, la démocratie de la Capitale nationale et de la Métropole et celle des autres villes?

Monsieur Rouleau les Sherbrookoises et Sherbrookois vous doivent toute leur reconnaissance et leur estime pour le travail que vous avez fait au service du public au cours des vingt-sept dernières années. Votre passage à l’hôtel de ville aura été marquant et de cela vous devez en être fier.

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