Louka et l’opinion publique

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Date: 18 septembre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Nous avons tous retenu notre respiration durant la folle calvacade du présumé meurtrier de madame Véronique Barbe, Ugo Fredette. C’est que ce présumé meurtrier avait aussi enlevé son propre fils, Louka Fredette et s’est enfui avec lui avant d’être arrêté en Ontario par les forces de sécurité de cette province voisine du Québec.

La couverture des médias n’en avait que pour cette affaire surtout qu’il y avait eu le déclenchement d’une enquête AMBER afin de retrouver le jeune garçon. Dans le sous-texte de cet événement surmédiatisé, nous avons tous craint pour la sécurité de l’enfant. Enlevé par son père, le présumé meurtrier de sa mère, le petit Louka survivra-t-il à la fuite d’Ugo Bradette?

Cette fois, il y a eu un dénouement moins malheureux de cette énième affaire de drames conjugaux avec violence. La mère a été assassinée, mais le fiston a eu la vie sauve. Déjà, les médias qui n’en manquent pas une pour nous faire vivre le drame de l’intérieur ont deux histoires secondaires qui continuent à susciter l’intérêt.

Il y a d’abord la disparition d’un septuagénaire, Yvon Lacasse. Le propriétaire de la voiture probablement volée par Ugo Fredette pour poursuivre sa cavale. Pour le moment, nous sommes dans l’ignorance quant au sort qui a été réservé à ce monsieur. On peut s’attendre au pire. Ugo Fredette a eu besoin de son véhicule. Deux hypothèses sont possibles : où monsieur Lacasse est disparu parce qu’il a résisté à Fredette où il le connaissait et il l’a aidé dans sa fuite. Dans les deux cas, il y aura des rebondissements dans l’histoire.

Puis, il y a l’avenir de l’enfant, de Louka. Déjà, les médias interrogent des psychologues pour mesurer les conséquences de ces événements dans la vie du petit Louka. Je trouve cela un peu indécent pour ma part. Du voyeurisme. On pourrait laisser ce jeune enfant vivre sa vie déjà fortement amochée par un père indigne de lui plutôt que d’y aller de spéculations sur son avenir et des blessures qu’il a subies. Pas besoin d’être fin psychologue pour comprendre que la vie de cet enfant sera bouleversée. Une chance qu’il semble entouré d’une famille qui éprouve plein d’amour pour lui.

Bref, si la cavale d’Ugo Fredette était d’intérêt public pour le retrouver et retrouver le petit Louka, il m’apparaît moins évident qu’il est d’intérêt public de lire et d’entendre des reportages sur l’avenir de Louka. Ce que vit cet enfant est bien assez pénible sans que nous devions ajouter à son malheur par une couverture médiatique malsaine et intrusive.

C’est, me semble-t-il, le prix à payer pour donner dans la « spectacularisation ambiante des médias » et par la recherche de cotes d’écoute et de course au plus grand tirage. Ce n’est pas du grand journalisme et c’est déplorable que l’on jette ainsi le petit Louka et sa peine dans la gueule d’une opinion publique avide d’émotion et de spectacularisation.

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