Achat local, politicaillerie et espace public

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Date: 2 octobre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

La semaine dernière, on a pu lire sur les médias sociaux de nombreux échanges partisans entre les gens du Renouveau Sherbrookois et Sherbrooke Citoyen sur divers sujets. C’est dire que la campagne électorale est bel et bien commencée. Une anecdote a particulièrement retenu mon attention : c’est le fait que le parti Sherbrooke Citoyen a fait imprimer ses affiches électorales à Laval et cette information a circulé la même semaine où l’on a dévoilé un engagement électoral à la faveur de l’achat local.

Bien entendu, ce fait a été noté par le candidat du Renouveau Sherbrookois, Vincent Boutin. Un bon coup qui montre les contradictions de ses adversaires. Le président de Sherbrooke Citoyen a justifié la décision de faire affaire avec une firme de Laval par le fait que c’était un achat en groupe et qu’une partie des sommes payées allait à la ligue d’Action civique qui est en fait un organisme sans but lucratif regroupant des citoyennes et des citoyens de diverses allégeances pour promouvoir la transparence, la participation citoyenne et la lutte contre la corruption. Cause noble et qui rejoint les valeurs promues par Sherbrooke Citoyen. Néanmoins, comme je l’écrivais à quelqu’un sur Facebook, ce n’est pas une raison suffisante pour aller à l’encontre d’un principe aussi fondamental pour ce parti que l’achat local. On aurait bien pu faire un don en argent d’une somme équivalente à l’organisme en question et négocier à l’avenant un prix concurrentiel pour l’impression de ces affiches. Mais bref, cette situation est anecdotique même si cela révèle que ce n’est pas toujours facile de faire passer le test de la réalité à ses convictions en tout lieu et en toutes circonstances.

Dans le même registre, on a reproché chez Sherbrooke Citoyen au maire sortant de recycler de vieilles promesses en promettant une plus grande participation citoyenne. On fait semblant d’oublier qu’en 2009, j’y étais, le Renouveau Sherbrookois n’avait que trois élus et un maire, c’était difficile d’appliquer son programme puisqu’une forte majorité des conseillers n’y étaient pas particulièrement favorables. Cela ne signifie pas que l’on ne peut critiquer d’autres aspects plus importants comme l’engagement qu’avait pris le maire actuel de ne faire que deux mandats ou celui d’avoir finalement modifié le schéma d’aménagement de la Ville de Sherbrooke pour agrandir le périmètre du Plateau Saint-Joseph et ainsi y permettre la venue de Costco.

Tout cela pour dire qu’au terme d’une première semaine de campagne électorale, les propos volent parfois bas de part et d’autre. La population pourrait s’attendre à plus de cette campagne électorale qui se doit d’être un débat d’idées. Par exemple, l’idée de ne plus donner de congés de taxes à de grandes entreprises pour les remplacer par un fonds de capital de risque à de petites entreprises. Est-ce à dire que l’on tournerait le dos à des Soprema, Kruger, Cooper et Sherweb?

Il y a aussi cette autre idée promue par le candidat indépendant Lussier de développer la ville en fonction de son carnet d’adresses et où le maire jouerait un rôle prépondérant dans la prospection de nouvelles entreprises. On se croirait au temps du maire Jean-Paul Pelletier.

Bref, il y a place pour des débats d’idées plus novatrices dans cette campagne qui s’amorce. C’est ce que je nous souhaite à nous citoyennes et citoyens de Sherbrooke.

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