Qu’est-ce qu’une ville?

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Date: 23 novembre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Le rôle des partis politiques municipaux et l’opinion publique

Pour faire écho à l’opinion publiée dans le quotidien La Tribune par Philip Bastarache hier, je publie à nouveau ici sous forme de billets des extraits significatifs d’une chronique que j’avais signée dans le journal Internet EstriePlus le 24 mai dernier. J’y discute alors de la place des partis politiques dans la dynamique de notre vie démocratique municipale.

Photo La TribunePhoto La Tribune

En voici les extraits jugés les plus pertinents :

« Pour les tenants d’une contribution fiscale minimaliste, une ville est là pour entretenir nos rues, assurer la sécurité des citoyens et voir à gérer la collecte des matières recyclables et compostables. Dans cette vision, tous les investissements pour des équipements collectifs culturels ou sportifs devraient être laissés au privé. Si le privé ne voit pas d’avantages pécuniaires à offrir un service c’est que le besoin n’est pas là. Cette façon de voir le monde du tout au privé n’est pas largement partagée par la population. Cette vision néo-libérale de la ville est partie intégrante au débat. C’est une vision dépolitisée de la ville et qui a son Dieu : le marché et son prophète : le privé.

Il y a aussi la vision technocrate moderne, avatar d’une gouvernance néo-libérale plus timide que l’idéologie du tout au marché. Cette vision s’appuie sur une approche managériale.

Dans son traité de municipalisme, le professeur Jonathan Durand Folco écrit : “Le discours sur la gouvernance urbaine, avec son approche managériale, ses parties prenantes privées, publiques et associatives, professe évidemment le dialogue, la co-construction et la collaboration. Or, cette ‘nouvelle raison du monde’, qui apparaît comme une façon créative, flexible et dynamique de gouverner la ville, reproduit dans les faits les rapports de domination des élites économiques et politiques qui continuent de décider largement des grandes orientations du développement urbain. La ville se présente au commun des mortels comme une administration gérée par les autres, par une minorité d’experts, d’urbanistes et de gens ‘compétents’ qui devraient prendre en charge la gestion et le pilotage des processus complexes de l’administration municipale.” (Jonathan Durand Folco, À nous la ville! Traité de municipalisme, Montréal, Écosociété, 2017, p. 10).

On reconnait bien notre ville dans cette description.

Enfin, il y a une autre vision possible. Celle de la refondation de la ville comme lieu de transformation sociale et politique. Une approche qui se distancie de l’approche néo-libérale du tout au marché et au privé et de l’approche managériale d’experts et de co-construction sociale.

Faire de notre ville une véritable communauté politique c’est faire le choix d’un projet d’émancipation où les citoyens seront au cœur de cette résurrection de la ville comme espace politique et comme vecteur d’une transformation démocratique de la vie sociale, culturelle, politique et économique de Sherbrooke.

La fondation d’un parti politique comme Sherbrooke citoyen est une occasion supplémentaire de débat quant à l’avenir de notre ville. Reste à voir si ce parti sera capable de porter une vision nouvelle pour notre ville qui s’inscrira en rupture avec les visions néo-libérales du tout au marché et au privé ou encore de l’approche managériale de co-construction sociale dominée par les experts. La présence dans cette élection d’une candidate comme madame Hélène Pigot, issue de la mouvance de Québec solidaire, devrait permettre de choisir entre ces options fort différentes de l’avenir de notre ville. »

Comme nous avons pu le voir, cela a rejoint 20 % de la population. Ajouté aux voix du Renouveau Sherbrookois, on ne peut conclure que la population de Sherbrooke est contre l’existence de partis politiques même si elle a choisi des candidats dits indépendants comme élus.

À l’issue de cette élection, Sherbrooke est devenue un peu plus une communauté politique si l’on en croit les résultats du scrutin. Les partis politiques sont là pour de bon. Je crois que le plus important c’est de penser Sherbrooke comme une communauté politique…

Une réponse à Qu’est-ce qu’une ville?

  1. Jean Beaudin dit :

    Ce matin M. Boutin confirme que RS restera mais qu’il ya un flottement dans la direction du parti politique de RS ce qui explique clairement pourquoi il n’a pas demandé le statut de conseiller désigné pour représenter RS. Le maire Lussier a lui besoin de 8 votes au Conseil. S’il prend ses votes chez les “dits indépendants” avec en plus RS et SC, alors il aura une grande légitimité et il restera au moins 8 ans. Sinon, il copiera Coderre…ou plus précisément Sévigny dans sa tentative de 12 ans.

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