Le sursaut de l’Alabama

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Date: 15 décembre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Mardi dernier, plusieurs observateurs en étaient profondément vaincus, les Américains qui habitent l’Alabama étaient pour élire, contre toutes attentes, le républicain Roy Moore au Sénat. L’État de l’Alabama élit des républicains depuis 1992. C’est un État qui a donné une avance de plus de 28 % au président Trump lors de la dernière élection présidentielle. Il est clair que le candidat républicain aurait été élu et cela n’avait pas été du profil de Roy Moore.

Roy Moore n’est pas un candidat commun. Il s’est fait connaître pour ses positions d’extrême droite et profondément religieuses. Or, ce même homme a été accusé pendant la campagne électorale d’avoir harcelé et agressé sexuellement de jeunes femmes et même de jeunes filles qui n’étaient pas majeures.

Le président Trump a quand même donné son appui à ce candidat en dépit des faits graves qui étaient allégués contre lui. Roy Moore a aussi reçu l’appui de l’ancien stratège du trumpisme à la Maison-Blanche et âme de la publication d’extrême droite BreitBart, Steve Bannon. De nombreux républicains avaient, parmi les modérés de ce parti, exprimé de fortes réserves devant la candidature de cet homme réputé aimer les jeunes filles, et ce, sans leur consentement, si l’on se fie aux allégations.

Le Parti républicain et le président Trump ont fait un pacte avec le diable de type faustien comme l’a commenté Élizabeth Vallet dans Le Devoir : « Ce faisant, l’Alabama n’est plus un État à deux partis, mais à deux factions, où s’affrontent un populisme identitaire sudiste (Moore, dans la foulée de Wallace) et un conservatisme classique (Strange et le RNC) d’où les démocrates sont absents. Mais il incarne aussi l’archétype d’une politique tribale, où l’adhésion à un système de valeurs prévaut sur toute autre considération : mieux vaut, pour une majorité de républicains de l’Alabama, voter pour un républicain chrétien comme Moore — fût-il prédateur sexuel — plutôt que pour un démocrate. Et le Parti républicain national (RNC) n’a pas su éviter l’écueil, revenant sur son désaveu pour finalement soutenir Moore, concluant un pacte faustien qui pourrait lui coûter cher dans un an, aux élections de mi-mandat. »

Devant l’enjeu de cette élection, l’importance pour Trump et les républicains de conserver leur mince majorité de deux sièges au Sénat, Trump a fait le choix d’appuyer de toute son aura présidentiel le candidat Roy Moore. Il a perdu son pari et c’est le démocrate Doug Jones qui a remporté l’élection au Sénat en Alabama. Ce qui ressort le plus de cela c’est que les électeurs républicains n’ont pas élu un homme comme Roy Moore malgré l’appui de Trump. Ça ne signifie pas la fin du trumpisme, mais on peut garder espoir en l’Amérique. Des sursauts sont toujours possibles des électeurs de ce grand pays…

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