Quand la jeunesse influence l’opinion publique

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Date: 26 mars 2018
Auteur: Daniel Nadeau

Plus de 800 000 manifestantes et manifestants s’étaient donné rendez-vous dans les rues de Washington dans le cadre de la marche pour la vie «March for Our Lives» de la jeunesse américaine qui venait ainsi rappeler les drames des fusillades et l’absence totale de la volonté de la classe politique américaine de légiférer sur le contrôle et la possession des armes à feu.

Comme vous le savez, il n’est pas vraiment question de contrôler les armes à feu comme nous l’avons fait au Canada avec un registre d’armes à feu, mais tout simplement d’interdire des armes d’assaut de type militaires. Ici, il est plutôt question de la prédominance de la présence du lobby puissant des armes à feu aux États-Unis, la National Rifle Association (NRA), et de l’attachement maladif de nos voisins américains à leur droit constitutionnel de posséder une arme à feu.

Depuis la dernière tuerie dans une école en Floride, il y a quelque chose qui semble se passer aux États-Unis et dont témoignent les manifestations de plus en plus nombreuses, dont celle de samedi dernier à Washington de la jeunesse américaine. Assister ainsi au réveil de la jeunesse américaine qui descend à nouveau dans les rues suscite l’espoir dans cette société. Un espoir qui n’a jamais semblé aussi vain depuis l’élection de Donald Trump à la présidence américaine.

La jeunesse américaine bat le pavé en dénonçant les armes à feu et en rappelant qu’ils vont voter en 2020. Ils réclament le droit d’aller à l’école sans craindre pour leurs vies et menacent ouvertement les membres du Congrès et du Sénat américain qu’ils payeront dans les urnes leur proximité avec le lobby de la NRA.

Nous, leurs voisins du Nord, pouvons néanmoins conserver une attitude plutôt sceptique devant ces manifestations et son dénouement probable tant le lobby de la NRA est puissant. Il faut cependant rappeler pour revigorer l’espoir que lorsque la jeunesse descend dans la rue, cela donne des résultats significatifs. La jeunesse a le temps pour elle et elle est capable de faire bouger le curseur de l’opinion publique américaine.

Si vous voulez en être convaincu, je vous invite à lire le dernier grand roman du romancier américain, Paul Auster, 4321, un roman magistral. (Paul Auster, 4321, New York, Harry Holt and Company, 2017, 1019 p.) Le plus achevé de l’œuvre de Paul Auster. Roman qui est paru en 2017 chez Henry Holt et qui a été traduit en français chez Actes Sud et Leméac en 2018. Un bouquin qui fait plus de 1000 pages et qui raconte la trajectoire d’un personnage new-yorkais, Ferguson, dans quatre trajectoires différentes de l’histoire américaine des fifties et des sixties. Une traversée de l’histoire américaine où l’on peut assister en toile de fond à la montée du mouvement des droits civiques ainsi qu’à la lutte de la jeunesse américaine contre la guerre du Vietnam. Un récit qui rappelle toute la force de la jeunesse au milieu du 20e siècle. De quoi donner de l’espoir à celles et ceux qui marchent pour leurs vies ces jours-ci dans les rues des grandes villes américaines.

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