Vincent Marissal chez Québec solidaire

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Date: 3 avril 2018
Auteur: Daniel Nadeau

Ce sera sans doute la nouvelle du jour aujourd’hui. L’arrivée de Vincent Marissal chez les solidaires est à n’en point douter un excellent coup publicitaire pour les troupes de Manon Massé, la co-chef et aspirante premier ministre. Au-delà du nom Marissal, il y a dans cette nouvelle en concentré tout ce qui résume la vie politique québécoise contemporaine.

Voyez par vous-même. Une personnalité largement connue du monde journalistique. Un personnage au destin tragique. Forte personnalité du monde du commentaire politique, il perd son poste à La Presse pour des raisons obscures et atterri dans le monde des relations publiques chez TACT. Des sources généralement fiables m’ont glissé à l’oreille que Vincent Marissal avait du mal à s’y faire dans sa nouvelle vie. Vendre des services en restant dans l’ombre est fort différent que de pérorer sur les travers des autres et briller sous le feu des caméras. Bref, le Marissal était fin prêt pour de nouveaux défis. La politique comme véhicule pour briller. De quoi alimenter le cynisme ambiant et cela même si c’est pour un parti sans réelle chance de former un gouvernement.

Commentateur politique, Vincent Marissal n’a jamais hésité à dire tout le mal qu’il pensait des stratégies des souverainistes et tout particulièrement du Parti québécois. À maintes reprises, il nous a dit fermement convaincu que la souveraineté n’était plus à l’ordre du jour. Ce vieil idéal ne rencontrait plus les aspirations d’une jeunesse qui ne se reconnaissait pas dans ce vieux débat querelleur entre le Québec et le Canada. C’était ses mots. « Dans une entrevue accordée à Terence McKenna à l’émission The National, diffusée à CBC en novembre 2016, Vincent Marissal avait affirmé que même des changements d’approche radicaux ne pourraient raviver le désir d’un autre référendum au Québec. »

Qui plus est, il ajoutait dans la même entrevue : « Il n’y a plus d’appétit pour ça [la souveraineté]. Nous avons passé à travers deux référendums, c’est une chose très émotive à faire. Nous l’avons fait deux fois et, les deux fois, le camp du “non” a gagné. Je pense que nous n’avons pas l’énergie pour traverser cela à nouveau et refaire ce débat. Et l’enjeu principal, pour le PQ, est que les jeunes ont tourné le dos à la souveraineté. » Est-ce dire qu’aujourd’hui, des événements qui sont passés inaperçus aux yeux de tous les commentateurs politiques ont été vus et analysés par l’intelligence vive de Vincent Marissal et l’ont amené à changer son point de vue sur une question aussi fondamentale? Vire-capot ou comploteur au service des puissants pour anéantir le Parti québécois, voilà ce que les gens mal intentionnés vont diffuser et répandre dans les médias sociaux.

Enfin, monsieur Marissal se prête au jeu de la lutte finale entre le Parti québécois et Québec solidaire. Quelle inimitié entre ces deux formations politiques souverainistes de centre gauche et de gauche! Elles se combattent comme si elles étaient les pires ennemies. C’est troublant d’assister à cela même pour un fédéraliste. Monsieur Marissal en prenant parti dans le combat sans merci entre Québec solidaire et le Parti québécois et en jouant un rôle s’apparentant à celui de Brutus dans la pièce Jules César de Shakespeare. Chose certaine, nous serons tout ouïe pour entendre demain les explications de monsieur Vincent Marissal pour son choix d’être candidat de Québec solidaire dans Rosemont contre le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée. Si je ne veux pas remettre en cause ses profondes convictions d’homme de gauche, je puis quand même rappeler que même les meilleurs interprètes de Brutus dans la pièce Jules César ne sont jamais ceux qui sont acclamés par le public lors de la tombée du rideau.

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