Mariage royal pour les patriotes

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Date: 21 mai 2018
Auteur: Daniel Nadeau

Les médias nous offrent parfois d’amusants spectacles comme ce mariage du prince Harry, fils imprévisible de Charles et de Lady Di, avec la roturière et actrice américaine, Meghan Markle. Ayant été par le passé un amateur de la série américaine Suits, j’avais succombé aux charmes et à la beauté de la belle Rachel Zane.

Il est quand même étonnant qu’au Québec, nos médias consacrent autant d’espaces à un mariage royal. Qui plus est, le long weekend de la fête des Patriotes. Jamais les choix n’auraient été aussi clairs pour les Québécois. S’intéresser aux ruines d’un régime monarchique qui nous a un jour conquis ou célébrer nos patriotes dont plusieurs ont été pendus haut et court pour avoir trahi la couronne britannique en ayant voulu faire valoir les droits des Canadiens de l’époque. Quand même curieux cet intérêt pour le mariage du mauvais garçon et de la roturière.

Cela en dit long sur notre époque. Le goût du spectacle, la perte de repère identitaire, le besoin de se réfugier dans des institutions qui sont rassurantes pour nous comme le sont les films de Walt Disney pour les familles. Celles et ceux qui militent pour l’instauration d’une république québécoise comme cette pauvre Martine Ouellet doivent être bien désemparés par nos comportements collectifs par les temps qui courent. S’il est vrai que le choix des médias de donner de la visibilité à un événement comme ce mariage royal est leur choix, il n’en demeure pas moins que les médias font des choix en lien avec les auditoires qu’ils pensent rejoindre par les produits qu’ils mettent à la disposition de leur public.

Il est aussi étonnant de voir cette tradition monarchique se maintenir au Canada alors que nous avons cru bon de rapatrier notre constitution canadienne en 1982, mais en conservant nos liens avec la monarchie.

Quoi qu’il en soit, il ne faut pas attribuer trop d’importance aux phénomènes qui n’en ont pas. Je crois que l’accent mis sur le mariage royal est beaucoup plus attribuable à son caractère spectaculaire et au fait qu’il mettait en scène un bad boy, fils d’une mère célèbre et d’une roturière, actrice à Hollywood. Tous les ingrédients pour donner un caractère spectaculaire à une vieille institution qui continue à rassurer celles et ceux qui s’inquiètent de la fulgurance de notre époque.

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