L’affront Macron

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Date: 31 mai 2018
Auteur: Daniel Nadeau

Les relations entre le Québec et la France n’ont pas toujours été une promenade dans un jardin de roses ni un long fleuve tranquille. Après la conquête où la France nous a abandonné aux Anglais sous les conseils de Voltaire qui comparait le Québec à « quelques arpents de neige », il aura fallu la venue de la Capricieuse pour rétablir des liens avec la France.

Plus près de nous, on se souviendra de la tonitruante déclaration du président de Gaulle « Vive le Québec libre » qui avait dégénéré en relations diplomatiques houleuses entre le gouvernement libéral de Lester B. Pearson et le gouvernement de la France. Il y a eu aussi l’épisode de la « non-ingérence et de la non-indifférence », mais cela s’est refroidi avec la présidence de François Mitterrand qui ne portait pas le nationalisme et les nationalistes en très haute estime. Le président Sarkozy était pour sa part plus près de la famille Desmarais que du Québec et il ne s’est pas gêné pour nous le faire savoir.

Sous la présidence de François Hollande, les relations sont redevenues plus chaleureuses, mais cela ne tient pas avec l’actuel président Macron,cet homme de l’Europe qui semble partager les convictions de Justin Trudeau sur les particularismes et le nationalisme qu’il assimile à une vulgate de la droite. N’empêche que les relations du Québec avec la France sont uniques, mais la décision du président Macron de nous faire faux bond alors que nous l’avions invité à prendre la parole devant notre Assemblée nationale est un véritable affront au Québec. Par cette décision, Emmanuel Macron nous dit le peu d’estime et d’intérêt qu’il porte au Québec et à l’avenir de la seule nation francophone en Amérique. Cet affront révèle l’échec de la diplomatie québécoise de Christine Saint-Pierre et de Lyne Beauchamp.

Les relations du Québec avec la France demeureront solides, car des liens trop étroits existent entre nos deux sociétés, mais il faut quand même s’inquiéter du peu d’intérêt du président français pour notre parlement et notre Assemblée nationale. Plus que jamais, le geste du président français est une gifle à nos prétentions internationales et il démontre que la France n’est pas la fidèle alliée que nous prétendons qu’elle est dans nos élans de fraternité internationale. Les petits cousins ont le droit de se rebiffer quand on l’humilie. Emmanuel Macron a manqué une belle occasion de nous charmer. Il devrait savoir que notre devise est : « Je me souviens ». Nous ne devons pas oublier cet affront à notre Assemblée nationale.

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