Des images percutantes qui mobilisent l’opinion publique

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Date: 21 juin 2018
Auteur: Daniel Nadeau

L’opinion publique est une bien drôle de bête. Rien ne l’excite plus que des images percutantes. Depuis son élection à la présidence des États-Unis, Donald Trump, a multiplié les gestes odieux envers les immigrants, les migrants et de manière générale tous les ressortissants de son pays qui n’appartiennent pas à la race blanche américaine.

Il aura fallu des images d’enfants pleurant la séparation avec leurs parents pour que ce président soit obligé de reculer et de signer un décret afin de ne pas permettre que l’on sépare les enfants de leurs parents dans l’avenir. On ne sait si c’est la mobilisation d’une bonne partie de l’opinion publique américaine ou celle de sa fille Ivanka qui l’a amené à cette nouvelle sagesse, mais chose certaine ce n’est pas la réprobation de l’opinion publique internationale à laquelle il est imperméable.

Donald Trump est en voie de détruire jour après jour l’ordre libéral américain que les États-Unis ont patiemment tissé dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale. Il aura fallu quelques photos pour que Trump se sente obligé de bouger sur le sort de ces enfants. Pourtant, son crime le plus grand est celui de détruire notre monde. Et cela est loin d’être terminé.

Cela m’amène à vous citer le philosophe français Alain qui a écrit sur l’opinion publique. Cela devrait susciter vos réflexions. Le philosophe Alain écrivait : « Chacun a pu remarquer, au sujet des opinions communes, que chacun les subit et que personne ne les forme. Un citoyen, même avisé et énergique quand il n’a à conduire que son propre destin, en vient naturellement et par une espèce de sagesse à rechercher quelle est l’opinion dominante au sujet des affaires publiques. Car, se dit-il, comme je n’ai ni la prétention ni le pouvoir de gouverner à moi tout seul, il faut que je m’attende à être conduit; à faire ce qu’on fera, à penser ce qu’on pensera. Remarquez que tous raisonnent de même, et de bonne foi. Chacun a bien peut-être une opinion; mais c’est à peine s’il se la formule à lui-même; il rougit à la seule pensée qu’il pourrait être seul de son avis. Le voilà donc qui honnêtement écoute les orateurs, lit les journaux, enfin se met à la recherche de cet être fantastique que l’on appelle l’opinion publique. “La question n’est pas de savoir si je veux ou non faire la guerre, mais si le pays veut ou non faire la guerre.” Il interroge donc le pays. Et tous les citoyens interrogent le pays au lieu de s’interroger eux-mêmes. »

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