Ah les foutues images!

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Date: 27 septembre 2018
Auteur: Daniel Nadeau

On dit qu’une image vaut mille mots. En cette époque où nous sommes constamment sous le regard des autres, les médias s’intéressent beaucoup aux images. Pendant les reportages sur la présente campagne électorale au Québec, combien de fois avons-nous entendu qu’il fallait décoder le non verbal pour mieux comprendre le sens des propos de l’un ou l’autre des protagonistes impliqués dans cette campagne?

Décoder les images c’était l’objectif de Servanne Monjour qui vient de publier aux Presses de l’Université de Montréal un livre intitulé : Mythologies post photographiques. L’invention littéraire de l’image numérique. Dans ce livre, l’auteure analyse les mutations fascinantes des technologies pour mieux comprendre les pratiques photographiques contemporaines ainsi que les discours liés aux images qui peuplent nos vies contemporaines.

Ce qu’il faut retenir de cet essai savant c’est que : « S’il est vrai qu’il existe un rapport analogique historique entre voir et savoir, il faut souligner combien l’idée du voir est elle-même le résultat d’une construction médiatique les différents médias n’ont en effet cessé d’exercer et de révéler nos sens… La réflexion qui s’achève ici ne saurait relever en effet d’une discipline précise et s’inscrit au croisement de plusieurs champs de recherche : photolittérature, intermédialité, archéologie des médias et humanités numériques. Défendre une telle approche tient parfois de l’exercice d’équilibriste… Or, il apparaît plus que jamais essentiel de créer des espaces de dialogue et d’échanges interdisciplinaires afin de garantir la construction et la maîtrise de notre culture numérique par le plus grand nombre. Quoi de mieux en effet, pour lutter contre les prophéties dystopiques, que de créer ensemble nos propres utopies? » (Servanne Monjour, Mythologies post photographiques. L’invention littéraire de l’image numérique, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2018, p. 227 [coll.  Parcours numérique]).

On ne peut qu’être interpellé par les commentaires entendus dans les médias au sujet de la rencontre furtive de notre premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et du président américain Donald Trump aux assises de l’Organisation des Nations Unies à New York. Dans ce moment qui dure un instant, on y voit Trump plongé dans la lecture de son discours, qu’il devait livrer quelques minutes plus tard et notre Justin qui vient le saluer. On comprend que Justin Trudeau n’arrive pas au bon moment et Trump est largement indifférent à sa présence. Les commentaires qui suivent des commentateurs politiques c’est de tirer des conclusions hâtives à mon sens sur la qualité des relations entre nos deux pays. On peut convenir qu’il n’a pas d’amour perdu, entre les deux hommes, surtout depuis le dernier sommet du G7 en Charlevoix, mais de là à tirer des conclusions pareilles il y a une marge à ne pas franchir.

Au fond, ce que nous soutenons c’est que nous devons autant nous méfier des gens qui font parler des images que ceux qui cherchent à faire parler les morts comme Manon Massé qui s’est dite hier l’héritière de René Lévesque. Connaissant le mépris de René Lévesque pour les groupes d’extrême gauche, on peut relativiser les propos de madame Massé.

Méfions-nous des interprètes des images…

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