La voracité des entreprises mondialisées

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Date: 28 novembre 2018
Auteur: Daniel Nadeau

L’annonce de la fermeture de l’usine de GM à Oshawa et la perte de 2500 emplois a causé beaucoup d’émoi au Canada. Le premier ministre Justin Trudeau a plaidé pour l’appui de son gouvernement aux travailleuses et aux travailleurs touchés en Ontario. Pour l’occasion, on a eu même droit à une trêve entre le premier ministre ontarien conservateur Doug Ford et le premier ministre Trudeau. Il faut dire que l’heure est grave. L’industrie de l’automobile ontarienne est un puissant moteur pour son économie. Le choc sera brutal. L’usine d’Oshawa assemble plusieurs modèles, dont le GMC Sierra et le Chevrolet Silverado.

GM a au total annoncé qu’elle supprimera pas moins de 15 % de sa main-d’œuvre à l’échelle planétaire. Les usines de Detroit au Michigan, Warren en Ohio, Baltimore au Maryland et Warren au Michigan vont aussi fermer leurs portes. Deux autres fermetures sont prévues l’an prochain, mais GM n’a pas précisé à quel endroit.

La restructuration permettra à cette entreprise d’économiser environ six milliards de dollars d’ici 2020. Cette décision fait mal paraître les gouvernements, tant américain que canadien, qui avaient consenti des aides financières majeures il y à peine 10 ans pour éviter la faillite à GM. Au Canada, on parle de près de 10 milliards de dollars alors qu’aux États-Unis c’est de 50 milliards dont il faut parler. Beaucoup d’argent pour sauver des emplois qui aujourd’hui sont supprimés au nom de la rentabilité et des avoirs des actionnaires.

Il faut aussi mettre en perspective que l’industrie automobile en en pleine restructuration et que cette industrie jadis prospère fait aujourd’hui figure de dinosaures dans un monde qui cherche à se défaire de son empreinte de carbone. L’idée même de se véhiculer pour nos déplacements dans des engins individuels est remise en question dans les cercles écolos. Faut-il se surprendre alors que dans un tel contexte les dirigeants de ces entreprises désinvestissent massivement dans leurs vieilles unités de production peu ou mal adaptées aux horizons d’attente du 21e siècle ?

Ce qu’il faudrait retenir c’est que les grandes entreprises mondialisées sont voraces et qu’importent leurs racines nationales, elles n’ont qu’une loi qui guide leurs actions : celle du profit. La vraie question qu’il faut poser à nos gouvernements est la suivante : ne devrait-on pas dans l’avenir refuser toute aide financière à ces grandes compagnies mondialisées et plutôt soutenir avec les fonds publics les industries émergentes ?

Les grandes multinationales n’ont que des intérêts financiers et elles n’ont rien à faire des besoins des travailleuses et des travailleurs, ni des régions où elles œuvrent. Que l’on se le tienne pour dit !

Ottawa et Toronto avaient consenti une somme de plus de 10 G$ pour venir à la rescousse de GM lors de la crise économique de 2008.

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