Mauvaise semaine au bureau pour Legault

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Date: 8 février 2019
Auteur: Daniel Nadeau

En cette période de rentrée parlementaire à Québec, le nouveau premier ministre issu de la Coalition avenir Québec (CAQ) doit trouver que la semaine a été particulièrement pénible au bureau. Toute la semaine, la Coalition avenir Québec a fait les manchettes pour les mauvaises raisons venant ainsi user prématurément son précieux bénéfice politique. On peut penser que la lune de miel que vivaient François Legault et son gouvernement est bel et bien terminée.

Cela commence avec une déclaration malheureuse du ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, au sujet du congédiement de l’agronome Pierre Robert. Congédiement justifié ou non, la protectrice du citoyen nous le dira bientôt, les explications du ministre Lamontagne ont plutôt jeté la confusion qu’autre chose. Il est devenu une cible facile pour l’opposition. Cela se complexifie du fait que la recherche dans le domaine des pesticides, entre autres, est complètement sous la coupe de l’entreprise privée. Cela est contraire à tous les usages en matière d’indépendance entre la recherche scientifique et les puissants intérêts privés. Cela est vécu sur une base quotidienne par toutes les universités et elles s’en tirent mieux que ce centre de recherche privé. Un peu surréaliste comme situation.

S’il n’y avait que cela. La nouvelle ministre à la Condition féminine, Isabelle Charest, a fait une déclaration malheureuse concernant le port du hijab par les femmes. Dire que c’est un signe d’oppression sans nuancer n’était pas la trouvaille du siècle. Ce qu’il y a de plus inquiétant c’est les relents de populisme d’une telle déclaration au moment où le gouvernement Legault souhaite légiférer sur le port des signes religieux pour les personnes en situation d’autorité. Défendre la laïcité est une bonne chose pour le Québec, mais défendre une vision de laïcité qui s’assimile à de la catho-laïcité et en stigmatisant les femmes musulmanes n’apparait pas comme la trouvaille de l’année. Le gouvernement de la Coalition avenir Québec aurait avantage à réfléchir aux conséquences de ses déclarations avant de lancer des débats qui seront à coup sûr diviseurs.

Comme si cela n’était pas assez, le gouvernement Legault a rompu l’un de ses principaux engagements auprès de la population québécoise. Celui de mettre fin au film des nominations politiques. La nomination de la directrice adjointe au cabinet du premier ministre Legault, Catherine Loubier, au poste de déléguée générale du Québec à New York a marqué les esprits. Pas tant parce que madame Loubier n’a pas les compétences nécessaires, ni que le gouvernement nomme quelqu’un lié à la structure partisane pour un tel poste, c’est plutôt la norme dans l’histoire de tous les gouvernements du Québec. Ce qui fait jaser ici c’est la déclaration intempestive du chef de la CAQ, François Legault, lors du congrès de la CAQ en mai à Québec où il avait déclaré solennellement qu’avec un gouvernement de la CAQ les nominations partisanes étaient terminées. Comme le disaient certains commentateurs, c’est l’effet boomerang qui fait mal ici à l’image du gouvernement. Cela ne peut qu’affecter la confiance de la population envers son gouvernement qui dit une chose en campagne et qui en fait une autre une fois parvenu au pouvoir. Le scepticisme ne peut que croître. Ce qui augure mal pour la suite des choses.

Pour finir, la Caisse de dépôt et placement du Québec est au cœur d’une tourmente concernant l’une de ses filiales dans le secteur immobilier. Les enquêtes du bureau de Québecor Média sont susceptibles de faire mal à l’image de notre bas de laine et le gouvernement doit être attentif s’il ne veut pas être emporté dans un tourbillon de cynisme. La Caisse de dépôt a promis d’agir promptement. C’est la grâce que nous nous souhaitons.

Bref, une mauvaise semaine au bureau pour François Legault…

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