Le piège des conservateurs d’Andrew Scheer

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Date: 12 février 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau passe de mauvais moments à la suite des révélations du Globe and Mail concernant des allégations de pressions indues du cabinet du premier ministre sur l’ex- ministre de la Justice et procureure générale du gouvernement, Jody Wilson-Raybould. Tout cela est lié à la rocambolesque tombée de SNC-Lavalin dans la corruption. Menacée d’un procès criminel qui la priverait de précieux contrats gouvernementaux, SNC-Lavalin souhaite se prévaloir de nouvelles dispositions législatives lui permettant de reconnaître ses crimes en payant une forte amende, mais sans perdre ses privilèges de contracter avec le gouvernement. Cela permettrait à SNC-Lavalin de ne pas fermer ses portes et, du même coup, éviterait que le Québec perdre l’un de ses plus grands fleurons en ingénierie. Sans compter que nous sauverons l’expertise pointue développée chez SNC-Lavalin.

Or, pour se prévaloir de cette nouvelle loi, il faut l’accord du procureur général du Canada et une entente avec le ministère de la Justice. C’est ici que le bât blesse. Il semble que l’ex-procureure générale du Canada, Jody Wilson-Raybould n’était pas chaude à cette idée. Ce qu’allègue le Globe and Mail se traduit par des pressions du Cabinet du premier ministre du Canada sur son ex-procureure générale pour sauver l’entreprise SNC-Lavalin. Le premier ministre Justin Trudeau a tout nié en bloc refusant toute hypothèse de tentative d’influencer le processus judiciaire. Les partis d’opposition ne l’entendent pas ainsi. Flairant le scandale, tant le NPD que les conservateurs d’Andrew Scheer sont montés à l’attaque en demandant une commission parlementaire pour faire la lumière sur cette question. Le NPD a demandé et obtenu que le commissaire à l’éthique fasse enquête sur la question.

Pendant ce temps, la ministre Jody-Wilson Raybould se réfugie derrière des avocasseries pour garder le silence et mettre en mauvaise posture son premier ministre. Il faut dire qu’elle doit avoir sur le cœur le fait d’avoir été déchue de ses fonctions de ministre de la Justice. Quoi qu’il en soit, madame Wilson-Raybould met le gouvernement Trudeau dans l’embarras avec son silence.

Justin Trudeau est piégé. Il ne peut trop en dire puisque le dossier de SNC-Lavalin est présentement devant les tribunaux. Il doit aussi comme député du Québec et chef d’un parti qui s’en va en élection, tout faire pour préserver le fleuron québécois de l’ingénierie tout en respectant l’État de droit. Les conservateurs et le NPD se drapent dans les principes de justice, mais à terme ils sont à détruire SNC-Lavalin et faire disparaître l’un des plus grands fleurons québécois qui a son siège social à Montréal. Ce ne sont pas les membres de l’élite économique torontoise qui pleureront l’affaiblissement économique du Québec. Les conservateurs n’ont aucune chance de faire élire des candidats à Montréal et le NPD va probablement être rayé de la carte électorale du Québec. Rien pour ralentir les efforts destructeurs des partis d’opposition sur cette question.

Il est vrai que SNC-Lavalin s’est elle-même mise dans cette situation intenable par son implication active dans des actes de corruption. Un comportement inacceptable et des gestes inavouables. La question est de savoir si les modifications législatives apportées par le gouvernement Trudeau permettant de punir les dirigeants et l’entreprise sans pour autant tuer l’expertise permettront de sauver notre fleuron de l’ingénierie. Chose certaine, la maladresse du gouvernement Trudeau dans ce dossier et le comportement électoraliste des oppositions nuiront à trouver une solution acceptable pour notre État de droit et favorisant le maintien des emplois chez SNC-Lavalin. À suivre…

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