Affaire Wilson-Raybould : le chat sort du sac

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Date: 13 février 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Ainsi, la déloyauté d’un membre du cabinet des ministres de Justin Trudeau aura été mise à jour par son auteur. La démission de la ministre des Anciens Combattants, Jody Wilson-Raybould, est éloquente. On ne peut s’empêcher de croire qu’elle est à l’initiative de la fuite concernant l’affaire Wilson-Raybould publiée dans le Globe and Mail. Cela ressemble à un cas classique d’égo blessé où une ministre déchue de son titre et rétrogradée désire prendre sa revanche sur l’auteur de ce geste qui a bouleversé la vie de ladite ministre.

Égo d’ailleurs que l’on racontait démesuré chez cette ministre. Symbole de la réussite des nations autochtones dans ce pays, madame Wilson-Raybould n’a jamais digéré sa rétrogradation. Loin de moi l’idée de vouloir faire de cette dame, qui me semble respectable, une « traître à la nation ». Je crois que l’histoire est beaucoup plus simple.

Pour une raison qui m’est inconnue, l’ancienne ministre de la Justice Wilson-Raybould refusait d’accorder à SNC-Lavalin le droit de faire appel aux mécanismes de réparation plutôt que d’être jugé dans un procès criminel. Dans le cas d’un jugement, cette compagnie devrait vraisemblablement fermer ses portes avec la perte de ce siège social au Québec. Il est certain que devant cette catastrophe annoncée pour l’avenir de milliers d’emplois et pour l’économie du Québec, le cabinet du premier ministre a parlé de ce dossier avec la ministre Wilson-Raybould. Parler, faire pression, chercher à influencer, tous des mots qui sont sujets à interprétation selon les intervenants et les contextes. Même si les lois permettent au premier ministre de donner son avis à son ministre, la ligne est mince entre l’avis du premier ministre et son désir. Une ministre bien avisée comme l’était madame Wilson-Raybould peut très bien avoir eu du mal à faire la différence surtout si elle a reçu des appels des membres de sa garde rapprochée dans le même plan-séquence, comme nous dirions au cinéma. Alors il sera presque impossible de savoir un jour s’il y a eu ou non influence qui s’est transformée en interférence dans un dossier de justice par le cabinet du premier ministre ou par son entourage. C’est la parole de l’un contre la parole de l’autre.

Ce qui est étrange dans cette affaire c’est la volonté de l’ancienne ministre d’affronter son chef en public. Elle ne peut ignorer qu’elle peut lui porter des coups mortels en cette année électorale. C’est ici que le mot déloyauté prend son sens. Qu’importe les motivations de madame Wilson-Raybould, celle-ci fait la preuve de sa déloyauté envers son premier ministre, ses collègues du conseil des ministres et des membres du caucus libéral. L’affaire apparaît si claire que le caucus libéral devrait expulser madame Wilson-Raybould. Pour le Québec et ses intérêts supérieurs, ce n’est pas la première fois que les principes sacrés d’un élu issu des nations autochtones s’opposent à ses intérêts supérieurs. Pensez à Elijah Harper qui a largement contribué à tuer l’Accord du lac Meech qui reconnaissait le Québec comme une société distincte. Aujourd’hui, pour des questions de principe, madame Wilson-Raybould veut tuer une importante entreprise québécoise et pénaliser ses employés. Décidément, le Québec aurait avantage à améliorer ses relations avec les nations autochtones. Nous nous comprenons mal…

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