Washington-Ottawa : gouvernants sur un pied de guerre

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Date: 28 février 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Jamais Donald Trump et Justin Trudeau n’auront été si proches. Tous les deux ont vécu hier la trahison d’un des leurs qui les a mis dans l’embarras. À Washington, l’ex-avocat personnel de Trump, Michael Cohen s’est livré à un témoignage retentissant devant les membres du Congrès. Présentant le président Donald Trump comme un raciste, un menteur et un escroc. Selon Cohen, Trump a des liens suspects avec la Russie, a acheté le silence d’ex-maîtresses et a fait l’objet d’enquêtes qui n’ont pas encore été rendues publiques.

C’est en substance le portrait qu’a brossé hier l’ex-avocat personnel du président devant une commission du Congrès. Un témoignage retentissant qui risque de faire parler beaucoup à Washington dans les jours et les mois qui viennent. Il reste à voir la charge que mènera le président Trump sur Twitter aujourd’hui. Il est d’ores et déjà acquis qu’il ne demeurera pas silencieux devant le témoignage accablant de son ex-bras droit juridique.

À Ottawa, le témoignage de l’ex-procureur de la couronne et ancienne ministre de la Justice, Judy Wilson-Raybould, a été lui aussi retentissant. Madame Wilson-Raybould a déclaré la guerre à son chef et premier ministre Justin Trudeau. De façon convaincante, elle a contredit point par point, avec moult détails et de façon crédible l’histoire racontée par le premier ministre Justin Trudeau depuis le début de cette affaire qui a débuté il y a trois semaines avec un reportage paru dans le Globe and Mail.

Madame Wilson-Raybould s’est présentée comme la grande égérie de la défense de l’État de droit et comme une femme qui était prête à sacrifier sa carrière pour la défense de ses principes. Les partis d’opposition, Andrew Scheer en tête, ont senti le sang et dès hier soir, celui-ci a réclamé la démission de Justin Trudeau, l’accusant de corruption. Beaucoup d’inflation verbale ici.

Sur le fond des choses, le premier ministre Trudeau et son gouvernement écope de sa mauvaise gestion de cette crise depuis ses débuts, mais son réflexe hier de défendre la ligne des emplois était la bonne. Sa déclaration aussi que tout cela se règlerait dans la prochaine élection où les choix seront clairs pour l’électorat est aussi une bonne défense.

Sachant que l’élection se jouera au Québec et que la population d’ici n’est pas aussi sensible que l’opinion au Canada anglais sur la question de SNC-Lavalin, Trudeau fait un bon pari en se présentant comme le champion de la défense d’un siège social important et de 9000 emplois au Canada. Tôt ou tard, Scheer et les conservateurs paieront le prix fort pour ne pas défendre les emplois au Québec. Pire encore, l’homme au sourire qui souhaite faire passer un pipeline dans la vallée du Saint-Laurent aura fort à faire pour convaincre les Québécois du pipeline de TransCanada. Il est vrai que sous les libéraux les Canadiens sont devenus propriétaires d’un pipeline dans l’Ouest canadien, mais là-bas c’est plutôt populaire alors qu’ici ça n’a pas la côte. Elle sera palpitante cette campagne électorale.

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