Le surréalisme de l’opinion publique américaine

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Date: 4 mars 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Avez-vous pris connaissance du témoignage la semaine dernière de l’ancien bras droit de Donald Trump, Michael Cohen, devant un comité du Congrès américain ? Si vous n’avez pas vu ou entendu de résumé de ce témoignage, il est certain que vous avez pris connaissance du lead de son témoignage où Cohen affirmait que : « Donald Trump est un raciste, un escroc et un menteur ». On ne peut être plus direct comme accusation contre le président des États-Unis. Des accusations, il est vrai, venant de la bouche d’un avocat expulsé du Barreau, qui a menti au congrès, qui a fraudé des banques et qui a été condamné à la prison par la justice américaine. Les plus ironiques affirmeront que ça prend bien un menteur pour en reconnaître un autre.

Mais là n’est pas le propos principal de ce blogue. Durant le weekend, j’ai regardé le film Front Runner du réalisateur Jason Reitman et mettant en vedette Hugh Jackman, Vera Farmiga et J.K. Simmoins entre autres. Film qui racontait l’ascension politique du candidat démocrate Gary Hart aux élections présidentielles de 1984 et sa déchéance aux élections de 1988. Gary Hart était un talentueux sénateur du Colorado qui rappelait à certains égards le profil des Kennedy.

Le film raconte l’histoire vraie de Gary Hart, un jeune sénateur promis au plus bel avenir, idole des votants américains et favoris pour l’investiture démocrate de l’élection présidentielle de 1988. Une ascension fulgurante qui fut brutalement stoppée par la révélation d’une liaison scandaleuse avec Donna Rice. Pour la première fois de l’histoire, le journalisme politique et la presse à scandale se rejoignaient, et ont provoqué la chute d’un homme politique. Ces événements ont profondément et durablement marqué la scène politique.

Vous avez bien lu, le sénateur Hart et candidat à la présidence américaine pour les démocrates a dû retirer sa candidature pour une escapade sentimentale avec Dinna Reid. L’opinion publique américaine et notamment la droite conservatrice était scandalisée d’un tel comportement. En 1988, on ne pouvait prétendre être président des États-Unis d’Amérique si l’on avait eu une aventure extra-conjugale. Vous me voyez venir.

Trente-et-un ans plus tard, le président américain Donald Trump a payé des vedettes du porno pour les faire taire sur ses extravagances conjugales et il a signé les chèques alors qu’il était président des États-Unis. La même droite conservatrice appuie Trump et ferme les yeux sur ses frasques.

C’est surréaliste.

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