On s’informe plus, mais différemment!

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Date: 16 mai 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Bonne nouvelle. De manière générale, les gens que nous sommes s’informent plus en 2015 qu’en 2013. Nous passons d’une consommation quotidienne d’information, tous médias confondus, de 84 minutes par jour en 2013 à 101 minutes par jour en 2015. C’est ce que conclut une étude récente du Centre d’études sur les médias de l’Université Laval. (http://www.cem.ulaval.ca/pdf/Quebecnumerique.pdf)

L’hypothèse que privilégient les chercheurs pour expliquer ce phénomène est la pénétration des médias numériques dans toutes les couches de la population.On s'informe plus L’étude des chercheurs affirme que les médias numériques ont détrôné la télévision comme principal véhicule d’information des Québécoises et des Québécois en 2015. Près de neuf Québécois sur dix déclarent aujourd’hui recourir aux médias numériques de façon régulière pour s’informer.

Cela touche beaucoup plus les jeunes que les plus vieux. Ce sont les 18 à 24 ans qui utilisent principalement des sources d’information numériques, les 25 à 44 ans utilisent pour leur part de manière équivalente les supports numériques et les supports traditionnels alors que les plus de 44 ans font des choix plus traditionnels en optant pour la télévision, la radio et les imprimés. Les hommes sont généralement de plus grands utilisateurs des médias numériques que les femmes.

Autre fait étonnant, les gens qui s’informent par le biais des imprimés passent moins de temps que ceux qui s’informent par les médias numériques en utilisant un téléphone, une tablette électronique ou un ordinateur. Rappelons que 56 % des répondants de cette étude sont propriétaires d’une tablette électronique ou d’un téléphone intelligent et qu’ils ont au moins une application permettant d’accéder à des nouvelles.

Il ne faut pas s’étonner que dans le palmarès des résultats obtenus par les chercheurs, La Presse.ca obtienne le premier rang avec 14,6 % des mentions suivi par Météomédia avec 13,1 % et Radio-Canada avec 13 %. TVA obtient 9,1 % alors que Le Journal de Montréal électronique 5,3 %. Le temps passé par chaque utilisateur sur ces sites n’est pas le même que le pourcentage des mentions. Ainsi, c’est La Presse.ca qui obtient la palme avec 27,5 minutes suivies de Radio-Canada avec 18,1 minutes et de TVA avec 15,6 minutes.

Quoi que l’on en pense, les gens continuent de s’abreuver principalement en information des grandes autorités en la matière soit La Presse+, Radio-Canada et TVA. Ce qui surprend le plus dans cette étude c’est la piètre performance du Journal de Montréal et de sa plate-forme J5 qui ne récolte que 5,3 % de mentions et qui n’obtient que 3,7 minutes de temps d’utilisation. Sans surprise, le journal Le Devoir n’apparaît pas dans ce palmarès.

S’il semble incontestable dans cette étude que la multiplication des moyens d’information et des sources a créé chez la population une hausse du temps qu’elle consacre à s’informer, il semble aussi vrai qu’elle continue de s’informer auprès des sources les plus crédibles que représentent Radio-Canada, La Presse+ et TVA. La vision cauchemardesque qui faisait des réseaux sociaux et des magazines de variétés comme TLMEP les principales sources d’information ne se concrétise pas dans la réalité que présente cette étude. On s’informe plus, mais différemment, mais c’est le support qui varie et non pas le fournisseur de contenu…

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