Au Québec, on se fait notre cinéma

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Date: 3 juin 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Hier soir à la télévision de Radio-Canada, nous avons eu droit à la remise des prix du Gala Québec Cinéma. Soirée sobrement animée par Édith Cochrane et Guylaine Tremblay, il y a eu un court hommage qui a été rendu à deux grands cinéastes qui nous ont quittés, Jean Beaudin et Jean-Claude Labrecque. Des cinéastes de grands talents qui ont réussi par leur cinéma à mieux traduire l’évolution du Québec. Cela est particulièrement vrai pour Jean-Claude Labrecque qui par ses films sur le vélo, sur les Jeux olympiques, sur la crise d’octobre en passant par la politique québécoise et la poésie a su capter les grandes transformations que nous avons vécues au cours des cinquante dernières années.

Le cinéma québécois est en quelque sorte le reflet de l’âme profonde du Québec. Les principaux lauréats du Gala d’hier soir s’inscrivent bien dans la tradition de notre cinéma. Le film de Ricardo Trogi qui est une puissante œuvre d’autodérision du passage de l’adolescence à l’âge adulte a remporté de nombreux honneurs. Denys Arcand s’est aussi décerné un prix avec son dernier film La chute de l’empire américain. Des films diversifiés comme celui de Kevin Bacon Hervieux, intitulé Innu Nikamu : chanter la résistance s’est vu décerner aussi un prix. Long métrage documentaire qui ou fait découvrir l’âme de ce peuple rieur du Québec.

Comme le rapporte le journaliste Marc André Lussier de La Presse, La Bolduc et 1991, les grands gagnants du Gala Québec cinéma 2019.

Avec ses six Iris, La Bolduc reste néanmoins le film ayant obtenu le plus grand nombre de trophées. À celui de la meilleure interprétation féminine, attribuée sans grande surprise à Debbie Lynch-White, le drame biographique de François Bouvier, qui relate le parcours de celle qui a fait turluter le Canada français dans les années 30, ajoute ceux glanés lors du Gala Artisans : direction artistique (Raymond Dupuis), son (Claude Beaugrand, Michel B. Bordeleau, Luc Boudrias et Gilles Corbeil), maquillage (Nicole Lapierre), coiffure (Martin Lapointe) et costumes (Mariane Carter).

1991 aura finalement obtenu cinq trophées Iris, dont ceux remis au meilleur film de l’année, ainsi qu’à la meilleure réalisation. Seize ans après Québec-Montréal, Ricardo Trogi répète ainsi le prestigieux doublé, cette fois grâce au troisième volet de sa série autobiographique.

« On y parvient en faisant confiance à ce qu’on est profondément, en n’ayant pas peur de dire ce qu’on pense, même si ça n’a pas toujours l’air génial. Mais vous avez l’air d’aimer ça, alors si je suis con, vous l’êtes un peu aussi ! », a lancé Ricardo Trogi avec son humour habituel, entre autres déclarations.

Une belle soirée que ce Gala qui permet de mieux découvrir notre cinéma et de le célébrer. Il ne nous reste qu’à le regarder pour nous assurer de sa pérennité.

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