Le spectacle de la F1 à Montréal

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Date: 10 juin 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Une fois de plus, le cirque de la Formule 1 s’est amené à Montréal laissant derrière lui du beau temps et bien des critiques. Ce qui fait saliver les marchands et l’industrie touristique montréalaise les retombées économiques ploient de plus en plus l’échine sous le poids des critiques sociales et environnementales de l’événement. Sans compter l’aspect purement sportif qui fait aussi l’objet de nombreuses critiques surtout dans des occasions comme celles d’hier où le champion est désigné par les commissaires plutôt que par le résultat de la course.

Ce qui est remarquable dans les critiques entendues c’est qu’à en croire les pourfendeurs de cet événement, la Formule 1 sera le prétexte pour une exploitation sexuelle accrue et pour une catastrophe en matière de gaz à effet de serre. Passons sur l’évidence de l’occasion qu’offre aux proxénètes la réunion de tant de riches au même endroit le temps d’un weekend et attardons-nous plutôt aux critiques de nature environnementales.

Voici ce qu’un lecteur du journal Le Devoir écrivait la semaine dernière : « Une seule fin de semaine de Formule 1 suffit à annuler vos efforts, le tout avec la complicité et la complaisance des pouvoirs publics. Pendant quelques jours, 93 000 spectateurs (formés en bonne partie de riches touristes étrangers) auront un permis de polluer en toute impunité, tandis que certains profiteront de la vulnérabilité de jeunes prostitué(e)s, un peu comme si les valeurs socialement responsables étaient renversées au profit d’une minorité décomplexée. Combien de gestes écoresponsables sont annulés lorsqu’un seul événement pollue autant que 2500 voitures sur la route pendant un an ? »

D’autres commentaires indiquaient, outre la course elle-même qui génère finalement peu de gaz à effet de serre, c’est l’événement lui-même qui en génère le plus. Le déplacement de toutes ces personnes à Montréal le temps d’un weekend. Ce qui amenait le même lecteur du journal Le Devoir d’en proposer l’élimination : « La F1 est fréquentée par 93 000 personnes, ce qui représente à peine plus de 1 % de la population québécoise. L’annulation de cet événement serait une atteinte très minimale qui sacrifierait tout au plus le pouvoir de polluer que s’octroient quelques spectateurs sans justification valable. En revanche, cette annulation nous protégerait collectivement contre la montée du cynisme (qui n’est jamais bien loin du nihilisme). Normalement si prompts à moraliser la majorité de leurs citoyens sur les enjeux de protection de l’environnement et de dignité humaine, les pouvoirs publics entérinent en toute connaissance de cause les caprices d’une poignée de tricheurs écologiques qui participent à un événement sexiste. »

Si je comprends bien, les événements comme celui du Grand Prix de Montréal doivent être éliminés parce qu’ils génèrent de nombreuses retombées indésirables tant sur le plan social que sur le plan de la protection de l’environnement. Avec cette logique, il faudrait aussi éliminer les Jeux olympiques, les ligues de sport professionnelles comme le basketball, le baseball, le hockey, le football et le soccer, les concerts de musique internationaux… quoi d’autre ?

Il semble que la population qui souhaite protéger la planète mérite d’autres solutions que celle de sa disparition comme solution…

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