Un grand du journalisme nous quitte…

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Date: 5 septembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Le journaliste Pierre Nadeau est décédé il y a quelques jours des suites d’une maladie dégénérative : le parkinson. À l’écart de la scène publique depuis près d’une décennie, Pierre Nadeau laisse une profonde empreinte sur la société québécoise et le journalisme. L’auteur de ce blogue a été pour ainsi dire éduqué à la citoyenneté par les reportages et le travail de ce journaliste émérite. Adolescent, voulant être informé, je ne manquais jamais une émission de Format 60 animé par Pierre Nadeau.

Les témoignages que nous avons pu lire de ses pairs depuis l’annonce de son décès sont pleinement mérités et sont plus explicites que bien des mots que nous pourrions écrire.

Sur Twitter, le chroniqueur à La Presse Stéphane Laporte a déclaré que c’était grâce au journaliste qu’il dévorait l’actualité depuis son enfance. « Il rendait le monde palpitant. Quand Pierre Nadeau était là, on ne voulait pas être ailleurs. Merci pour tout. Il y a un nouvel envoyé spécial au ciel », a-t-il écrit sur Twitter. Le premier ministre Legault a déclaré sur Twitter apprendre avec tristesse « le décès d’un grand du journalisme québécois ». « On s’ennuie de ses grands entretiens à Format 60. Pensées pour sa fille », a-t-il ajouté. L’ex-journaliste et ex-éditorialiste au Devoir Serge Truffaut a travaillé avec Pierre Nadeau à la fin des années 1970, alors qu’il était documentaliste et recherchiste en économie à Radio-Canada. En entrevue au Devoir, il dit se souvenir d’un homme « d’une grande courtoisie, très aimable ». « Ils n’étaient pas tous comme ça », ajoute-t-il en riant. Enfin, l’ex-journaliste Gilles Gougeon a fait parvenir une lettre au Devoir dans laquelle il écrit que Pierre Nadeau « a survolé le métier en n’hésitant jamais à fondre sur les proies qu’il identifiait comme adversaires de la vérité. » Il ajoute que son ancien collègue de l’émission d’information jeunesse Bonjour dimanche était un homme « courageux, résilient, colérique, flamboyant, généreux, honnête. »

J’ai eu le plaisir de côtoyer ce brillant journaliste dans le cadre d’un dossier alors qu’il était délégué général du Québec à Boston. Il avait été d’une aide précieuse et d’un commerce fort agréable. Quelques années auparavant, à l’occasion de la tournée de promotion de son autobiographie l’impatient, la première fois où je l’ai vraiment rencontré, il s’était amusé avec le fait que nous avions le même patronyme. Il avait dédicacé la copie de son livre à mon attention en écrivant : « À mon lointain cousin ». Nous n’étions pas apparentés, mais notre discussion sur les origines de ma famille lui avait fait dire que nous sommes tous des cousins au Québec. C’était un vrai pince à rire avec beaucoup de classe et surtout avec une intelligence pénétrante. C’est grâce à lui si je me suis un jour vraiment intéressé aux affaires internationales et au journalisme. Sa façon de mener des entrevues avec les personnalités politiques faisait de lui un debater redoutable et laissait croire aux politiciens qui lui accordaient un interview qu’ils étaient en visite chez leur dentiste… Il avait le don d’aller au fond des choses avec intelligence et sans arrogance.

Pierre Nadeau a marqué l’histoire du Québec et du Canada et il fut un grand personnage de notre histoire…

 

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