Incohérences caquistes

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Date: 27 septembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

L’opinion publique québécoise sera confuse lorsqu’elle prendra connaissance du rejet de la motion concernant le refus du Québec d’accepter de se faire imposer par un éventuel gouvernement conservateur d’Andrew Scheer un projet de corridor énergétique. Les oppositions ont toutes voté en faveur de la résolution présentée par le PQ, mais elle a été défaite par le choix du gouvernement Legault de s’y opposer. Il y a de quoi à être circonspect devant cette prise de position des caquistes.

Cela veut-il dire que le gouvernement Legault est prêt à envisager le passage d’un pipeline du pétrole de l’Alberta sur son territoire pour aller rejoindre la raffinerie Irving dans le but d’exporter le pétrole canadien vers l’Europe ? Cette décision fait-elle la démonstration de l’appui tacite du gouvernement Legault au parti conservateur d’Andrew Scheer ? Est-ce plutôt une position politique transactionnelle genre j’appuie ton corridor énergétique, tu me donnes ma déclaration de revenus unique ?

Quoi qu’on puisse en penser, cette prise de position du gouvernement Legault apparaît comme incohérente pour un gouvernement qui vient de déclarer l’urgence climatique. L’incohérence nous amène à croire que cette déclaration du ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, relevait plus de l’urgence politique que d’une reconnaissance réelle de l’urgence climatique. Mais laissons la chance au coureur, le premier ministre Legault a déclaré qu’un plan d’action serait déposé au début de 2020. Nous jugerons l’arbre à ses fruits.

Il demeure cependant que l’incohérence du gouvernement Legault sur ces questions et sur ses affinités avec les conservateurs d’Andrew Scheer pourrait venir le hanter dans les mois à venir. Si, comme l’indiquent les derniers sondages, le Canada se donne un gouvernement libéral minoritaire dirigé par Justin Trudeau, monsieur Legault et son gouvernement pourraient regretter ce flou artistique pro conservateur adopté durant la présente campagne. Certains des électeurs lors de la dernière élection au Québec pourront se sentir mal à l’aise dans un parti nationaliste conservateur de droite. C’est clair que lors d’une période de lune de miel qui se prolonge, on n’a que faire des commentaires des sceptiques. Après tout, ces voix sont minoritaires, mais un jour qui sait, ces voix pourraient manquer à l’appel au moment crucial où monsieur Legault en aura besoin.

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