Les mal-aimés commissions scolaires

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Date: 15 octobre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

La lecture d’un projet de loi est toujours un peu fastidieuse quand nous ne sommes pas juristes. J’ai quand même pris la peine de parcourir le projet de loi déposé par le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge qui propose l’abolition des commissions scolaires. Rassurez-vous ce n’était pas une lecture de chevet. Ces dernières semaines, je suis associé professionnellement à la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) et aux commissions scolaires de la région de l’Estrie afin de les accompagner tant dans l’étude et l’analyse des conséquences de cette abolition dans la région que pour faire connaître à la population et aux acteurs de la région ce qu’ils en pensent.

Yves Gilbert, président de la Commission scolaire des Hauts-Cantons

Sans surprise, les commissaires scolaires réunis à Sherbrooke vendredi soir dernier pour discuter de ce projet de loi avaient de nombreuses questions à adresser au gouvernement Legault et à son ministre et de nombreuses préoccupations devant ce projet de loi. C’est toujours dans les détails que le diable se manifeste.

Certes, c’était prévisible qu’un gouvernement majoritaire de la Coalition avenir Québec propose d’abolir les commissions scolaires. C’est inscrit dans l’ADN de ce parti. Cela fait partie de la rhétorique fondatrice depuis la version antérieure de l’ADQ de Mario Dumont. Ce qui est étonnant ce n’est pas le dépôt d’un tel projet, mais la façon d’agir du ministre Roberge.

Jamais il n’a pris la peine de consulter les commissions scolaires sur la question fondamentale de la gouvernance scolaire locale et régionale. L’argument avancé pour se justifier : « On n’est quand même pas pour demander à ceux que l’on va congédier leur opinion. » Mauvais argument. Même un criminel reconnu coupable par notre système de justice dans notre système juridique a le droit de se faire entendre.

Par ailleurs, ce qui étonne c’est le mépris affiché ouvertement par le ministre Jean-François Roberge qui a comparé les commissions scolaires à ces club-écoles libéraux et à de petites baronnies qui ne servent qu’à faire de la petite politique. Propos excessifs que devrait corriger le premier ministre François Legault. Le respect est le comportement attendu d’un gouvernement même en lune de miel avec la population. Comme le disait parfois l’ancien premier ministre Robert Bourassa, « il n’est jamais judicieux pour un acteur politique de tirer des salves de munitions sur une ambulance déplaçant des gens. » S’il est vrai que peu de gens qui soutiennent le gouvernement s’intéressent aux questions de gouvernance scolaire, il est aussi indéniable qu’au Québec on n’aime pas ceux qui affichent du mépris envers les gens qui se dévouent pour nos enfants. Comme le dit François Legault, on verra bien ou cela va nous mener…

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