Fin d’une drôle de campagne

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Date: 18 octobre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

C’est presque terminé cette dôle de campagne électorale. Une campagne au cours de laquelle, si l’on en croit les plus récents sondages, les deux grands concurrents, le Parti libéral de Justin Trudeau et le Parti conservateur d’Andrew Scheer ont été incapables de faire un maître dans cette campagne tant au Québec que partout au Canada. Si bien qu’à l’aube de ce scrutin ce qui retient l’attention des commentateurs c’est la résurrection du Bloc québécois au Québec et la remontée tangible du NPD de Jagmeet Singh ailleurs au Canada particulièrement en Ontario et en Colombie-Britannique. Les Verts d’Élizabeth May n’ont jamais pris leur envol et sont retranchés en Colombie-Britannique alors que le parti de Maxime Bernier verra probablement son chef perde son comté de la Beauce aux mains des conservateurs d’Andrew Scheer. Si ce portrait se confirme lundi soir prochain, on devra se résigner à constater que très peu de gens avaient prédit une telle issue à cette campagne.

Vu du Québec, il est assez surréaliste de voir poindre la possibilité d’un gouvernement minoritaire conservateur en pleine crise de lutte aux changements climatiques. Un parti qui nie les changements climatiques et qui veut comme premier geste abolir la taxe sur le carbone en parfait accord avec ses alliés naturels d’un état pétrolier, Doug Ford et Jason Kenny. Tout cela dans un scénario qui lui permettrait de gouverner en comptant sur l’appui complice des nationalistes québécois incarnés par le Bloc d’Yves-Francois Blanchet. Un Bloc largement aidé par l’homme fort du Québec qu’est François Legault. Après moins d’immigrants, pour en prendre soin, ça sera ton rapport unique d’impôt contre la planète. Surréaliste.

Le nationalisme québécois a jadis été une force progressiste qui souhaitait l’émancipation des habitants du Québec. À cette époque où le Nous avait une autre signification que les individualismes additionnés, on voulait libérer les « Canadiens français devenus des Québécois » de l’oppression nationale de l’État canadien. Aujourd’hui, la configuration de la nation vue par une certaine mouvance nationaliste qui est devenue majoritaire n’a plus ce caractère progressiste des années 60 et 70. Nous sommes ailleurs aujourd’hui. Les échecs répétés du Québec à transformer le Canada a affaibli le Québec et pour refaire ses forces le Québec blessé s’est réfugié en lui-même. Qu’est devenue l’énergie de nos ancêtres qui les ont amenés à conquérir l’Amérique ? Où sont tous ces gens qui rêvaient de plus de justice sociale, d’une économie plus juste et d’une société plus égalitaire ?

Aujourd’hui, le Nous Québécois est devenu frileux par rapport à son avenir, s’inquiète de sa capacité d’intégrer les gens qui viennent se joindre à sa société. C’est ce Nous québécois frileux qui donne du vent dans les voiles du Bloc québécois ces jours-ci. Mon nationalisme à moi ne se reconnaît pas dans cette mouvance. J’y préfère de beaucoup les discours généreux de Justin Trudeau et de Jagmeet Sighn. Le Québec et le Canada méritent mieux qu’Andrew Scheer et ses conservateurs. Lundi prochain, j’espère que dans un sursaut de lucidité, le Québec appui un gouvernement progressiste qui va mettre ne place une véritable lutte contre les changements climatiques, qui va chercher à promouvoir davantage la justice sociale et une économie verte porteuse de solidarité et de générosité. Un gouvernement qui va combattre à l’échelle de la planète le populisme, le repli sur soi et qui va se battre pour plus d’humanité sur cette petite planète en péril.

Au Québec, on devra être capable de nous entendre sur deux choses. Pas de conservateurs et pas de retour du Bloc dans le parlement canadien. Si l’on veut faire l’indépendance ou la souveraineté du Québec, c’est au Québec que cela doit se passer pas à Ottawa…

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