Une élection partielle sans histoires…

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Date: 4 décembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

C’est amusant d’observer les spins des partis politiques et des chroniqueurs politiques. Avant, on avait droit au spin des représentants des partis qui cherchaient à faire triompher leur vision des choses auprès des représentants de la presse. Ils y réussissaient plus ou moins, dépendamment de l’importance stratégique de la nouvelle et de la qualité des interlocuteurs. Ainsi, le chef de cabinet du premier ministre qui parle sous couvert de l’anonymat convenu à Denis Lessard de la Presse+ a un poids relatif plus important que le conseiller politique du bureau de comté d’un député d’une région du Québec.

Aujourd’hui les spins des conseillers politiques doivent rivaliser avec ceux des commentateurs politiques. C’est ce couple conseillers politiques et journalistes politiques et/ou commentateurs qui coconstruisent notre actualité politique. Le meilleur exemple que l’on peut en donner c’est l’élection partielle dans le comté de Jean-Talon dans la région de Québec.

Qui a pu croire un seul instant que le sort de cette élection n’était pas scellé dès son déclenchement. Le gouvernement de la Coalition avenir Québec dirigé par François Legault vit une très longue lune de miel avec la population du Québec. Au dernier sondage Léger, le taux de satisfaction atteignait plus de 70 %. Les intentions de vote pour la CAQ dans les sondages sont à l’avenant et le résultat de l’élection dans Jean-Talon est en parfaite phase avec cette réalité de la conjoncture politique.

Or, les médias pour faire des nouvelles lancent leur propre spin par exemple cette idée de la forteresse libérale imprenable, l’isolement du PLQ en dehors de l’île de Montréal, l’impact des affaires Dorion sur les intentions de vote pour Québec solidaire et toutes ces histoires. Certes, ce sont là tous des aspects d’une conversation intelligente et informée sur la conjoncture politique, mais en aucune façon la défaite libérale dans Jean-Talon est prémonitoire d’autre chose que du fait que ce parti a été renvoyé dans l’opposition par une population qui en avait marre des libéraux. C’est ce que la population du Québec a dit il y a un peu plus d’un an et c’est ce qu’elle vient de réaffirmer dans cette élection partielle. Quant à Québec solidaire et au PQ, ces partis vivent des fortunes contraires. Le Parti québécois est une formation politique qui a vécu et qui risque d’avoir du mal à se refaire une vraie santé politique notamment parce que son option souverainiste n’intéresse personne pour le moment. Québec solidaire, sorte de conscience jeune du Québec voit pour sa part son vote plafonné autour de 10 à 12 % et connaître des bonds dans des comtés où il y a des universités et des collèges. Le comté de Sherbrooke en est un bel exemple.

Bref, l’élection dans Jean-Talon indique que la traversée du désert des libéraux sera longue et pas de tout repos. La prochaine course au leadership donnera un peu de visibilité qui sera bienvenue pour ce parti. Néanmoins, comme je l’écris dans ma chronique dans EstriePlus ce matin, ce n’est pas avec le discours actuel que le PLQ reconnectera avec la population du Québec. Pour connaître à nouveau du succès sur le plan électoral, les libéraux doivent se donner une politique constitutionnelle qui fait du Québec le centre de son attention et il doit compter sur une montée de défaveur envers le gouvernement Legault. Pour le moment, rien de cela n’est sur l’écran radar. Cela n’empêche pas qu’il faille au PQ et au PLQ se donner un chef ou une cheffe. Après, comme aime bien le dire François Legault, on verra….

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