L’ACEUM, la courte victoire de Donald Trump et la petite politique canadienne

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Date: 11 décembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Il est rare qu’au Canada, nous puissions nous réjouir d’un succès de Donald Trump. Il est vrai que sous sa présidence des États-Unis, nous avons tendance à oublier les liens très étroits qui nous unissent à notre puissant voisin américain. L’annonce de la conclusion et de la signature hier du nouveau traité de libre-échange entre notre pays, les États-Unis et le Mexique est une excellente nouvelle pour terminer l’année 2019 qui ne fut pas de tout repos.

La conclusion de ce nouveau traité, le nouvel accord de libre-échange liant Canada, États-Unis et Mexique (ACEUM), qui a obtenu mardi l’aval des démocrates américains, a subi d’importants amendements – en particulier sur la législation du travail au Mexique – par rapport au texte initialement signé le 30 novembre 2018. Il semble aussi qu’une demande des démocrates concernant l’acier à laquelle a dû consentir le Mexique vienne perturber l’industrie canadienne de l’aluminium. L’affaire c’est que des protections supplémentaires ont été consenties à l’acier et que le Mexique a refusé d’accorder l’équivalent à l’aluminium. Ce qui a fait bondir les porte-parole de l’industrie de l’aluminium principalement concentré au Québec. Cela pourra occasionner des débats à la Chambre des communes. Déjà hier, le très conciliant chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet a déchiré ses habits sur la fausse prémisse que le gouvernement Trudeau a abandonné l’Industrie de l’aluminium québécoise. Ce qui s’avère à l’examen des faits une affirmation nettement exagérée. Néanmoins, l’occasion était trop belle pour le Bloc pour faire un peu de politique et se draper dans la fleur de lys québécoise.

À terme, il semble que l’accord ait été nettement amélioré du point de vue des droits des travailleuses, des travailleurs et de l’environnement. Ce qui devrait réjouir les progressistes canadiens habituellement réfractaires à ce type d’entente économique. Quoi qu’il en soit, l’ACEUM, qui doit être ratifié aux États-Unis d’ici la fin de l’année, remplacera l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) en vigueur depuis 1994 et qui a créé une vaste zone de commerce regroupant quelque 500 millions d’habitants. Reste à voir si les partis d’opposition au Canada prendront le risque de dire non à cette entente pour de futiles raisons politiques.

Contrairement aux apparences, le jeu politique est nettement à l’avantage du gouvernement libéral de Justin Trudeau. S’il fallait que des élections dont les Canadiennes et les Canadiens ne veulent pas soient déclenchées sur la question de la signature ou non de ce traité, il n’est pas dit que Justin Trudeau ne pourrait pas remporter sa majorité qui lui a échappé la dernière fois.

La logique veut que nous ratifiions ce traité dans les plus brefs délais et que nous passions à autre chose. Il y a bien d’autres dossiers urgents au Canada, dont celui de l’aliénation de l’Ouest et de l’environnement. Souhaitons que nos parlementaires canadiens soient à la hauteur de leurs tâches et qu’ils ne nous convient pas à jouer dans une tragi-comédie dont personne ne veut.

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