François Legault, premier ministre

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Date: 12 décembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Nous peut parfois critiquer certains gestes posés par notre gouvernement, à d’autres occasions déplorer le caractère improvisé de ses positions, mais nous ne pouvons pas refuser de reconnaître que François Legault porte bien les habits de premier ministre.

Son récent séjour en Californie en constitue un excellent exemple. Nous avons pu y voir le François Legault séducteur qui a cherché à faire valoir les atouts du Québec auprès des grands joueurs du cinéma et du Web afin d’attirer des investissements chez nous avec surtout sa lubie des emplois payants pour le Québec. Il n’a pas craint dans les discussions qu’il a eues avec les dirigeants des entreprises géantes de faire valoir que son gouvernement est prêt à faire des deals avec eux. Du François Legault à son meilleur.

Rattrapé par l’actualité du pays, François Legault a aussi révélé son côté plus conservateur en invitant le gouvernement Trudeau à la prudence avant de taxer les géants du Web. Le monde à l’envers quoi ! Il faut cependant évoquer que des propos différents auraient fait scandale. On ne va pas visiter les gens qui nous offrent le gite et cracher dans la soupe. Comme monsieur Legault a quand même dit qu’il faut taxer les géants du Web à la hauteur de 3 %. L’honneur est sauf, mais la colonne vertébrale est souple.

Puis, il y a eu au sortir de la rencontre avec le gouverneur de la Californie le Legault converti aux vertus de l’environnement. Il a profité de l’occasion pour annoncer qu’il sera de la partie l’an prochain lors de la tenue de la conférence sur le climat qui se tiendra à Glasgow en Écosse.

Enfin, il y a eu le François Legault, homme d’État qui a invité les parlementaires à Ottawa d’entériner la nouvelle entente sur le libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada. Au-delà des peurs que l’on peut ou ne pas nourrir concernant les pratiques commerciales chinoises et leur présence accrue dans le marché de l’aluminium au Mexique, il est important que le Canada entérine cette entente. Monsieur Legault en homme d’État réaliste se dit déçu que madame Freeland n’ait pas obtenu les mêmes succès avec l’aluminium que les démocrates américains avec l’acier. Faut-il s’en étonner connaissant le poids du Canada dans l’échiquier politique ? Robert Bourassa citant Tayllerand avait l’habitude de dire qu’un État a la politique de sa géographie. On peut ajouter que l’on a aussi la politique de sa démographie.

Dans les circonstances du poids du Québec tant sur le plan économique, géographique et démographique, François Legault a réussi à nous faire rayonner et à représenter notre nation avec brio. Monsieur Legault excelle quand il nous représente simplement et c’est ce qu’il a fait en Californie.

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