La course au PQ avec un brin d’humour… pourquoi pas ?

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Date: 21 février 2020
Auteur: Daniel Nadeau

De nombreuses courses au leadership ont cours présentement dans plusieurs formations politiques qui nous sont familières. Il y a la course au Parti conservateur du Canada qui tarde à susciter de l’intérêt. Puis, celle du Parti libéral du Québec où Dominique Anglade semble imposer la force de son expérience et de ses convictions contre celles qui demeurent inconnues de son adversaire, l’ancien maire de Drummondville, Alexandre Cusson.

Celle qui retient plus l’attention c’est la course au Parti québécois où l’ancien ministre des Affaires municipales et député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, l’historien Frédéric Bastien, l’ancien prétendant Paul St-Pierre Plamondon et l’humoriste Guy Nantel se disputent le poste. À ce sujet, des voix se sont fait entendre mettant en question le fait qu’un humoriste en politique cela ne fait pas sérieux. La réponse qu’a apportée Guy Nantel comme ligne de défense à cette affirmation est que si un professeur de théâtre peut devenir premier ministre du Canada, un humoriste peut bien devenir président de la future république du Québec. Nous ne souhaitons pas faire de débat sur cette question. Tous les gens qu’importe leur fonction ont droit de se présenter à la chefferie d’un parti politique. Ce qui peut cependant poser problème c’est la confusion des genres et la volonté de monsieur Nantel de poursuivre sa carrière d’humoriste simultanément à sa quête du pouvoir au Parti québécois. Mais cette question relève de la discrétion des membres et sympathisants du Parti québécois qui choisiront le chef de leur parti.

Néanmoins, on peut quand même réfléchir à la signification de l’incursion du monde de l’humour dans la politique. Le dernier roman de Frédéric Beigbeder traite justement de cette question dans le dernier livre de sa trilogie sur Octave Parango intitulé icône d’un homme qui rit aux larmes. Par ce roman, Beigbeder conclut sa trilogie sur les aliénations contemporaines. Après la tyrannie de la réclame et du monde de la publicité, la marchandisation de la beauté féminine, Beigbeder s’attaque à la dictature du rire.

Dans ce roman, Beigbeder écrit : « Dans Se distraire et mourir en 1985, le théoricien Neil Postman, ne dit rien d’autre. Nul besoin de tyran, ni de grilles, ni de ministre de la Vérité. Quand une population devient folle de fadaises, quand la vie culturelle prend la forme d’une ronde perpétuelle de divertissements, quand les conversations publiques sérieuses deviennent des sortes de babillages, quand, en bref, un peuple devient un auditoire et les affaires publiques un vaudeville, la nation court un grand risque : la mort de la culture la menace. » (Frédéric Beigbeder, Roman : l’homme qui pleure de rire, Paris, Grasset, 2020, p. 61)

Matière à réflexion pour nous tous et pour le candidat Nantel, le PQ et leurs sympathisants…

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