Trump n’a pas inventé les fake news…

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Date: 24 février 2020
Auteur: Daniel Nadeau

Vendredi soir dernier, les primaires dans l’État du Nevada ont confirmé la poussée du candidat démocrate Bernie Sanders. Quand on se donne la peine de lire les articles et les reportages dans les médias américains, on présente la performance de Sanders comme étant problématique puisque c’est un socialiste. En fait, le narratif de la presse américaine est très proche de la définition politique qu’en a donné Donald Trump ou d’autres candidats à l’investiture démocrate comme Bloomberg ou Biden. Le ton de ces reportages est en quelque sorte des fake news. On dépeint Sanders comme un dangereux révolutionnaire alors qu’il ne souhaite que changer en profondeur la société américaine en rompant avec l’état militaro-industriel et avec Wall Street.

D’ailleurs, les fake news n’ont pas été inventés par Trump, mais plutôt par Fox News. Une télésérie récente diffusée sur le nouveau canal Crave donne une bonne idée de la montée de cette réalité des fausses nouvelles. Dans la télésérie intitulée The Loudest Voice et qui met en vedette Russell Crowe et Naomie Watts, on raconte l’histoire du harceleur sexuel Roger Ailes qui a créé le réseau Fox News et qui en a fait un outil de propagande du parti républicain.

La télésérie raconte l’histoire de Roger Ailes, de son implacable réussite à sa honteuse disgrâce pour harcèlement sexuel. Roger Ailes y apparait comme un faiseur d’opinions le plus puissant des États-Unis. L’homme qui a permis l’avènement de Donald Trump. Tout commence en 2006. Roger Ailes a une obsession : faire de Fox News, la chaîne 100 % républicaine qu’il a créée dix ans plus tôt, la première chaîne d’infos du pays. Il y contrôle tout, de ce que disent les journalistes à la longueur des jupes des animatrices de ses talk-shows. Une histoire qui montre bien l’implacable contrôle des médias et de leur contenu par l’élite financière du pays. On voit aussi comme le dit Russell Crowe dans son rôle de Roger Ailes que l’important ce ne sont pas les faits, mais ce que les gens sont prêts à croire.

Au moment où les Américains sont appelés aux urnes pour élire un président, cela suscite la réflexion. Il est à espérer que nos voisins du Sud regarderont cette série et en tireront les conséquences. Mais cela, c’est rêver en couleurs…

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