Langue de bois, langue bien pendue

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Date: 28 février 2020
Auteur: Daniel Nadeau

En relations publiques, nous avons coutume d’enseigner à nos clients les trois règles essentielles à toute prise de parole dans l’espace public. Je vous les donne ces règles.

Première règle : le message ;

Deuxième règle : le message ;

Troisième règle : le message et encore le message.

Ces enseignements de base en relations publiques sont bien connus des femmes et des hommes qui œuvrent sur la scène politique. Cela est tout particulièrement vrai d’un homme politique aussi expérimenté et habile que le premier ministre du Québec, François Legault.

Alors, comment expliquer que François Legault nous a offert une performance aussi pitoyable ces derniers jours en commettant des erreurs de débutants ? Il est vrai que les Québécoises et les Québécois sont sensibles à son authenticité et son franc-parler. Depuis qu’il est notre premier ministre, François Legault a su naviguer avec habiletés dans les divers dossiers, même les plus difficiles comme la Loi no 21 et le programme d’immigration pour les étudiants. Néanmoins, il a eu aussi quelques moments d’égarement à l’occasion, mais jamais autant que cette semaine.

D’abord, cette déclaration sulfureuse sur la présence d’AK47 sur le territoire de la réserve autochtone de Kahnawake. Une déclaration qui n’était pas susceptible de faire baisser les tensions entre les communautés autochtones et la population du Québec. Une déclaration qui n’avait que pour unique et seul objectif d’expliquer pourquoi la Sureté du Québec n’intervenait pas alors que François Legault n’avait pas cessé d’exiger du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, d’user de la manière forte pour libérer les voies ferrées en faisant appel à la police. Devant son impuissance à faire face à sa responsabilité de libérer la voie à Kahnawake, Legault n’a pas trouvé mieux que d’évoquer la présence d’armes offensives dangereuses pour justifier la non-intervention de sa police. Pas très fort…

L’autre déclaration étrange est la sortie de François Legault contre le Journal de Montréal à la suite des articles concernant les prêts et/ou subventions accordés à des entreprises appartenant à Charles Sirois, le co-fondateur de la CAQ. En soi, on reconnaît que les titres du journal en question ont été tendancieux en présentant le tout comme un « deal » entre amis. Les « petits amis » du régime si décriés par le chef de la CAQ alors qu’il était dans l’opposition. François Legault a le droit de défendre son intégrité et de donner des explications, mais il n’a rien à gagner à s’en prendre aux médias. À ce jeu, les politiques perdent toujours contre les médias. Après tout, ce sont eux qui tiennent les claviers et les micros.

François Legault devrait profiter de la pause de la prochaine semaine des travaux de l’Assemblée nationale pour réfléchir aux vertus de la langue de bois qui parfois sont supérieures à une langue trop bien pendue…

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