La censure en temps de crise

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Date: 1 avril 2020
Auteur: Daniel Nadeau

C’est une lapalissade bien connue, le contrôle de l’information c’est le pouvoir. Il n’est donc pas étonnant qu’en temps de crise les gens qui nous gouvernent souhaitent assurer un contrôle maximum de l’information. Jusqu’à présent, les gouvernements au Canada, tant celui du Canada que ceux des provinces, sont généralement assez transparents.

On peut discuter de l’intérêt ou non pour la population de connaître les divers scénarios que les gouvernements ont en main. Cependant, en dernière analyse il est évident, à mes yeux tout au moins, que diffuser des scénarios faisant état de possibilités de morts nombreuses ou d’un élargissement important des cas de pandémie ne soit pas utile pour inciter la population à respecter les consignes sanitaires, à obéir à leurs médecins en d’autres mots.

Devant cette pandémie, il faut donner toute la place à la science et rien qu’à la science. Cela est entendu et on peut alors féliciter le gouvernement Legault de sa gestion de crise jusqu’à maintenant.

Ce qui sera différent dans l’après-crise, par exemple, les discussions liées au retour à la vie normale ne doivent pas devenir des diktats de médecins lorsque le virus aura ralenti sa course parmi nous. Même chose pour les décisions à venir concernant la relance économique. Entre le programme de la CAQ, de QS, du PLQ et du PQ, il y aura des sensibilités différentes. Par exemple, une aide financière massive à l’industrie liée à l’économie du carbone pour la relancer ne devrait pas obtenir l’accord de Québec solidaire. Il en ira ainsi quant à l’occasion de profiter de cette crise pour modifier de fond en comble nos rapports au travail, à la consommation et plus globalement à l’environnement.

Ce qu’il faut dire si nous pouvons accepter le temps d’une crise pandémique grave le contrôle de l’information de nos gouvernements pour des motifs de paix sociale et d’efficacité stratégique, il ne peut en être pareil lorsqu’il sera le temps des choix qui seront porteurs de notre avenir au lendemain de cette crise. Déjà, la population a du mal à accepter le travail des journalistes qui questionnent le gouvernement. En serait-il de même pour l’opposition en politique tant des formations politiques que des groupes sociaux. La pandémie a mis le Québec et le Canada sur pause, mais n’a pas mis sur pause les débats de société ni les opinions divergentes que nous avons entre nous sur l’avenir. Il faut soigner comme la prunelle de nos yeux la liberté que nous avons d’opiner de critiquer et de questionner les pouvoirs. La censure n’est pas soluble dans une démocratie saine ni pour une société libre et démocratique.

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