La mort sort de l’anonymat

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Date: 9 avril 2020
Auteur: Daniel Nadeau

Dans note blogue d’hier, notre propos s’inquiétait du fait que la présente crise de pandémie du coronavirus semblait transformer de véritables vies humaines en statistiques. Je notais même que derrière les courbes statistiques bureaucratiques faisant état du nombre de décès touchant particulièrement nos aînés. Certains trouvaient rassurant que le nombre de décès anticipé soit finalement plutôt une donnée réconfortante. Ce que je trouvais inqualifiable.

Le fait que nous pouvons mettre des noms et des visages connus sur l’étiquette de décès de personnes en lien avec la pandémie permettra de voir cela avec moins de légèreté.

L’annonce du décès du comédien Ghyslain Tremblay fait partie de ces nouvelles qui permettent de saisir l’ampleur du drame que nous vivons en perdant aux mains de ce virus des personnalités publiques que nous avons jadis beaucoup appréciées. Pour moi, le comédien GhyslainTremblay fait partie des visages familiers de mon adolescence et de mon jeune âge adulte. Je l’ai découvert comme le Pico dans l’émission Les 100 tours de Centour que j’écoutais durant mon adolescence. Puis, ce comédien a habité ma vie culturelle dans Le parc des braves et même dans un rôle que j’avais trouvé marquant dans Cormoran où il jouait le rôle d’Adrien Arcand, personnage marquant de l’histoire du Québec pendant l’époque de la Seconde Guerre mondiale.

Ghislain Tremblay était un comédien de talent avec un grand sens dramatique et qui savait habiter les rôles qu’on lui confiait. Je l’ai toujours aimé. En même temps que son décès, j’ai compris qu’il était souffrant et qu’il était victime de la maladie d’Alzheimer, ce qui explique finalement sa disparition de mon écran radar ces dernières années.

Néanmoins, savoir que ce comédien que j’ai toujours aimé nous quitte à la suite da maladie du coronavirus vient donner une dimension nouvelle aux froides statistiques sur les décès de nos aînés. Cela nous permet de prendre la pleine mesure de ce drame pour leurs proches et leurs familles ainsi que pour toute la société québécoise. Un décès n’est pas une statistique, c’est un visage qui peut nous être familier et qui révèle la cruauté et l’injustice du moment que nous vivons présentement au Québec, au Canada et partout sur la planète.

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