Jour d’élection

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Date: 21 octobre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Aujourd’hui, les Canadiennes et les Canadiens vont exercer leur choix dans les boites de scrutin et se choisiront une ou un représentant dans leur circonscription électorale pour les représenter au cours des prochaines semaines et des prochains mois. Volontairement, je n’ai pas parlé de terme de mandat de quatre ans, car il est plus qu’incertain que le pays ne soit pas amené à voter à nouveau dans un proche avenir si les prédictions des sondages s’avèrent fondées.

Quoi qu’il en soit, il faut dire et redire à toutes et à tous qu’il est important d’aller voter et de faire son choix. La démocratie a besoin plus que jamais en Occident d’amour. Les gens de Hong Kong qui sont dans les rues aimeraient bien pouvoir exercer leurs droits démocratiques de même que les Catalans qui en sont aussi privés l’État espagnol. Quand on voit des gens privés de leurs droits démocratiques ailleurs dans le monde, on prend encore plus conscience de la richesse que nous avons ici de pouvoir compter sur ces derniers. Malgré cela, il y aura quand même de 25 à 35 % de gens qui n’iront pas voter aujourd’hui.

En cette soirée d’élection, c’est une drôle d’idée qu’a eue la Ville de Sherbrooke de proposer ce soir un débat concernant le projet Quartier Well Sud et à la taille de son stationnement. La diffusion d’une vidéo par la conseillère Évelyne Beaudin sur le coût de la réfection du stationnement et surtout le nombre de places de stationnement projetées a jeté le feu aux poudres. Conférence de presse improvisée de tous les membres du Conseil pour répondre aux propos de madame Beaudin. Déclarations senties et documentées sur les réseaux sociaux d’Annie Godbout et de Vincent Boutin. Déclaration très pugnace de madame Nicole Bergeron dans le quotidien La Tribune sur le sujet. Même la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, s’en mêle et prend parti contre le nombre de places de stationnement prévues dans le projet, mais inconnues pour le moment puisque tout cela provient de débats à huis clos. La chicane est pognée. Néanmoins, c’est une très mauvaise idée que de tenir ce débat le jour d’une élection fédérale au Conseil municipal. Cela ressemble à un manque de respect envers l’élection fédérale. À moins que ce fût voulu ainsi pour éviter les débats ?

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Fin d’une drôle de campagne

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Date: 18 octobre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

C’est presque terminé cette dôle de campagne électorale. Une campagne au cours de laquelle, si l’on en croit les plus récents sondages, les deux grands concurrents, le Parti libéral de Justin Trudeau et le Parti conservateur d’Andrew Scheer ont été incapables de faire un maître dans cette campagne tant au Québec que partout au Canada. Si bien qu’à l’aube de ce scrutin ce qui retient l’attention des commentateurs c’est la résurrection du Bloc québécois au Québec et la remontée tangible du NPD de Jagmeet Singh ailleurs au Canada particulièrement en Ontario et en Colombie-Britannique. Les Verts d’Élizabeth May n’ont jamais pris leur envol et sont retranchés en Colombie-Britannique alors que le parti de Maxime Bernier verra probablement son chef perde son comté de la Beauce aux mains des conservateurs d’Andrew Scheer. Si ce portrait se confirme lundi soir prochain, on devra se résigner à constater que très peu de gens avaient prédit une telle issue à cette campagne.

Vu du Québec, il est assez surréaliste de voir poindre la possibilité d’un gouvernement minoritaire conservateur en pleine crise de lutte aux changements climatiques. Un parti qui nie les changements climatiques et qui veut comme premier geste abolir la taxe sur le carbone en parfait accord avec ses alliés naturels d’un état pétrolier, Doug Ford et Jason Kenny. Tout cela dans un scénario qui lui permettrait de gouverner en comptant sur l’appui complice des nationalistes québécois incarnés par le Bloc d’Yves-Francois Blanchet. Un Bloc largement aidé par l’homme fort du Québec qu’est François Legault. Après moins d’immigrants, pour en prendre soin, ça sera ton rapport unique d’impôt contre la planète. Surréaliste.

Le nationalisme québécois a jadis été une force progressiste qui souhaitait l’émancipation des habitants du Québec. À cette époque où le Nous avait une autre signification que les individualismes additionnés, on voulait libérer les « Canadiens français devenus des Québécois » de l’oppression nationale de l’État canadien. Aujourd’hui, la configuration de la nation vue par une certaine mouvance nationaliste qui est devenue majoritaire n’a plus ce caractère progressiste des années 60 et 70. Nous sommes ailleurs aujourd’hui. Les échecs répétés du Québec à transformer le Canada a affaibli le Québec et pour refaire ses forces le Québec blessé s’est réfugié en lui-même. Qu’est devenue l’énergie de nos ancêtres qui les ont amenés à conquérir l’Amérique ? Où sont tous ces gens qui rêvaient de plus de justice sociale, d’une économie plus juste et d’une société plus égalitaire ?

Aujourd’hui, le Nous Québécois est devenu frileux par rapport à son avenir, s’inquiète de sa capacité d’intégrer les gens qui viennent se joindre à sa société. C’est ce Nous québécois frileux qui donne du vent dans les voiles du Bloc québécois ces jours-ci. Mon nationalisme à moi ne se reconnaît pas dans cette mouvance. J’y préfère de beaucoup les discours généreux de Justin Trudeau et de Jagmeet Sighn. Le Québec et le Canada méritent mieux qu’Andrew Scheer et ses conservateurs. Lundi prochain, j’espère que dans un sursaut de lucidité, le Québec appui un gouvernement progressiste qui va mettre ne place une véritable lutte contre les changements climatiques, qui va chercher à promouvoir davantage la justice sociale et une économie verte porteuse de solidarité et de générosité. Un gouvernement qui va combattre à l’échelle de la planète le populisme, le repli sur soi et qui va se battre pour plus d’humanité sur cette petite planète en péril.

Au Québec, on devra être capable de nous entendre sur deux choses. Pas de conservateurs et pas de retour du Bloc dans le parlement canadien. Si l’on veut faire l’indépendance ou la souveraineté du Québec, c’est au Québec que cela doit se passer pas à Ottawa…

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L’opinion publique contre la violence espagnole

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Date: 17 octobre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Le 3 octobre 2017, nous avions commenté les événements en Catalogne où le gouvernement espagnol avait réprimé dans la violence la volonté démocratique des Catalans qui voulait l’indépendance de la Catalogne. Cette semaine, les tribunaux viennent de condamner à de lourdes peines de prison ces démocrates catalans qui ont commis comme seul crime d’avoir organisé un référendum sur l’indépendance et d’inciter le peuple catalan à voter. La violence des tribunaux vient ajouter à la violence de la répression contre le peuple catalan. Nous republions ici aujourd’hui le texte qui est encore d’actualité pour dénoncer la violence de l’État espagnol envers les droits démocratiques des Catalans. Honte à l’État espagnol…

Honte à l’Espagne ! Honte à ce régime inique qui réprime la démocratie catalane avec ses sbires et par la force de ses matraques ! Honte aussi à la communauté européenne et à ses leaders allemands et français qui ont choisi de détourner les yeux de la violence de l’État espagnol contre les populations civiles.

Ce qui s’est passé dimanche dernier en Catalogne, les images où l’on voit des policiers frapper sur des jeunes et des moins jeunes à grands coups de matraque et de coup de pied pour les empêcher de voter sont insoutenables. Déjà, au-delà des discussions politiques sur la valeur des résultats, l’Espagne a perdu. Catalogne 10, Espagne 0. Les images des violences de l’État espagnol contre la population constituent une véritable usine à fabriquer des souverainistes catalans. Comment peut-on imaginer que des démocrates puissent détourner le regard de ces images violentes et ne pas donner son appui à ces femmes et à ces hommes qui ne voulaient qu’exprimer leur opinion par l’entremise d’un scrutin ? Illégal ou non, on ne peut gagner quand on violente des gens pour qu’ils ne puissent pas exprimer leurs opinions sur des sujets aussi majeurs que l’avenir d’un pays.

Chez nous, les principaux dirigeants politiques ont dénoncé la violence et on a invité les parties au dialogue. On a reconnu le droit à l’autodétermination des peuples et dénoncé la violence sans se prononcer sur le fond de la question, ce qui est normal. Néanmoins, les lendemains de veille seront difficiles pour l’Espagne et les leaders de la communauté européenne. Avec un taux de participation de plus de 40 % et plus de 90 % des gens qui se sont prononcés en faveur de l’indépendance de la Catalogne, on ne peut pas conclure que le problème entre l’Espagne et la Catalogne s’est évanoui. Ce n’est pas la déclaration du président espagnol, Mariano Rajoy, voulant qu’il ne se soit rien passé et qu’il n’y ait pas eu de référendum qui va permettre de trouver une solution à cet enjeu difficile.

Le peuple catalan dans la rue n’a pas usé de violence malgré la répression qui s’est abattue sur lui. Il a répondu à cette violence par des chants, des danses et par une relative bonne humeur bon enfant. Cela ne durera pas éternellement cependant. Si le gouvernement espagnol ne parvient pas à rétablir un vrai dialogue avec le peuple catalan, s’il choisit de le réprimer encore plus durement, il ne va que faire naître de la violence. Ce serait dommage que l’on pousse ce peuple pacifique vers les extrêmes pour se faire entendre. La communauté européenne et la communauté internationale ont un rôle à jouer pour apaiser le jeu. Reste à voir si pour une fois, nous serons à la hauteur du défi qui est posé à l’Espagne et au monde. On ne peut empêcher un cœur d’aimer, comme on ne peut empêcher une nation de s’affirmer. Le droit à l’autodétermination constitue un droit inaliénable de tout peuple sur la terre. Les Catalans y ont droit comme nous les Québécois. La logique constitutionnelle doit s’effacer devant la détermination d’un peuple.

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Opinion publique et littérature

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Date: 16 octobre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

La vie est un récit. De nos jours, les spécialistes des communications et du marketing ont envahi le champ autrefois réservé à la littérature avec un grand L pour proposer des « narratifs » qui nous racontent des histoires pour nous convaincre qui comme citoyen qui comme consommateur de la justesse d’une idée ou d’un produit. Vous ne serez donc pas étonné que je vous affirme comme le fait le titre de ce blogue que le récit, la littérature et la vie c’est cela aussi l’opinion publique.

Faisant un retour sur ses ouvrages, François Ricard nous propose une série de ses écrits dans son livre publié chez l’éditeur Boréal intitulé ; La littérature malgré tout. (François Ricard, La littérature malgré tout, Coll : [papiers collés] Montréal, les éditions Boréal, 2018, 195 p.)

Ce professeur de littérature à l’Université McGill s’est surtout fait connaître pour avoir été de l’équipée de Linteau, Durocher et Robert dans leur livre fondateur du révisionnisme québécois, Histoire du Québec contemporain. Il est aussi l’auteur de La génération lyrique et un spécialiste de la grande écrivaine Gabrielle Roy ainsi que de Milan Kundera.

Dans ce livre, François Ricard nous rappelle que la littérature s’étiole dans notre monde. Cela n’a rien à voir avec le nombre de romans publiés ou encore avec l’existence de plus en plus nombreuse de spécialistes en littérature. Cette évanescence du monde littéraire prend appui (et c’est nous qui le disons et non François Ricard pour fins d’honnêteté intellectuelle) sur la disparition de la curiosité de découvrir et de lire et aussi de fréquenter de vieux et grands auteurs qui ont fait de nous ce que nous sommes sans que nous le sachions. Aujourd’hui avec tous ses nouveaux interdits, ses mouvements de censure pour une cause ou pour une autre, il semble clair que le monde littéraire tel que nous l’avons connu s’étiole et du même coup une certaine idée de l’humain et de sa destinée.

C’est cela que nous a inspiré le passage suivant écrit par François Ricard dans son avertissement en tête de son recueil d’articles qu’il nous propose de lire :

« Il n’est pas impossible que ce livre intéresse quelques spécialistes, chercheurs ou autres professionnels de la littérature. Mais ce n’est pas à eux qu’il s’adresse d’abord. Le lecteur idéal que j’imagine – et dont il doit bien rester quelques spécimens ici et là – n’est pas un savant ni un “littératurologue”, mais un individu, homme ou femme, jeune ou vieux, pour qui les œuvres littéraires ne sont pas un objet d’étude, mais un art de vivre, une manière de préserver et d’approfondir en nous le petit espace d’humanité et de liberté qu’il nous reste. Car le lecteur sait dans quel monde étrange nous sommes plongés, et combien ce monde diffère de celui où la littérature a occupé la place souveraine qui était la sienne pendant si longtemps. Il sait que cette souveraineté n’est plus et ne sera plus, et qu’il ne sert à rien de le regretter. Mais c’est plus fort que lui : il ne peut pas, vivre comme il l’entend, ne pas se tourner encore et toujours vers elle, la littérature, ou du moins vers ce qu’il subsiste d’elle et qui lui est donc plus cher que jamais. Car il sait que, sous la forme d’un fantôme ou d’un vestige, la littérature, la voix irremplaçable de la littérature est toujours là. Malgré tout. » (François Ricard, La littérature malgré tout, Coll : [Papiers collés], Montréal, Éditions du Boréal, 2018, p. 7-8.)

Rien à ajouter.

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Les mal-aimés commissions scolaires

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Date: 15 octobre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

La lecture d’un projet de loi est toujours un peu fastidieuse quand nous ne sommes pas juristes. J’ai quand même pris la peine de parcourir le projet de loi déposé par le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge qui propose l’abolition des commissions scolaires. Rassurez-vous ce n’était pas une lecture de chevet. Ces dernières semaines, je suis associé professionnellement à la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) et aux commissions scolaires de la région de l’Estrie afin de les accompagner tant dans l’étude et l’analyse des conséquences de cette abolition dans la région que pour faire connaître à la population et aux acteurs de la région ce qu’ils en pensent.

Yves Gilbert, président de la Commission scolaire des Hauts-Cantons

Sans surprise, les commissaires scolaires réunis à Sherbrooke vendredi soir dernier pour discuter de ce projet de loi avaient de nombreuses questions à adresser au gouvernement Legault et à son ministre et de nombreuses préoccupations devant ce projet de loi. C’est toujours dans les détails que le diable se manifeste.

Certes, c’était prévisible qu’un gouvernement majoritaire de la Coalition avenir Québec propose d’abolir les commissions scolaires. C’est inscrit dans l’ADN de ce parti. Cela fait partie de la rhétorique fondatrice depuis la version antérieure de l’ADQ de Mario Dumont. Ce qui est étonnant ce n’est pas le dépôt d’un tel projet, mais la façon d’agir du ministre Roberge.

Jamais il n’a pris la peine de consulter les commissions scolaires sur la question fondamentale de la gouvernance scolaire locale et régionale. L’argument avancé pour se justifier : « On n’est quand même pas pour demander à ceux que l’on va congédier leur opinion. » Mauvais argument. Même un criminel reconnu coupable par notre système de justice dans notre système juridique a le droit de se faire entendre.

Par ailleurs, ce qui étonne c’est le mépris affiché ouvertement par le ministre Jean-François Roberge qui a comparé les commissions scolaires à ces club-écoles libéraux et à de petites baronnies qui ne servent qu’à faire de la petite politique. Propos excessifs que devrait corriger le premier ministre François Legault. Le respect est le comportement attendu d’un gouvernement même en lune de miel avec la population. Comme le disait parfois l’ancien premier ministre Robert Bourassa, « il n’est jamais judicieux pour un acteur politique de tirer des salves de munitions sur une ambulance déplaçant des gens. » S’il est vrai que peu de gens qui soutiennent le gouvernement s’intéressent aux questions de gouvernance scolaire, il est aussi indéniable qu’au Québec on n’aime pas ceux qui affichent du mépris envers les gens qui se dévouent pour nos enfants. Comme le dit François Legault, on verra bien ou cela va nous mener…

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Merci

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Date: 14 octobre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Toute l’équipe du Cabinet de relations publiques et de communication se joignent à moi pour souhaiter à toutes et tous une belle journée de l’Action de grâce.

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Patrice Roy, le grand gagnant du débat des chefs

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Date: 11 octobre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Hier soir, ICI Radio-Canada a diffusé le dernier grand débat de la campagne électorale des différents chefs des partis. La première observation qui s’impose à nous à l’issue de ce débat c’est qu’il était de meilleure tenue que celui qui a été diffusé à CBC lundi dernier. C’était beaucoup moins cacophonique et l’animateur Patrice Roy a réussi à imposer de l’ordre. C’est pourquoi il nous apparaît comme le grand gagnant de ce débat. Patrice Roy et les journalistes qui ont posé d’excellentes questions sans les procès d’intention que nous avons pu assister dans les questions formulées lors du débat de la CBC. Par ailleurs, le débat tenu hier à Radio-Canada n’a rien à envier au Face à Face du réseau TVA. Ce fut un excellent débat, le meilleur de la campagne si l’on se place du point de vue des électrices et des électeurs qui voulaient connaître les positions respectives des chefs.

La question qui tue est qui a gagné le débat parmi les chefs en présence? La réponse courte à cette question est que tous les chefs en présence ont offert une excellente performance, ils ont atteint leurs objectifs et les publics cibles de leur campagne. La performance la plus surprenante a été celle de Maxime Bernier qui a, pour une fois, réussi à exposer le programme de son parti. Le seul problème pour monsieur Bernier c’est que le discours qu’il a tenu n’a pas de public au Québec. C’est un discours qui peut trouver preneur au Canada anglais, mais pas au Québec. Jagmeet Singh a offert une performance comparable. Il est apparu comme authentique et il a utilisé l’humour ce qui le rend plutôt sympathique. Madame May a, comme son habitude, été fort sympathique et sa fougue pour défendre la lutte aux changements climatiques a de nombreux preneurs au Québec.

Andrew Scheer a lui aussi offert une excellente performance lors de ce débat. Il est apparu comme un chef plus en contrôle que celui que nous avons vu au débat de TVA. La seule ombre au tableau c’est sa querelle avec Yves-François Blanchet et sa théorie du complot des souverainistes. Cela apparaîtra peu crédible aux yeux de bien des personnes vivant au Québec. Yves-François Blanchet a offert une performance impressionnante. Comme les sondages indiquent du mouvement à la faveur du Bloc québécois, rien dans le débat n’est susceptible de freiner ce mouvement à la hausse.

Justin Trudeau a été égal à lui-même. Il a été attaqué de toutes parts par tous les chefs. Aucune de ces attaques ne l’a déstabilisé et il n’a pas perdu son titre de roi de la montagne. Néanmoins, la montée irrésistible du Bloc québécois conjugué au raffermissement des intentions de vote envers le NPD dans le reste du Canada, surtout en Ontario et en Colombie-Britannique, rend de plus en plus improbable un résultat d’élection qui permettra à Justin Trudeau de former un gouvernement majoritaire. Nous sommes dans la zone d’un gouvernement libéral minoritaire avec une forte opposition bloquiste. Les prochains jours de la campagne électorale seront déterminants. Cette campagne est loin d’être terminée et les Canadiennes et les Canadiens nous réservent encore bien des surprises. Ce n’est pas fini quand ce n’est pas encore fini…

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Le retour du Bloc

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Date: 10 octobre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

La campagne électorale fédérale est apparue terne selon bien des commentateurs. À bien des égards, elle n’a pas soulevé les passions. La campagne électorale actuelle se déroule sans grandes discussions des enjeux locaux, les candidats dans les différentes circonscriptions ne sont pas mis réellement à contribution par leur organisation et les médias décrivent souvent cette campagne comme si c’était une course de chevaux. Les différents partis politiques additionnent les engagements ciblés pour des niches de clientèle et les faits divers, les faux débats sont bien souvent l’actualité dominante du jour. Malgré tout, les grands débats télévisés réussissent finalement à susciter un certain intérêt. On s’empresse alors de publier des sondages pour mesurer les effets de ces débats sur les intentions de vote. Et vogue la galère…

La campagne actuelle s’achève. On ne peut pas dire que l’un des chefs en présence a fait une campagne époustouflante. En règle générale, chacun des chefs, à l’exception d’Andrew Scheer et Maxime Bernier, a mené des campagnes honnêtes, à l’intérieur de leurs limites. Justin Trudeau a été handicapé dans sa lancée par des histoires triviales sans intérêt qui ont été montées en épingle. Jagmeet Singh est apparu sur un jour sympathique et Yves-François Blanchet a surfé sur la popularité du gouvernement Legault.

Pourtant, le dernier sondage Léger-Presse Canadienne montre du mouvement dans les intentions de vote. Le Bloc est quasi nez à nez avec les libéraux au Québec et le NPD fait une remontée notable au Canada. Comme les conservateurs et les libéraux sont nez à nez dans les intentions de vote au Canada, cela pose comme plausible l’hypothèse d’un gouvernement conservateur minoritaire.

Ça donne l’impression d’un retour vers le passé. Un mini-Harper comme premier ministre qui veut faire du Canada la puissance pétrolière du 21e siècle et remettre les choses en place sur le plan des valeurs morales (mariage du même sexe, avortement) et de le retour du Bloc qui au lendemain de l’élection du 21 octobre préparera la souveraineté du Québec et deviendra le fer de lance de la relance du PQ contre le gouvernement Legault à moins bien sûr que d’ici là le PQ et le gouvernement Legault soient à peu près la même chose.

Avancer en arrière disait le quidam…

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Les Cantons de l’Est d’Amérique

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Date: 9 octobre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Quiconque s’intéresse à l’histoire de la région des Cantons de l’Est et de la ville de Sherbrooke découvrira les liens étroits qui unissent cette région québécoise à son voisin du sud, les États-Unis d’Amérique. Plus qu’une figure rhétorique, ce lien entre la région s’est traduit dans un premier temps par l’arrivée massive de loyalistes américains dans le sillage de la révolution américaine de 1776. Puis, une étude de l’industrialisation et de l’urbanisation de la ville de Sherbrooke constatera qu’au 19e siècle de nombreuses entreprises qui s’installeront à Sherbrooke auront un capital partagé entre Canadiens et Américains. Ce qui a contribué à une différenciation de la trame industrielle de Sherbrooke eu égard au processus d’industrialisation des autres villes du Québec et particulièrement Montréal qui était à cette époque le siège du développement du capitalisme industriel au Québec.

C’est pourquoi il faut nous réjouir de la tenue d’un sommet économique Québec-New Hampshire qui s’est tenu hier à Sherbrooke. Événement organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Sherbrooke conjointement avec le New Hampshire Canadian Trade Council.

Les données de l’Office of the United States Traded Representative de 2017 indiquent, comme le rapportait Mélanie Noël dans l’édition de La Tribune ce matin, que l’État américain exporte pour 577 millions de dollars de biens et services au Québec alors que le Québec exporte pour une somme de 690 millions de dollars. (Mélanie Noël, La Tribune, Pour que nos voisins deviennent nos partenaires d’affaires.)

L’ancien premier ministre du Québec et député de Sherbrooke, Jean Charest, présent à l’événement, a rappelé une citation de John F. Kennedy : « La géographie a fait de nous des voisins. L’histoire a fait de nous des amis. L’économie a fait de nous des partenaires et la nécessité a fait de nous des alliés. » (La Tribune, loc. cit.) Ce qui se dégage de la tenue de l’événement d’hier c’est que tous conviennent qu’il est dans l’intérêt du Mew Hampshire et du Québec de développer davantage nos échanges économiques. Cela tombe sous le sens dans cette ère d’interdépendance économique et rassurant à entendre dans un monde qui tend à dresser de plus en plus de barrières protectionnistes et où des leaders comme Trump cherchent à diviser et à polariser le monde plutôt que de le rassembler.

Il faut féliciter la Chambre de commerce et d’industrie de Sherbrooke pour cette initiative et souhaiter que cela présage la tenue de nombreuses autres activités qui permettra à notre région de devenir une sorte de plaque tournante des échanges économiques entre l’Europe, Le Canada et les États-Unis.

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Le débat du Canada

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Date: 8 octobre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Malgré la présence d’Yves-François Blanchet au débat anglais de la CBC hier, on a eu l’impression que le débat était celui du Canada et non pas celui du Québec. Expliquons.

Le débat présenté hier à CBC a offert une dynamique fort différente de celui qui a été diffusé sur le réseau TVA la semaine dernière. Le fait que ce débat s’est fait à six plutôt qu’à quatre a beaucoup à voir avec cette différence de la dynamique entre les différents candidats. Il y a eu beaucoup plus cacophonique. Les préoccupations du Québec ont été presque totalement absentes malgré les tentatives répétées du leader du Bloc québécois d’imposer des sujets comme le droit fédéral de dépenser, la laïcité, le respect des responsabilités des provinces. Tout cela est tombé à plat parce que les autres chefs ont ignoré ces préoccupations. Ce sera fort différent jeudi soir prochain dans la version française de ce débat. Le moment où l’on a le plus parlé du Québec, c’était pour le mettre au banc des accusés pour sa Loi 21 et pour discuter de la péréquation. Le Québec et le Canada sont donc deux sociétés fort différentes. Cela est un fait indéniable et cela a transpiré dans ce débat.

Sur le débat lui-même, on peut remarquer que le chef conservateur, Andrew Scheer, a connu une meilleure performance que celle de la semaine dernière sur le réseau TVA. Il a été beaucoup plus incisif. Il a eu probablement les meilleures attaques envers le chef libéral Justin Trudeau notamment quand il a lui a dit qu’il portait toujours des masques et jouait des rôles de grand défenseur de la veuve et de l’orphelin. Il a marqué un point quand il a dit à Justin Trudeau qu’il n’avait pas de leçons à recevoir de quelqu’un qui a congédié injustement sa ministre de la justice, première femme autochtone ministre de la Justice au pays.

Justin Trudeau n’a pas connu une mauvaise soirée, mais il a été plutôt effacé même s’il a été l’objet de toutes les attaques de ses adversaires. Il a bien cherché à associer Andrew Scheer à Maxime Bernier en disant que le rôle de Maxime Bernier était de dire publiquement ce que pensait Andrew Scheer tout bas. Bonne ligne d’attaque.

Jagmeet Singh a connu un bon débat, mais sa conférence de presse et sa réponse confuse quant à sa possible intervention concernant la Loi 21 est venue un peu porter ombrage à sa performance somme toute honnête. Ce sera le clip qui sera repris aujourd’hui dans les reportages sur le débat et dans les commentaires sur ce même débat. Il a pris une sérieuse option sur la possibilité de perdre le débat sur les débats.

Yves François Blanchet a eu une performance honnête. Il a réitéré les positions du Québec, mais il a été un participant effacé. Il n’avait rien à gagner ni à perdre dans ce débat. Une performance moins spectaculaire que les précédentes de l’ancien chef Gilles Duceppe. Elisabeth May a réussi à se faire la championne des changements climatiques et elle est toujours aussi sympathique. Cela sera néanmoins insuffisant pour gagner beaucoup de votes. Quant à Maxime Bernier, il a pris beaucoup de place, mais il est le seul chef qui a mal paru dans l’ensemble de ces débats. C’est lui le perdant du débat d’hier soir.

Bref, un débat qui ne fait pas de gagnants. Dans ces circonstances, le gagnant est Justin Trudeau, car c’est lui le roi de la montagne et personne n’a réussi à le déloger.

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