La question du Québec absente de l’opinion publique canadienne

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Date: 17 octobre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

S’il fut un temps où la question du Québec occupait l’avant-scène de l’actualité politique canadienne, on doit comprendre qu’aujourd’hui ce n’est plus le cas. N’en déplaise à notre premier ministre Philippe Couillard, ce n’est pas demain la veille que nos partenaires canadiens accepteront de discuter des conditions de la signature du Québec de la constitution canadienne rapatriée en 1982 par le père de Justin Trudeau, Pierre Elliott Trudeau. On se rappelle qu’après des négociations ardues entre les provinces et le gouvernement fédéral, la constitution canadienne fut rapatriée de Londres, accompagnée d’une Charte des droits et libertés sans le consentement du Québec.

Il est indéniable que la question du Québec occupe peu ou prou de place dans les préoccupations de la classe politique canadienne. Comment pourrait-il en être autrement alors que même les Québécoises et les Québécois se désintéressent de cette question? De nos jours, on est même majoritairement contre le fait d’être consulté par référendum sur la question.

Si nous avions besoin d’une preuve supplémentaire pour nous en convaincre, nous n’avons qu’à lire le recueil de textes concocté par les chercheurs des universités de Toronto et de York à l’occasion du 150e anniversaire du Canada que viennent de publier les Presses de l’Université Laval.

Dans ces deux livres regroupant plus de 29 articles jugés parmi les meilleurs par les experts portant sur la confédération, les auteurs font le point dans l’introduction sur l’état de la question en 2017. Vous ne serez guère étonné que ce soit la question des droits autochtones et de la place des nations amérindiennes qui ont la côte de ce livre. Pour les auteurs de Vers la confédération. La construction du Canada en 1867, il est clair que la question de l’heure consiste à rompre avec la vieille trame narrative de l’histoire canadienne et à comprendre que les discours traditionnels qui l’ont influencée ne sont plus d’actualité aujourd’hui. Devinez quels sont les éléments de cette vieille trame narrative. Je vous les donne en mille : la question des peuples fondateurs, la question nationale, le sort des minorités françaises au Canada et l’égalité des provinces.

C’est dommage que les perspectives historiographiques des auteurs occultent ainsi le Québec dans les défis de l’avenir, car les textes présentés sont une excellente initiative et sont pour la très grande majorité des choix judicieux quant à l’impact de ces textes qui ont façonné notre compréhension de la naissance du Canada. Si vous pensez que j’exagère la signification de l’absence du Québec, je vous invite à lire un extrait de l’introduction des auteurs :

« Si nous nous tournons vers l’avenir et le prochain anniversaire du Canada, son bicentenaire en 2067, nous espérons et anticipons qu’à cette date, la réalité des Premières Nations sera pleinement intégrée à l’histoire canadienne. Comme nous l’avons mentionné plus haut, cette question est pour les spécialistes un thème de recherche et de réflexion intellectuelle à la fois crucial et inexploré. Au sein du pays, une majorité admet désormais que réparer la relation du Canada avec les peuples autochtones est une mission inachevée, vitale et difficile, mais urgente. Nous ignorons à quels résultats aboutiront nos efforts en ce sens, mais il est possible de conjecturer que d’ici à 2067, la Confédération perdra, dans une certaine mesure, sa place unique dans l’imaginaire national, et se rangera aux côtés d’autres événements et processus qui ont contribué au même titre à l’histoire du Canada. » (Jacqueline D. Krikorian, David R. Cameron, Marcel Martel, Andrew MCDougall et Robert C. Vipond, Vers la Confédération. La construction du Canada 1867, Québec, Presses de l’Université Laval, 2017, p. 36).

Si je reconnais d’emblée avec les auteurs que la question de la place des autochtones dans notre historiographie a été négligée tout comme celle des femmes et de la classe ouvrière, il n’en reste pas moins que celle des francophones et du Québec aussi. Plusieurs historiens québécois croient à juste titre que l’Union des deux Canada en 1841 est le fait le plus dominant de l’histoire canadienne. C’est grâce à cette union forcée du Québec et de l’Ontario qu’a commencé lentement, mais inexorablement la lente assimilation des Canadiens de langue française. Les Français ont été conquis, les membres des nations autochtones ont été envahis. Les Acadiens ont été décimés par leur exil. Des réalités incontournables de l’histoire canadienne. Les perspectives de l’introduction de ce recueil de textes nient les réalités de tous les peuples du Canada à l’exception des peuples autochtones. C’est vraiment dommage que l’on célèbre le 150e anniversaire du Canada ainsi. Les auteurs ne voulaient-ils pas élargir nos perspectives et combler des lacunes auxquelles « il faudra remédier dans l’avenir ». (Ibid. p. 10)

Les intellectuels canadiens viennent de rater une belle occasion de remettre les pendules à l’heure. Si les recherches historiques constituent un bon baromètre de l’état actuel des choses, on peut penser que ce n’est pas demain la veille que les droits du Québec seront reconnus par la constitution canadienne.

 

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Les discours in pour l’opinion publique : la participation citoyenne

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Date: 16 octobre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Ce dernier weekend dans les médias, il y avait beaucoup d’articles et d’opinions qui s’intéressaient aux élections municipales qui se tiennent actuellement au Québec. Couverture des campagnes électorales de Montréal et Québec, des sondages sur la performance étonnante de la candidate faisant face à Denis Coderre à Montréal. Outre ses sujets, il y avait aussi des articles de fond sur des questions comme la représentation des femmes en politique municipale et sur la participation citoyenne.

De tous les sujets le thème de la participation citoyenne est un thème qui semble s’imposer un peu partout dans les grandes villes du Québec. Ce qui est vrai pour Montréal, Québec et Laval ne l’est pas moins pour des villes comme Sherbrooke et Longueuil. La participation citoyenne est un thème qui semble récurrent même s’il peut désigner de nombreuses réalités. Que l’on songe à la consultation de citoyennes et de citoyens, à la création de comités citoyens de quartier, à la création de comités consultatifs ou encore à la participation à des budgets participatifs. Cela pourrait indiquer que la démocratie municipale est en progrès où que les citoyennes et les citoyens s’intéressent de plus en plus à la chose politique municipale. Pourtant, le Directeur général des élections s’inquiète à l’avance du taux de participation des électeurs aux prochaines élections municipales. Il a même lancé une campagne publicitaire pour stimuler le vote lors de ces prochaines élections.

On peut bien se gargariser de participation citoyenne, mais l’important c’est la réponse aux besoins des gens dans le domaine municipal. Or, les besoins sont diversifiés et souvent opposés. Certains souhaitent que leur ville s’investisse moins dans des activités de développement et se concentre sur l’entretien des rues et la sécurité de leur ville. D’autres souhaitent davantage de transport en commun alors qu’ailleurs comme dans la ville de Québec la population souhaite plus d’autoroutes et un troisième lien. Comme c’est souvent le cas en démocratie, nous ne sommes pas unanimes et à la fin d’une campagne il y a toujours une vision qui s’impose. Un gagnant et des perdants. Cette vision qui s’impose au terme d’une élection devra cependant cohabiter avec les visions de celles et de ceux qui ont perdu et qui, au nom de la démocratie surveilleront de près celles et ceux qui seront élus. Ils feront de la politique et chercheront à contrecarrer les actions de personnes qui les ont défaits aux élections et rebelote…

Dans un tel contexte, il me semble qu’il serait temps que l’on songe à profiter des nouvelles technologies de l’information, de la puissance du Web pour redonner un nouveau souffle à notre démocratie et chercher à atteindre un meilleur équilibre entre la démocratie de participation et la démocratie de représentation. À titre d’exemple, pourquoi ne pas solliciter le vote de tous les électeurs d’une ville sur des questions importantes comme le budget, comme des projets importants, Well inc. par exemple chez nous et de nombreux autres sujets fondamentaux? Si nous pouvons gérer notre argent par le Web, on serait sûrement en mesure de gérer notre démocratie par le Web. Je ne propose pas que ces votes soient décisionnels. Non. Je pense que ces votes indicatifs donneraient à nos élus, celles et ceux qui sont payés pour prendre des décisions en notre nom à tous, le pouls de la population qu’il représente. Si notre élu décidait de voter contre cette volonté populaire exprimée libre à lui, il pourrait s’expliquer à ses lecteurs lors de sa réélection.

La participation citoyenne c’est bien, mais un meilleur équilibre entre la démocratie de participation et la démocratie de représentation serait beaucoup mieux…

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Les fauves de l’opinion publique

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Date: 13 octobre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Les journalistes de la colline parlementaire rattachés à l’actualité québécoise sont impitoyables. Ils ne laissent aucune chance à la classe politique. Se réclamant de la vertu, ils se disent garants de la démocratie. Ils sont comme les fauves de l’opinion publique. La moindre erreur d’un politicien peut ruiner tous ses efforts de communication en un clin d’œil. Cela peut devenir une source de frustration énorme pour la classe politique et se traduire par des attaques envers les médias. Ça s’appelle tirer sur le messager.

Hier, c’est un peu le piège dans lequel est tombé le premier ministre libéral Philippe Couillard avec les correspondants des médias de la colline parlementaire québécoise des différents médias. Pris dans une mêlée journalistique, le premier ministre Couillard entouré de plusieurs de ses ministres devait répondre aux principales critiques des médias quant à son remaniement ministériel : peu de changements autres qu’esthétiques puisque la majorité des ministres influents n’ont pas bougé, le remaniement de son cabinet est si près des élections que ses nouveaux ministres n’auront pas le temps de faire quoi que ce soit d’important, des critiques infondées sur la nomination du jeune Fortin comme ministre des Transports, sa piètre performance dans la livraison de son discours à la suite de la présentation du conseil des ministres.

Monsieur Couillard, notre premier ministre, était visiblement excédé par toutes ces questions et par les critiques qu’il avait lues. Il a comme on le dit en bon québécois « pété sa coche » en reprochant aux médias de ne vouloir que du sang et de la chair, de chercher des histoires avec des drames humains. Bref, de mal faire leur travail et de rechercher le spectaculaire. Monsieur Couillard est bien mal avisé de s’en prendre aux médias et à leur travail. Ses critiques et observations ne sont pas dénués de tout fondement, mais à ce jeu les médias et les journalistes sortent toujours gagnants au détriment des politiciens. C’est un jeu dangereux auquel s’est livré le premier ministre Couillard hier. La hargne des fauves est inhérente à la fonction. Il faut apprendre à vivre avec, pour le meilleur et bien souvent pour le pire.

Il est vrai que de nombreuses critiques formulées par les représentants des médias sont injustes à l’égard du gouvernement et de monsieur Couillard. C’est étonnant de voir l’impatience qu’ils ont à vouloir que les nouveaux titulaires des ministères se prononcent sur les enjeux les plus délicats. Le ministre Heurtel sur le sort réservé à la consultation sur la discrimination systémique et le racisme, le ministre Moreau sur son opinion sur l’exploitation du pétrole en territoire gaspésien, et tutti quanti. On refuse aux nouveaux ministres le moindre temps pour prendre connaissance de ses dossiers et pour se faire une tête sur ses nouvelles responsabilités. Cela peut-être frustrant pour monsieur Couillard.

Le jeu politique est impitoyable. Ce n’est pas l’auteur de ce blogue qui va l’apprendre à monsieur Couillard et aux libéraux. La nouvelle situation concernant la date d’élection qui est déjà connue crée en plus un contexte politique de campagne électorale permanente. On l’a constaté hier quand on a pris la mesure des critiques des oppositions sur le remaniement ministériel qui n’ont pas laissé une minute aux nouveaux titulaires de ministères pour célébrer leurs nouvelles responsabilités. On est passé tout de suite à l’attaque. Vraiment pas facile la politique.

Pourtant, ce qu’un politicien expérimenté comme Couillard aurait dû faire, c’est gardé son calme, mettre la lumière sur les nouveaux membres de son conseil des ministres. Par sa saute d’humeur, le premier ministre Couillard a changé le centre d’intérêt de la caméra et a retourné les projecteurs sur sa propre personne. Il ne s’est pas aidé et aura lui-même contribué à raccourcir la durée de vie de sa « bonne nouvelle ». Il vient de perdre l’avantage de l’agenda par sa propre faute.

Impitoyable la vie politique pour celles et ceux qui veulent conquérir l’opinion publique. Monsieur Couillard vient d’en faire une démonstration supplémentaire hier.

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Opération de relations publiques réussie!

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Date: 12 octobre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Hier, comme prévu, Philippe Couillard, le chef du Parti libéral du Québec et premier ministre, a procédé à un remaniement important de son conseil des ministres espérant donner un nouveau souffle à son gouvernement à un an de l’élection. Pour l’essentiel, on peut convenir que monsieur Couillard a réussi son opération de relations publiques. Le nouveau conseil de ministre présenté par monsieur Couillard fait entrer de nouveaux visages, des jeunes et des femmes, tout en gardant son noyau intact. Pour prendre le langage du hockey, Philippe Couillard a gardé intacts ses joueurs de premier trio aux finances, à l’éducation, à la santé et en chambre. Il a incorporé de nouvelles recrues pour son deuxième trio avec les Fortin, Melançon et Tremblay. Il a joué à la chaise musicale avec le Conseil du trésor et les Ressources naturelles. Néanmoins, Pierre Moreau aurait pu jouer un plus grand rôle en offensive, mais monsieur Couillard a décidé d’en faire un joueur d’unité spéciale.

Par ailleurs, le premier ministre a donné des promotions à plusieurs députés d’arrière-ban et a mis de nouveaux joueurs, de nouvelles joueuses devrai-je plutôt écrire, dans le dossier délicat des relations entre le conseil des ministres et le caucus des députés. Au passage, il règle des effets de perception dans des dossiers comme le transport (avec monsieur Lessard, tempête de neige et Uber) et la commission sur le racisme et la discrimination systémique (madame Weill).

Monsieur Couillard a bien exécuté sa pirouette de relations publiques avec ce remaniement, respectant la mixité hommes-femmes, la provenance géographique et la jeunesse. Il a aussi renforcé son équipe de guerre dans la région de Québec avec Sébastien Proulx et l’arrivée de Véronique Tremblay. La plus grande surprise est sans contredit la nomination du jeune André Fortin au Transport ainsi que la rétrogradation de Luc Fortin à la famille. Il faut dire que monsieur Fortin avait démontré de belles choses dans le dossier Netflix et la défense du contenu québécois. Une défense du Québec et de ses intérêts qui n’est pas habituelle sous un gouvernement Couillard.

En bref, Philippe Couillard a réussi l’opération de relations publiques en dépit du mauvais discours qu’il a livré pour nous présenter son nouveau conseil des ministres. Un discours monocorde avec de bonnes idées, mais sans souffle et surtout sans fougue. Monsieur Couillard avait l’air éteint. Pourtant, ses communicateurs et stratèges avaient bien joué leurs cartes. Des thèmes forts, un flirt évident avec les sujets chers à la Coalition avenir Québec avec des images fortes de famille (les enfants d’André Fortin qui s’agglutinent autour de lui lors de sa prestation de serment) et un rappel fondé sur le fait que les choses vont bien au Québec notamment en économie et sur le plan des finances publiques. Trop de temps sur le bilan et pas assez sur la vision d’avenir cependant…

Cette opération de relations publiques réussie met plus en lumière le grand problème de ce gouvernement, son chef. Dans les semaines et les mois qui viennent, nous pourrons constater si cette analyse est trop sévère ou si elle est complètement dans le champ. Néanmoins, le remaniement du cabinet a été un succès. Serait-ce une courte embellie ou le début d’une ère nouvelle de transformation du Québec? Voilà la vraie et unique question.

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Calmer l’opinion publique et remanier le cabinet

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Date: 11 octobre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Les rumeurs sont persistantes. Aujourd’hui, le chef du Parti libéral du Québec et premier ministre du Québec Philippe Couillard devrait procéder au remaniement de son cabinet des ministres. Dans le sillage de la défaite spectaculaire du PLQ dans Louis-Hébert au profit de la Coalition avenir Québec de François Legault, tous les observateurs et commentateurs de l’actualité politique québécoise s’entendent pour convenir que le premier ministre Couillard n’a pas le choix et qu’il doit procéder à un remaniement en profondeur de son cabinet ministériel pour présenter une image de renouveau de son gouvernement.

Malheureusement pour le premier ministre, présenter une image rajeunie de son gouvernement ne sera pas une tâche aisée. D’abord, il compte sur une députation dont les membres sont en politique depuis longtemps. Plusieurs étaient là sous l’époque de Jean Charest et c’est difficile de faire du neuf avec du vieux. D’ailleurs, ce ne sont pas les ministres les plus expérimentés qui sont la cause des problèmes d’image du gouvernement. À preuve, les Jean-Marc Fournier et Pierre Moreau sont plus des solutions que des problèmes pour ce gouvernement. Certes, on ne s’attend pas à ce que monsieur Couillard rappelle les Pierre Paradis et Pierre Reid au cabinet. Néanmoins, certains visages de ce gouvernement ont plutôt mal vieilli à commencer par les jeunes ministres comme Gaétan Barrette qui est associé à de multiples décisions plus ou moins appréciées en matière de santé et de services sociaux.

Parmi les valeurs sûres de ce gouvernement, il y a les ministres Dominique Anglade, Sébastien Proulx, Martin Coiteux, Carlos Leitão et les vieux routiers Moreau, Fournier et St-Pierre. On n’a rien à redire de Pierre Arcand, ni de Kathleen Weill, Hélène David, Dominique Vien, Geoff Kelley et de l’étonnant Luc Fortin qui vient de se donner de la stature dans le dossier Netflix présenté et défendu par Mélanie Joly. Par contre, les ministres Heurtel, Lessard, Blais, d’Amour, Thériault, Boulet et Vallée n’ont rien cassé et ils doivent sentir le souffle du changement.

Quoi qu’il en soit, l’exercice de remanier un cabinet est l’un des plus difficiles pour un premier ministre et ce n’est pas de tout repos. Il faut tenir compte de la popularité des candidats dans le parti, de leur force d’attraction dans la population, de leur expérience, de leur origine géographique, de leur sexe et de leur âge. L’âge. Quel sujet!

Depuis un certain temps, on ne semble plus en avoir que pour les jeunes de moins de 40 ans au Québec comme si avoir 50 ans ou 60 ans était un crime de nos jours. Il arrive souvent que les sociétés vieillissantes comme la nôtre s’adonnent à la désagréable propension au « jeunisme ». Il faudrait être attentif à ce phénomène. Il ne faut pas tout mêler. Il y a de jeunes vieux tout comme il y a des vieux qui ne sont pas si âgés. L’important pour ne pas devenir vieux c’est de conserver sa capacité d’émerveillement intacte et surtout sa capacité d’adaptation.

Dans le cas du remaniement ministériel, la jeunesse ne peut faire foi de tout et surtout elle ne peut pas parvenir à faire oublier l’usure d’un gouvernement et d’un parti qui est là depuis 2003, à part une petite pause de 18 mois du gouvernement Marois. Monsieur Couillard veut présenter une image rajeunie de son gouvernement, la meilleure façon pour lui d’atteindre ce résultat serait qu’il quitte la vie politique. Lui aussi est là depuis 2003…

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De retour

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Date: 10 octobre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Celles et ceux qui suivent ce blogue sur le site du Cabinet de relations publiques et de communication, Nadeau Bellavance, auront noté notre absence la semaine dernière. Cette absence ne se justifiait pas par le manque de sujets dans l’actualité, bien au contraire.

Cela prend plutôt appui sur une décision toute simple, nous avons changé de lieu d’hébergement de notre site Web, voilà la raison de cette pause. Cette décision a été prise afin d’assurer une meilleure sécurité de nos contenus tout en prenant des moyens plus conviviaux pour nos amis qui gèrent dorénavant l’infrastructure Web de notre entreprise. D’autres changements sont à venir notamment une refonte de notre site Web, le www.nadeaubellavance.com. Nous allons en rajeunir l’image tout en nous assurant qu’il puisse être visible de toutes les plates-formes que vous utilisez pour suivre nos activités.

Cela étant dit, l’actualité de la semaine dernière a été fertile en événements. La violence du gouvernement espagnol en Catalogne, les pitreries du président Trump à Porto-Rico, l’éclatante victoire de la Coalition avenir Québec dans la forteresse libérale de Louis-Hébert ainsi que la suspension du commentateur de l’actualité à La joute, l’ex-journaliste et l’ex-porte-parole du cabinet de Brian Mulroney.

J’ai entendu en direct la remarque de Luc Lavoie au sujet de la chasse qu’il aurait aimé faire. Un humour de très mauvais goût et une erreur inexcusable pour un communicateur de son calibre. aura eu au moins l’intelligence de s’en excuser rapidement. Cela n’a pas empêché la justice du far Web de s’exprimer dans sa violence et la déraison qui lui est coutumière. S’il est vrai que l’affirmation de Luc Lavoie n’avait pas sa place sur les ondes du réseau TVA, que dire des propos calomnieux et digne des égouts les plus sales que j’ai pu lire sur Facebook? En plus, ces gens qui jouaient aux justiciers en pratiquant l’amalgame facile écrivaient pour la très grande majorité dans un très mauvais français. Ces gens qui veulent un pays auraient bien de la difficulté à en écrire les raisons dans un français acceptable.

Les accusations portées contre Luc Lavoie sont nettement exagérées. Luc Lavoie méritait une sanction pour ses propos, mais le prix qu’il a déjà payé pour sa faute est largement suffisant. J’ai hâte d’entendre à nouveau Luc Lavoie sur les ondes du réseau TVA à La joute. Je lui souhaite seulement de garder son cynisme intact même s’il devrait faire place à plus de réserves sur sa « détestation des souverainistes ». La souveraineté est une cause noble, mais qui n’est pas partagée par une solide majorité de la population du Québec. Luc Lavoie devrait se rappeler que l’on ne doit jamais s’acharner sur des gens pour leurs idées même si l’on peut critiquer certaines idées qui sont de moins en moins en phase avec notre monde.

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L’opinion publique contre la violence espagnole

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Date: 3 octobre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Honte à l’Espagne! Honte à ce régime inique qui réprime la démocratie catalane avec ses sbires et par la force de ses matraques! Honte aussi à la communauté européenne et à ses leaders allemands et français qui ont choisi de détourner les yeux de la violence de l’État espagnol contre les populations civiles.

Ce qui s’est passé dimanche dernier en Catalogne, les images où l’on voit des policiers frapper sur des jeunes et des moins jeunes à grands coups de matraque et de coup de pied pour les empêcher de voter sont insoutenables. Déjà, au-delà des discussions politiques sur la valeur des résultats, l’Espagne a perdu. Catalogne 10, Espagne 0. Les images des violences de l’État espagnol contre la population constituent une véritable usine à fabriquer des souverainistes catalans. Comment peut-on imaginer que des démocrates puissent détourner le regard de ces images violentes et ne pas donner son appui à ces femmes et à ces hommes qui ne voulaient qu’exprimer leur opinion par l’entremise d’un scrutin. Illégal ou non, on ne peut gagner quand on violente des gens pour qu’ils ne puissent pas exprimer leurs opinions sur des sujets aussi majeurs que l’avenir d’un pays.

Chez nous, les principaux dirigeants politiques ont dénoncé la violence et on a invité les parties au dialogue. On a reconnu le droit à l’autodétermination des peuples et dénoncé la violence sans se prononcer sur le fond de la question, ce qui est normal. Néanmoins, les lendemains de veille seront difficiles pour l’Espagne et les leaders de la communauté européenne. Avec un taux de participation de plus de 40 % et plus de 90 % des gens qui se sont prononcés en faveur de l’indépendance de la Catalogne, on ne peut pas conclure que le problème entre l’Espagne et la Catalogne s’est évanoui. Ce n’est pas la déclaration du président espagnol, Mariano Rajoy, voulant qu’il ne se soit rien passé et qu’il n’y ait pas eu de référendum qui va permettre de trouver une solution à cet enjeu difficile.

Le peuple catalan dans la rue n’a pas usé de violence malgré la répression qui s’est abattue sur lui. Il a répondu à cette violence par des chants, des danses et par une relative bonne humeur bon enfant. Cela ne durera pas éternellement cependant. Si le gouvernement espagnol ne parvient pas à rétablir un vrai dialogue avec le peuple catalan, s’il choisit de le réprimer encore plus durement, il ne va que faire naître de la violence. Ce serait dommage que l’on pousse ce peuple pacifique vers les extrêmes pour se faire entendre. La communauté européenne et la communauté internationale ont un rôle à jouer pour apaiser le jeu. Reste à voir si pour une fois, nous serons à la hauteur du défi qui est posé à l’Espagne et au monde. On ne peut empêcher un cœur d’aimer, comme on ne peut empêcher une nation de s’affirmer. Le droit à l’autodétermination constitue un droit inaliénable de tout peuple sur la terre. Les Catalans y ont droit comme nous les Québécois. La logique constitutionnelle doit s’effacer devant la détermination d’un peuple.

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Achat local, politicaillerie et espace public

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Date: 2 octobre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

La semaine dernière, on a pu lire sur les médias sociaux de nombreux échanges partisans entre les gens du Renouveau Sherbrookois et Sherbrooke Citoyen sur divers sujets. C’est dire que la campagne électorale est bel et bien commencée. Une anecdote a particulièrement retenu mon attention : c’est le fait que le parti Sherbrooke Citoyen a fait imprimer ses affiches électorales à Laval et cette information a circulé la même semaine où l’on a dévoilé un engagement électoral à la faveur de l’achat local.

Bien entendu, ce fait a été noté par le candidat du Renouveau Sherbrookois, Vincent Boutin. Un bon coup qui montre les contradictions de ses adversaires. Le président de Sherbrooke Citoyen a justifié la décision de faire affaire avec une firme de Laval par le fait que c’était un achat en groupe et qu’une partie des sommes payées allait à la ligue d’Action civique qui est en fait un organisme sans but lucratif regroupant des citoyennes et des citoyens de diverses allégeances pour promouvoir la transparence, la participation citoyenne et la lutte contre la corruption. Cause noble et qui rejoint les valeurs promues par Sherbrooke Citoyen. Néanmoins, comme je l’écrivais à quelqu’un sur Facebook, ce n’est pas une raison suffisante pour aller à l’encontre d’un principe aussi fondamental pour ce parti que l’achat local. On aurait bien pu faire un don en argent d’une somme équivalente à l’organisme en question et négocier à l’avenant un prix concurrentiel pour l’impression de ces affiches. Mais bref, cette situation est anecdotique même si cela révèle que ce n’est pas toujours facile de faire passer le test de la réalité à ses convictions en tout lieu et en toutes circonstances.

Dans le même registre, on a reproché chez Sherbrooke Citoyen au maire sortant de recycler de vieilles promesses en promettant une plus grande participation citoyenne. On fait semblant d’oublier qu’en 2009, j’y étais, le Renouveau Sherbrookois n’avait que trois élus et un maire, c’était difficile d’appliquer son programme puisqu’une forte majorité des conseillers n’y étaient pas particulièrement favorables. Cela ne signifie pas que l’on ne peut critiquer d’autres aspects plus importants comme l’engagement qu’avait pris le maire actuel de ne faire que deux mandats ou celui d’avoir finalement modifié le schéma d’aménagement de la Ville de Sherbrooke pour agrandir le périmètre du Plateau Saint-Joseph et ainsi y permettre la venue de Costco.

Tout cela pour dire qu’au terme d’une première semaine de campagne électorale, les propos volent parfois bas de part et d’autre. La population pourrait s’attendre à plus de cette campagne électorale qui se doit d’être un débat d’idées. Par exemple, l’idée de ne plus donner de congés de taxes à de grandes entreprises pour les remplacer par un fonds de capital de risque à de petites entreprises. Est-ce à dire que l’on tournerait le dos à des Soprema, Kruger, Cooper et Sherweb?

Il y a aussi cette autre idée promue par le candidat indépendant Lussier de développer la ville en fonction de son carnet d’adresses et où le maire jouerait un rôle prépondérant dans la prospection de nouvelles entreprises. On se croirait au temps du maire Jean-Paul Pelletier.

Bref, il y a place pour des débats d’idées plus novatrices dans cette campagne qui s’amorce. C’est ce que je nous souhaite à nous citoyennes et citoyens de Sherbrooke.

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Les visages de l’intolérance

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Date: 29 septembre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Comme bien d’autres résidants de la ville de Sherbrooke, j’ai été, tour à tour, étonné et stupéfait du brouhaha autour de l’œuvre de l’artiste Olivier Bonnard au parc Victoria. On se rappellera qu’un fonctionnaire de la ville sous la pression de « plaintes de provenance inconnue » avait demandé à l’artiste de corriger son œuvre parce qu’elle montrait des femmes musiciennes avec des seins nus.

Lors d’une séance du conseil municipal subséquente, nous avons eu droit à des explications plausibles et à un mea-culpa qui nous a réconciliés avec notre ville. Après tout, qui n’a jamais fait d’erreur? Or, un autre fonctionnaire de la ville de Sherbrooke récidive et annule un spectacle de musique de rap destiné aux jeunes sur la base d’un rapport de police. Ça fait deux événements similaires en moins de deux semaines.

Je veux bien être rassuré par les propos du maire de notre ville, monsieur Bernard Sévigny, et par ceux du président du Comité exécutif, monsieur Serge Paquin, mais je commence à trouver comme bon nombre de citoyennes et de citoyens que les coïncidences sont troublantes. On peut être sympathique aux explications sur les processus administratifs et avoir confiance à la bonne foi des gens impliqués, mais cela commence à ressembler à une certaine forme d’intolérance à la différence et à une chasse aux sorcières. Je serais tenté d’avancer l’hypothèse qu’au lieu d’être une affaire de processus c’est plutôt une affaire de valeurs et de culture.

Or, la ville de Sherbrooke qui est un tout petit milieu, un « village », fait montre depuis un certain temps d’une certaine forme d’intolérance qui s’exprime de diverses façons. Certains s’inquiètent de la présence de micromaisons dans leur quartier craignant pour la baisse de la valeur de leur propriété et du haut taux de roulement des occupants, d’autres ne souhaitaient pas voisiner des personnes du troisième âge dans leur quartier alors que des citoyennes et les citoyens font part de leur mécontentement quant aux bruits provenant d’activités musicales dans un coin ou l’autre de la ville. Sans compter les sagas concernant la turbulence des étudiantes et des étudiants dans certains quartiers et dans le transport en commun.

Certes, il serait exagéré de monter en épingle ces divers événements pour en conclure que Sherbrooke est la capitale de l’intolérance. Loin de moi cette idée. Néanmoins, tous ces faits pointent dans une même direction. Une montée d’un sentiment diffus pour refuser de partager l’espace public avec ce qui est différent de nous. Cela est préoccupant.

À une époque où nous devons plus que jamais apprendre à recomposer nos vies avec la différence, il me semble que nos élus devraient être fortement préoccupés par ces phénomènes. Si l’on ne veut pas tolérer les diverses formes d’expression artistique dans notre vie commune, comment serons-nous capables d’affronter le défi du métissage des populations?

Comme le reste du Québec, la population de notre ville vieillit et il faudra pour l’avenir se préoccuper de la coexistence d’une population jeune et dynamique, les étudiantes et les étudiants qui constituent 25 % de notre population, avec une population vieillissante. Il faut aussi ne pas prendre avec un grain de sel la question des valeurs portées par la fonction publique sherbrookoise. Ces valeurs doivent refléter celles de la population et être défendues par nos élus. Pour les connaitre, je sais pertinemment que ces faits troublants quant à l’affaire du parc Victoria et celle du spectacle musical de rap annulé ne reflètent aucunement les valeurs prônées et défendues par les membres de notre conseil municipal. Il est temps que la fonction publique en soit avisée et qu’elle en prenne acte. Les visages de l’intolérance sont toujours insidieux. Il faut prendre bien soin de les tenir loin de notre vie commune.

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La guerre de l’air

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Date: 28 septembre 2017
Auteur: Daniel Nadeau

Il n’y a pas de doute possible. Les États-Unis, nos voisins et principaux partenaires économiques, viennent de déclarer la guerre commerciale au Canada et au modèle québécois. La décision du département de commerce américain d’imposer une surtaxe de 220 % sur les avions CSeries produits par Bombardier ne laisse planer aucun doute sur les intentions politiques de notre voisin américain.

Sur la foi d’une plainte suspecte de la compagnie Boeing qui n’était même pas un joueur dans le marché qui s’est conclu par la vente d’une centaine d’avions à la compagnie américaine Delta, les autorités américaines ont décidé de donner de la force au slogan électoral de leur président « America First ». Sans aucun scrupule, l’imposition de ces droits compensatoires par le département de commerce américain est une grave injustice envers le génie et l’innovation du Québec. Boeing s’est fait le complice du gouvernement américain dans cette affaire pour donner une tonalité particulière aux renégociations du traité de l’ALENA. Nous pouvons nous attendre au pire dans les prochaines semaines et les prochains mois. Le courant protectionniste décuplé chez nos voisins américains ne peut qu’affaiblir à court terme l’économie canadienne et faire de graves torts à toute sa population. De bonne foi, le Canada a accepté l’intégration de son économie à l’économie américaine et aujourd’hui tout est remis en question.

La crise de la CSeries va s’étendre aux alumineries, à la fabrication de jeux vidéo et à la cimenterie de Port-Daniel en Gaspésie. Nous sommes mal foutus et des lendemains de veille difficiles nous attendent. On peut espérer très peu des actuelles renégociations de l’ALENA dans un pareil contexte politique.

Dans un tel contexte, il serait temps que nous puissions considérer sérieusement nous tourner vers de nouveaux marchés en Asie et en Europe. Le traité de libre-échange qui vient d’entrer en vigueur avec l’Union européenne est un outil à la disposition de notre pays pour chercher à tirer profit de nouveaux marchés. Il faut aussi jouer intelligemment notre relation avec la Chine afin de venir contrecarrer les volontés revanchardes des Américains de Donald Trump. Il est peut-être temps de reconsidérer notre vieille relation d’amitié avec les États-Unis et de leur servir le même traitement qu’ils nous font subir. Il est vrai que nous ne pourrons jamais autant les atteindre qu’eux le réussissent, mais nous devons faire preuve de fierté et de détermination.

Si le département de commerce américain maintient sa ligne dure, il sera peut-être temps de considérer la fermeture des usines de Bombardier aux États-Unis et de mettre les 22 000 travailleuses et travailleurs américains qui dépendent de nous au chômage. Canada First!

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