Fini le Far West dans les conseils municipaux

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Date: 15 novembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

C’est presque passé inaperçu dans le brouhaha du recul du gouvernement Legault sur l’immigration, mais le gouvernement Legault a déposé il y a deux jours à l’Assemblée nationale un projet de loi omnibus qui vient modifier de nombreuses mesures législatives concernant les petites, moyennes et grandes villes du Québec. Déposé par la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, ce projet de loi vient doter la Commission municipale du Québec, le tribunal administratif indépendant des municipalités de plus de pouvoirs.

Désormais, la Commission municipale du Québec n’aura plus à attendre qu’une plainte soit déposée pour intervenir dans un dossier ou un maire ferait du harcèlement, de l’intimidation ou userait d’un langage grossier. Quand ses officiers le jugeront bon, la CNQ pourrait intervenir et sanctionner les fautifs. Dommage, les élus anciens et actuels de la Ville de Sherbrooke comprendront l’allusion, que le gouvernement n’a pas jugé bon d’étendre les pouvoirs de la CMQ aux citoyennes et aux citoyens qui auraient eux aussi des comportements abusifs ou intimidateurs. Bon, mais ce n’est pas sa juridiction.

Le gouvernement Legault dans ce projet de loi vient mieux encadrer les activités des élus tout en imposant un code d’éthique commun à toutes les municipalités du Québec. On donnera aussi aux villes le pouvoir de discuter avec les soumissionnaires aux différentes étapes de réalisation des projets. Le gouvernement Legault obligera aussi les villes à exiger un minimum de 25 % de contenu local lors de la réalisation de projets de transport en commun. De nombreuses mesures viennent faciliter la vie des élus municipaux. Il faut aussi rappeler le nouveau pacte fiscal qui donnera aux villes du Québec une part de la taxe de vente. Bref, les relations Québec-municipalités évoluent vers une plus grande autonomie des villes et des municipalités du Québec. Reste à voir si les élus municipaux utiliseront ces nouveaux pouvoirs à bon escient. À suivre…

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Le Haut-Saint-François s’illustre !

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Date: 14 novembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Hier, au Musée de la Nature et des Sciences de Sherbrooke, un de nos clients, l’équipe de développement économique du Haut-Saint-François, a dévoilé l’identité de leur nouveau porte-parole, Apollo de l’Étoile. Un personnage illustré qui avec sa famille et ses amis va nous faire connaître au cours des prochains mois et des prochaines années l’immense potentiel de ce territoire souvent ignoré par nos médias. Apollo nous fera aussi découvrir les gens du Haut-Saint-François.

Hier, le préfet de la Municipalité régionale de comté du Haut-Saint-François, Robert Roy a annoncé que le territoire du Haut-Saint-François s’est donné un nouveau porte-parole afin de mieux faire connaître les gens, les projets, les valeurs et les événements du Haut-Saint-François aux gens d’ici et d’ailleurs. « Dans le Haut-Saint-François, a-t-il poursuivi, nous aimons toujours faire preuve d’audace et d’innovation et c’est exactement ce que nous avons fait en choisissant Apollo de l’Étoile comme ambassadeur du territoire du Haut-Saint-François. » Pour Robert Roy, ce nouveau personnage deviendra le porte-étendard des projets et de la réussite des initiatives des gens du Haut et celui-ci se fera présent partout dans les médias et auprès des partenaires.

Pour sa part, Dominic Provost, le directeur général de la MRC du Haut-Saint-François et du CLD, a expliqué que l’idée d’adopter ce personnage comme porte-parole et ambassadeur du territoire du Haut-Saint-François est née du projet « Ose le Haut » qui est en fait une démarche globale intégrée de développement. « Démarche amorcée en 2014 lors d’une grande rencontre de toutes les municipalités et organismes du Haut-Saint-François afin de faire le point sur nos enjeux, nous souhaitions mieux travailler ensemble et mettre en place de la cohérence dans nos actions. Comme le proverbe le dit : “seul on va plus vite, mais à plusieurs on va plus loin”. Et justement, nos statistiques socioéconomiques nous démontraient que malgré tous les efforts et les projets réalisés dans les vingt dernières années les résultats n’étaient pas concluants. Nous devions travailler ensemble et en profondeur, plutôt que de travailler sur une suite de projets ponctuels. C’est ce que nous avons commencé à faire. »

Dominic Provost a poursuivi que : « Ose le Haut c’est en fait l’histoire d’une communauté qui se prend en main et qui cherche à infléchir le destin en fonction de valeurs souhaitées et de l’adoption de huit changements. Ce portrait et ses priorités collectives nous ont permis de dégager cinq valeurs qui habitaient le territoire, mais qui étaient parfois endormies : l’audace, la solidarité, la préservation, l’égalité et l’apprentissage. Ça nous a aussi permis de cibler huit changements qu’il était important d’atteindre afin d’améliorer la qualité de vie sur le territoire. Développer le goût d’apprendre et d’entreprendre ; augmenter la scolarisation et les compétences ; augmenter la population active et sa qualification ; avoir une culture d’égalité homme-femme ; avoir une culture de solidarité forte ; avoir une vision d’avenir partagée et rassembleuse ; avoir une croissance démographique dans l’est du territoire et réduire l’âge médian pour l’ensemble du territoire et surtout dans l’est. »

Pour sa part, le maire de Weedon et président du comité de travail Ose le Haut, Richard Tanguay a mentionné que : « pour concrétiser cela, notre groupe de travail a fait appel à des professionnels en communication et marketing de la région afin de doter le Haut-Saint-François d’une image de marque forte et distinctive pour favoriser le rayonnement et l’attraction de notre territoire auprès de clientèles cibles particulières. Nous avons demandé à ces professionnels de sortir des sentiers battus et d’être audacieux. Nous n’avons pas été déçus du résultat. »

Richard Tanguay a expliqué que « c’est ainsi qu’est né Apollo de l’Étoile, sa famille et ses amis qui sont des illustrations qui portent nos valeurs et nos projets au moyen des caractéristiques des personnages qui ont été inventés. Ces personnages ont même une histoire sous fond de ciel étoilé, d’astronomie et de complexité de la vie d’une famille du Haut-Saint-François. Vous retrouverez sur notre nouveau site Web Oselehaut.qc.ca son histoire et les diverses étapes de la démarche globale et intégrée. Sur ce site Web, vous retrouverez aussi les projets rassembleurs qui sont souvent méconnus ailleurs que chez nous ainsi qu’une foule de renseignements utiles sur la vie dans le Haut-Saint-François.

Le Haut-Saint-François une communauté qui s’est prise en main. Située dans les Cantons-de-l’Est, entre Sherbrooke, les États-Unis et le massif Mégantic, cette région s’est construite à partir de vagues d’immigrants, de véritables bâtisseurs du Haut-Saint-François qui se reflète bien dans le patrimoine bâti et paysager. Avec 22 618 habitants le Haut-Saint-François est le 3e plus important territoire estrien. 52 % de la population vit dans l’ouest du territoire à moins de 30 minutes du centre-ville de Sherbrooke. Il existe plus de 110 entreprises manufacturières dans lesquelles on retrouve plus de 1 800 employés. Il y a aussi plus de 200 commerces. Comme plusieurs territoires ruraux, on retrouve des espaces forestiers. Ici, ils couvrent 83 % du territoire et représentent 31 % des emplois industriels. Bien sûr, il y a aussi 796 producteurs pour 470 entreprises agricoles. Parmi toutes ces entreprises, 19 sont parmi les grands employeurs de la région de l’Estrie. L’offre touristique est en pleine mutation avec l’émergence de nouvelles entreprises agroalimentaires et d’événements culturels qui complètent une offre de plein air variée. Notez que ce fût le 1er territoire au Québec à instaurer le suffrage universel pour élire son préfet.

Le Cabinet de relations publiques Nadeau Bellavance et son partenaire Standish communication sont fiers d’avoir participé à cette belle aventure avec le Haut-Saint-François. Nous ne nous doutions pas quand nous avons remporté cet appel d’offres que notre client nous pousserait à tant d’audace et à créer un univers original et unique d’un territoire aussi riche en potentiel. Merci à toute l’équipe du Haut-Saint-François de leur confiance. Nous souhaitons aussi féliciter toute l’équipe de Standish communication qui a donné vie à Apollo. L’imagination de notre cabinet et le talent et la créativité de Standish ont permis cette très belle réussite.

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Opération de relations publiques sous fond d’humiliation publique

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Date: 13 novembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

On a beaucoup parlé dans les médias de la mauvaise semaine du gouvernement Legault avec comme vedette le flamboyant Simon Jolin-Barrette, ci-devant ministre de l’Immigration, leader du gouvernement, ministre responsable de la Langue française et ministre de la Laïcité. Or, la semaine dernière Jolin-Barrette a vu sa bonne étoile le quitter. La façon inhumaine par laquelle il a géré le dossier de la transformation du programme de la PEQ lui a fait mal. Ce qui lui a encore plus fait mal c’est le fait qu’il ait dû reculer et retirer son projet à l’invitation du cabinet du premier ministre Legault. Cela était connu. Ce qui était attendu c’est de voir comment le gouvernement rebondirait cette semaine.

Hier, nous avons vu un ministre contrit venir faire amende honorable devant la presse parlementaire et se flageller publiquement pour ses errements. Un peu plus tard dans la journée, le premier ministre Legault est venu nettoyer la pièce en réitérant sa confiance en son jeune ministre et affirmant que tous les membres du Conseil des ministres se sentaient concernés par ce cafouillage. Le premier ministre dans sa candeur habituelle a même jugé bon d’offrir ses excuses. Une belle opération de relations publiques.

Sur le fond cependant, on évite de répondre aux vraies questions liées aux positions populistes de ce gouvernement non seulement en immigration, mais sur l’identité en général. Chercher à séduire à tout prix a toujours une conséquence. Le gouvernement Legault en paie le prix, mais veut minimiser les dégâts.

De manière plus fondamentale, c’est le caractère brouillon du gouvernement qu’il faut questionner. Il s’est fait élire en promettant des réformes soit ! Mais pourquoi tout doit-il aller si vite ? Pourquoi cette précipitation à agir sans prendre le temps de consulter ou d’en mesurer les conséquences ? Ce côté brouillon du gouvernement Legault son arrogance transparaissent dans d’autres dossiers comme celui de l’abolition des commissions scolaires par exemple.

Au-delà des regrets et des excuses, il faudrait bien un jour gouverner en tenant compte des opinions d’autres personnes que les membres de la députation de la CAQ où du conseil des ministres ?

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L’Estrie dit non au projet de loi no 40

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Date: 12 novembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

C’est aujourd’hui que le Regroupement des commissions scolaires de l’Estrie et le Regroupement des commissions scolaires de la Montérégie témoigneront devant les membres de la Commission parlementaire de la culture et de l’éducation qui étudie le projet de loi no 40 visant à abolir les commissions scolaires.

Nous savons peu ce que font les commissaires scolaires. De manière générale, nous nous intéressons très peu à ce levier de démocratie régionale. Quand nous en entendons parler, c’est souvent pour de mauvaises raisons. Pourtant, ce palier de pouvoir local et régional est fondamental à l’existence d’un réseau public d’éducation. Chez nous en Estrie, le réseau d’éducation public est encore plus loin de nos préoccupations, car nous pouvons compter sur un solide secteur privé d’éducation primaire et secondaire.

Néanmoins, il est important que nous puissions comprendre rapidement les enjeux du projet de loi no 40 qui vise à abolir ces structures démocratiques. Ce que les commissions scolaires diront aujourd’hui au ministre de l’Éducation c’est qu’il fait fausse route avec son projet de réforme de la gouvernance scolaire. Sous l’argument fallacieux de décentraliser les pouvoirs des commissions scolaires vers les écoles, nous avons plutôt droit à un vaste projet de centralisation de l’éducation dans les mains du ministre de l’Éducation. Pire encore, par ce projet de loi, le gouvernement du Québec vient abolir un contre-pouvoir utile afin de ne plus avoir d’obstacles à ses volontés. Cette monopolisation des pouvoirs dans les mains du ministre est pire encore pour le monde de l’éducation que le fut jadis la réforme de Gaétan Barrette dans le monde de la santé.

Non seulement le projet de loi no 40 est centralisateur, mais en abolissant le rôle des élus scolaires, le projet de loi vient annihiler toutes les initiatives de partenariat et de réseautage entre le monde de l’éducation et la société. Ce qui fait notre fierté chez nous en Estrie. Outre cet aspect, le projet de loi présenté par le ministre Roberge vient aussi enlever toute notion d’imputabilité des futurs gestionnaires de l’éducation dans les nouveaux conseils en région. Imaginez, parfois on s’intéresse aux allocations de dépenses de nos élus de quelques milliers de dollars, là c’est plus d’un demi-milliard de dollars de nos taxes et de nos impôts qui seront gérés par des tiers qui n’auront à rendre de compte à personne sauf au ministre de l’Éducation.

Par ailleurs, ce projet de loi vient déposséder la population de son réseau d’éducation public pour le mettre dans les mains de parents dont les enfants fréquentent des établissements scolaires. Un grand-père n’a plus de mot à dire sur l’orientation des politiques en matière d’éducation. Le projet de loi no 40 vient nous priver de nos droits de citoyens. Sans compter que le projet de loi no 40 crée deux types de citoyens au Québec sur la base de leur appartenance linguistique.

Pire encore, par l’adoption de son projet de loi no 40, le ministre Roberge viendra supprimer un palier démocratique où les femmes sont majoritaires. Avec tous les efforts que nous faisons pour favoriser la participation à la vie démocratique, ce projet de loi est un recul inacceptable pour les femmes.

Bref, il faut encourager nos commissions scolaires dans leur combat contre un projet de loi centralisateur, qui divise les anglophones et les francophones, les parents et les élus et qui vient déposséder le Québec de son réseau d’éducation public au profit d’une république de parents non élus.

Il faut dire non au projet de loi no 40 et appuyer nos commissions scolaires dans leur combat contre la perte de nos droits démocratiques et d’une partie de notre pouvoir régional.

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Pleins feux sur l’indépendance

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Date: 11 novembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Ce dernier weekend, le Parti québécois tenait son congrès de « refondation ». Contrairement à ce que nous a habitué ce parti, il n’y a pas eu de drames existentiels qui ont marqué les délibérations de cette dernière fin de semaine. Pas de débats autour de querelles sémantiques sur les « conditions gagnantes », « quand le temps viendra », etc. Au contraire, le Parti québécois a fait son virage Martine Ouellet en affirmant haut et fort qu’il ne voulait plus gouverner une province, mais faire un pays. C’est un changement substantiel de son positionnement et qui tranche avec celui de son parti frère à Ottawa, le Bloc québécois, qui a fait exactement le contraire. Ce que lui a d’ailleurs reproché publiquement la nouvelle passionnara de l’indépendance Martine Ouellet.

Autre nouveauté qui mérite d’être mentionnée c’est l’élection pour la première fois un président issu des communautés culturelles, Dieudonné Ella Oyono. Gabonais d’origine monsieur Ella Oyono est un économiste de formation qui travaille à la Ville de Montréal et est chargé de cours à l’UQAM.

Ce virage en faveur de l’indépendance est un premier jalon de la refondation. Cela sera suivi par d’autres gestes, par exemple la revue de l’image de marque et du nom de la formation politique. Néanmoins, cette intention claire de ne plus vouloir gouverner le Québec dans le cadre canadien est une donnée qui a des chances de marquer le paysage politique québécois. Cela pourrait permettre au PQ de renouer avec sa véritable nature d’être un parti d’idées plutôt qu’un parti de pouvoir. Cela risque de laisser la place libre au PLQ et à la CAQ comme partis de pouvoir et il y aura toujours une concurrence entre le Parti québécois et Québec solidaire pour jouer le rôle d’être la conscience souverainiste et progressiste du Québec. Deux consciences c’est peut-être trop pour une si petite démocratie. À terme, l’un des deux partis qui se concurrencent la fonction d’être notre conscience comme l’a fait longtemps le NPD sur la scène canadienne devra tôt ou tard disparaître. En ce moment, les augures ne favorisent pas nécessairement le Parti québécois. Mais comme le dirait le premier ministre Legault, on verra…

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Les cadeaux d’un gouvernement au terme d’une mauvaise semaine

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Date: 8 novembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Parfois, le hasard fait bien les choses pour soigner son image auprès de l’opinion publique. C’est le cas de la dernière semaine du gouvernement Legault. Depuis son arrivée au pouvoir, il y a un peu plus d’un an, jamais le gouvernement Legault n’aura connu une aussi mauvaise semaine. Il semble bien que la lune de miel tire à sa fin. Si cela n’est pas encore clair avec la population, c’est plutôt limpide avec la presse parlementaire et les chroniqueurs.

Au cours de la dernière semaine, les intervenants à la Commission parlementaire qui étudie le projet de Loi 40 sur l’abolition des commissions scolaires ont clairement fait la démonstration que ce projet de réforme est improvisé, que la structure proposée est bancale et que le gouvernement s’est lancé dans un brassage de structure aussi inutile que coûteux au nom de son parti pris idéologique et partisan contre les commissions scolaires. Si nous avions besoin d’être convaincus du désarroi du ministre malgré sa contenance affichée, nous, les techniques dilatoires de diversion sur les fuites sur de vieux rapports sur la commission scolaire English Montreal et la demande d’une enquête de l’UPAC par le ministre en témoignent éloquemment. Cela se poursuivra la semaine prochaine. À suivre.

Dans le dossier de l’immigration, la performance du ministre a été pitoyable. Son insensibilité et son inhumanité devant des étudiantes et des étudiants en pleurs dans les galeries de l’Assemblée nationale resteront à jamais gravées dans les mémoires des Québécois. Le premier ministre Legault qui a soutenu son jeune ministre dans cette déplorable mise en scène de fermeté nous avait habitués à mieux. Pas étonnant que le gouvernement ait reculé sur cet enjeu. Je prédis qu’il reculera encore sur d’autres aspects du dossier de l’immigration. La politique de la CAQ en cette matière poursuit de bons objectifs, mais semble incapable de les faire atterrir en douceur dans la complexité du réel.

Heureusement que le ministre des Finances avait de bonnes nouvelles à nous annoncer. L’économie du Québec roule à plein régime. Nous surpassons depuis trois ans la performance canadienne. Ce qui est du jamais vu dans l’histoire et les surplus budgétaires s’accumulent. Le gouvernement Legault a pu ainsi devancer le rythme de ses engagements envers les familles québécoises. On n’en boudera pas notre plaisir et on peut se réjouir de cette aide accrue aux familles de la classe moyenne. Il reste cependant que la vision portée par ces mesures universelles favorise en fin de compte les plus riches de la classe moyenne que les moins nantis. Les programmes universels tant populaires auprès de la population sont souvent injustes envers les moins fortunés. Cela le gouvernement n’en parle pas. On doit lui donner raison à cet effet puisqu’il n’y a pas d’écoute et la pauvreté de la littératie économique de la population rend improductive toute discussion sur ce sujet vaut mieux ne pas en parler puisqu’il n’y a pas d’écoute de la population.

Bref, une mauvaise semaine pour le gouvernement Legault qui en plus a trouvé le moyen de perdre un vote de routine à l’Assemblée nationale par une mauvaise planification. Le gouvernement Legault peut se consoler du fait que la députée de Taschereau de Québec solidaire Catherine Dorion a elle aussi connu une fort mauvaise semaine. Heureusement que la performance étincelante de la députée de Sherbrooke, Christine Labrie, de Québec solidaire à la Commission parlementaire sur l’abolition des commissions scolaires est venu nous rappeler la pertinence de cette formation politique dans l’univers québécois.

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L’avenir d’Andrew Scheer

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Date: 7 novembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Hier, le caucus conservateur se réunissait à Ottawa pour la première fois depuis l’élection. Ces dernières semaines, de nombreuses voix se sont élevées du Québec tout particulièrement pour réclamer le départ d’Andrew Scheer. La rencontre d’hier était un premier test pour le leadership de ce chef de parti qui a été incapable de vaincre un chef libéral affaibli et mis sur la défensive notamment par l’affaire SNC Lavalin et la tentative qui a échoué de l’alliance entre les conservateurs de Scherr, les troupes de monsieur Legault et le Bloc québécois.

Même si le chef conservateur a recueilli plus de votes que son adversaire libéral, qu’il a vu la dernière élection lui accorder plus de sièges, force est de reconnaître que ses valeurs et son conservatisme social a été un boulet qui a empêché son parti de faire des gains au Québec, en Ontario et dans les Maritimes. Malgré l’équipe de choc recrutée par son lieutenant québécois, Alain Rayes, Andrew Scheer a été incapable de faire des gains au Québec qui lui aurait permis de former un gouvernement au moins minoritaire.

La perspective des conservateurs quant à une victoire lors des prochaines élections dans deux ou trois ans est amoindrie par le fait que les gens du Québec, de l’Ontario et des Maritimes se méfient du leadership d’Andrew Scheer. Les premiers échos du caucus d’hier laissent présager que c’est la garde rapprochée de Scheer qui écopera en premier. Le tour de Scheer viendra en avril prochain alors qu’il devra faire face à un vote de confiance de son leadership. Avec la menace de l’émergence d’un bloc de l’Ouest, le Wexit et l’incapacité d’Andrew Scheer à gagner la confiance des Canadiens ailleurs que dans l’Ouest, son sort est scellé et en mai il y aura une course au leadership chez les conservateurs.

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Le Wexit albertain

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Date: 6 novembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Le Québec a beau passer pour un mauvais joueur au Canada anglais, mais il est souvent imité. Ainsi, on envie son service de garde de la petite enfance. Ce ne sont pas que nos initiatives sociales qui sont copiées, mais aussi nos travers politiques.

Ainsi, il y a présentement en Alberta un mouvement de fond pour créer un Bloc albertain qui s’appellerait le Wexit. Wexit comme dans Brexit. La population albertaine est profondément déçue du résultat des dernières élections fédérales. Ayant voté massivement pour le Parti conservateur d’Andrew Scheer les Albertains se retrouvent dans l’opposition à Ottawa. L’Alberta a eu beau de voter de façon quasi stalinienne pour les conservateurs, rien n’y fit. Le Québec et l’Ontario n’ont pas voté pour leur poulain. Si bien qu’aujourd’hui les Albertains se retrouvent Gros-Jean comme devant.

Le fond de l’affaire c’est un grave désaccord sur l’avenir entre les Albertains et une grande partie du reste du pays. Les Albertains refusent de prendre le virage contre la lutte aux changements climatiques. Ils veulent que le Canada soit un État pétrolier. Cela est impossible dans le Canada d’aujourd’hui.

Le pire pour les Albertains c’est que même s’ils devenaient indépendants demain du Canada, ils resteraient prisonniers de leur géographie. Il serait encore plus difficile de convaincre un pays étranger de construire un pipeline sur son territoire que cela peut l’être de provinces voisines.

L’Alberta ne peut donc espérer voir se réaliser sa vision du pays que dans un vulgaire marchandage politique comme le propose notre Bloc québécois chez nous. Le Wexit s’il prend son élan affaiblira le parti conservateur et fera le bonheur de Justin Trudeau et des libéraux. Bref, l’Alberta est dans un cul-de-sac politique avec sa politique de négation de l’urgence de faire la lutte aux changements climatiques. L’avenir nous dira ce qu’il en adviendra…

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Journée difficile au bureau pour le ministre Roberge

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Date: 5 novembre 2019
Auteur: Daniel Nadeau

Hier, c’était le début de la commission parlementaire sur l’étude du projet de loi 40 qui vise à abolir les commissions scolaires telles que nous les connaissons aujourd’hui pour les remplacer par des conseils d’administration de parents et de gens des milieux socio-économiques cooptés par ces derniers. Une réforme majeure de la gouvernance scolaire qui s’est décidée sans consultation aucune avec le milieu.

Il n’est pas étonnant que les représentants de la Fédération québécoise aient dénoncé cette initiative du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, mais l’angle retenu peut mener à se poser des questions. Le président de la FCSQ, Alain Fortier a déclaré : « Nous dénonçons d’entrée de jeu ne pas avoir été consultés par le ministre sur ses intentions avant le dépôt du projet de loi. Instaurer un changement de gouvernance de cette envergure, sans consulter au préalable ses partenaires, ne rassure pas beaucoup sur la capacité du ministre à écouter et à ne pas s’entêter sur sa promesse électorale. » Pour ce dernier, le projet de loi 40 est une réforme centralisatrice, déconnectée et bureaucratique.

La FCSQ n’était pas seule à décrier le projet de Loi du ministre hier. Les représentants des syndicats ont tour à tour comparu et demandé au ministre de surseoir à son projet et de mener une vaste consultation sur les priorités du monde de l’éducation. Le représentant de la FAE, Sylvain Mallette a même avisé que son syndicat entendait mener des actions lourdes de mobilisation si le ministre persiste dans sa volonté d’imposer ses vues au monde de l’éducation en matière de gouvernance scolaire.

Le problème de fond avec cette réforme du ministre Roberge c’est qu’elle ne repose sur aucune étude, aucune réflexion sérieuse. Elle ne vise qu’à « livrer » sous forme de réforme de structure une vieille lubie de la défunte Action démocratique du Québec de Mario Dumont qui voulait abolir les commissions scolaires. Ce qu’il faut rappeler cependant c’est que la volonté de Mario Dumont à l’époque était d’abolir la structure pas la changer de nom. Pour l’ADQ de l’époque, cela signifiait la mise à pied de tous les employés des commissions scolaires et la mise en vente des édifices administratifs lui appartenant. Le projet de loi du ministre Roberge est à des lieux de cette vision simpliste défendue jadis par l’ADQ, mais elle n’en est pas moins une réforme centralisatrice, qui abolit les contrepouvoirs utiles et qui vient affaiblir la démocratie régionale et le pouvoir local.

Hier, ce fut une mauvaise journée pour le ministre Roberge et sa réforme, il n’y a aucun doute qu’il en connaitra de meilleures au cours des prochaines semaines lorsque les parents viendront témoigner. Ces derniers devraient se méfier cependant, car le projet de Loi 40 ne transfère aucun pouvoir réel vers les écoles et c’est le ministre et les fonctionnaires qu’ils nommeront qui seront les vrais maîtres de nos écoles, pas les parents. Il sera intéressant de suivre la suite des choses. Contrairement aux idées reçues, je crois que la réforme de la gouvernance scolaire du ministre Roberge ne passera pas comme une lettre à la poste. Après les maternelles quatre ans, le projet de loi 40 pourra lui aussi devenir une source d’inquiétudes et de préoccupations pour le gouvernement Legault.

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Qui aurait cru que lors de la dernière campagne électorale, le débat français des chefs de la Société Radio-Canada fut le plus écouté de tous les débats devançant largement celui de TVA ? Au cours des dernières semaines, les commentateurs à TVA et les chroniqueurs du journal de l’empire Québecor avaient spinné que le Face à Face de TVA avait été déterminant dans le cours de cette campagne et que c’est lors de ce face à face que le chef conservateur Andrew Scheer avait perdu sa campagne au Québec.

Si l’on en croit les chiffres des cotes d’écoute publiés récemment, cette hypothèse souffre un peu de crédibilité. Ainsi, le débat des chefs à Radio-Canada a été écouté par 4,2 millions de Canadiens dont 2,6 millions au Québec et 1,6 million ailleurs au Canada francophone. Nous apprenons aussi que le Face à Face à TVA a attiré 1,25 million de téléspectateurs tant chez YVA que LCN ce qui est plus de la moitié moins des téléspectateurs que nous avons retrouvés à la Société de Radio-Canada. Il est vrai que le Face à Face à TVA a attiré cette fois près de 300 000 téléspectateurs de plus qu’il y a quatre ans avec 975 000 personnes.

S’il est vrai qu’il faut se méfier des spins des politiciens, il est aussi important de garder l’esprit critique devant les affirmations des chroniqueurs et des commentateurs politiques. Parfois, ils peuvent prendre leurs rêves pour la réalité. C’est de bonne guerre, c’est de la business tout cela…

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